des astuces et conseils pour vous aider à mieux consommer au quotidien !
Nous vous présentons un nouvel outil utile que les consommateurs peuvent utiliser pour vérifier si certains des produits qu'ils ont acheté font l'objet d'un rappel de produit, avant donc si possible qu'ils aient été consommés ou à défaut, afin d'au moins pouvoir se les faire rembourser.
Car nous sommes devant une grande hypocrisie avec le système actuel des rappels de produits, ils sont nombreux (de 4 à 8 par jour en moyenne) mais ont tous un point commun : ce sont toujours les consommateurs qui sont perdants. Voyons comment s'informer et si le système pourrait être amélioré.
Nous vous avions présenté Rappel Conso en 2021, lors du lancement de ce site officiel censé permettre aux consommateurs de s'informer sur les rappels de produits. Enfin à condition qu'ils le consultent à minima une fois par semaine et prennent la peine de trier les centaines de nouveaux rappels produits pour voir si ils en trouvent un qu'ils ont acheté (et pas encore consommé).
Autant dire que Rappel Conso ne sert pas à grand chose, si ce n'est de dire que quelque chose a été fait. Et éventuellement pour les consommateurs, de se rendre compte que l'on a mangé des aliments contaminés après coup, sans aucune compensation puisque le mal est déjà fait.
Il faut savoir qu'il y a plus de 14.000 produits ayant fait l'objet d'un rappel recensés sur le site de Rappel Conso et plus de 10.000 concernent l'alimentation, mais tous ne sont pas récents heureusement. Si l'on prend un mois calendaire complet, celui d'avril 2025, Rappel Conso indique pas moins de 270 nouveaux rappels de produits en 1 mois (soit 9 rappels par jour) !
Sachant que le site Rappel Conso affiche 10 rappels produits par page, même si ils sont classés par ordre chronologique juste pour remonter d'un mois il vous faudra consulter une trentaine de pages. Voilà qui n'est vraiment, mais alors vraiment pas pratique pour les consommateurs.
Le ministère de l'économie qui est étonnamment celui qui gère ce site à travers les services de la DGCCRF, vient enfin de lancer de nouveaux outils pour faciliter (un peu) l'utilisation du site Rappel Conso. Une page internet qui s'appelle Rappel Conso V1 intègre plusieurs onglets, dont un tableau qui liste les rappels de produits.
Comme vous pourrez le voir sur la capture d'écran ci-dessous, il permet de plus facilement consulter tous les rappels de produits récents, en faisant défiler la liste avec sa souris. C'est moins joli certes, mais permet de repérer si un des produits que vous avez acheté peut être concerné par un rappel en quelques secondes.
Ces outils sont plus à destination semble t'il des chercheurs et professionnels que des consommateurs, il mériteraient d'ailleurs d'être optimisés pour que l'on voit mieux le nom et la marque des produits rappelés.
Mais ça aide tout de même à se renseigner, si on prend les rappels du mois d'avril par exemple, on voit au premier coup d œil qu'il y a plusieurs références de Saint-Nectaire qui ont fait l'objet d'un rappel. Si vous en avez acheté donc, vous allez pouvoir vérifier si la marque achetée est concernée.
C'est également le cas par exemple de 5 références de céleri rémoulade rappelées début mai, bien souvent c'est la même usine qui fabrique les produits de plusieurs marques : nationales, de distributeurs, d'entrée de gamme et/ou pour le rayon traiteur.
Dans le cas du céleri rémoulade vous trouvez ainsi des rappels de produits sur plusieurs marques distributeur : Casino, Franprix et Monoprix plus une marque d'entrée de gamme (sans marque) et même une barquette vendue au rayon traiteur. Tous ont la même raison de rappel, à savoir la présence de matériaux indésirables (verre, métal, plastique, etc...).
C'est une pratique courante d'avoir la même usine qui fabrique plusieurs références, les recettes peuvent varier selon qu'elle soit faite pour une marque nationale ou d'entrée de gamme (mais pas toujours). Il existe une manière de le savoir en rayon en regardant l'estampille sanitaire, comme expliqué dans notre guide pour lire l'étiquette des produits alimentaires.
En effet, vous avez au centre de cette estampille l'identification du producteur sous la forme d'une série de trois chiffres : d'abord le département, puis le code de la commune et l'identifiant de l'entreprise. Si cette série de chiffres est identique sur des produits similaires de marques différentes, c'est qu'ils sont fabriqués au même endroit.
Autre information à connaitre, les deux familles de produits qui font l'objet de la plupart des rappels sont les produits laitiers et les viandes, elles sont donc à surveiller tout particulièrement. Les poissons et produits de la mer complètent le podium, mais avec trois fois moins de rappel que les deux précédents.
Voilà donc pour ce nouvel outil qui facilitera (un peu) les vérifications pour celles et ceux qui souhaitent le faire, même si ça n'arrive heureusement pas chaque semaine nous avons toutes et tous déjà été confrontés à des rappels de produits.
C'est d'autant plus important pour les personnes à risque : les jeunes enfants et les femmes enceintes, les personnes âgées ou bien immunodéprimées, qui sont plus sensibles aux bactéries dont certaines peuvent même être extrêmement dangereuses.
Mais est bien entendu toujours loin d'être suffisant, alors que les distributeurs sont en capacité de nous envoyer un ticket de caisse dématérialisé par mail en moins d'une minute, comment se fait t'il que celles et ceux qui le souhaitent ne puissent pas être avertis d'un rappel de produit sur les produits qu'ils ont acheté ?
À l'heure de l'intelligence artificielle ça semble être assez simple à mettre en place : il suffit de croiser une liste d'achats avec la liste des rappels de produits pour voir si il y a une correspondance, et si c'est le cas d'envoyer une alerte.
Mais ça n'arrivera pas, car si nous étions remboursés à chaque fois que nous achetons et consommons des produits contaminés, les bénéfices de la grande distribution et de l'industrie agro-alimentaire en pâtiraient, et ça dans notre monde ce serait inacceptable (nous empoisonner par contre ne leur pose pas vraiment de problèmes).
Les consommateurs sont eux doublement perdants, car à moins d'aller aux courses très régulièrement et de passer toujours aux mêmes endroits, vous n'avez quasiment aucune chance d'être informé du rappel de produit à temps, donc même si il n'a pas été consommé n'aurez pas le droit à un remboursement.
Si vous tombez malade après l'avoir consommé, c'est la double peine car non seulement vous n'avez droit à aucune compensation, mais en plus devez payer pour vous faire soigner vu que les soins sont de moins en moins bien remboursés avec des reste à charge de plus en plus importants (et des mutuelles qui augmentent).
Nous avons utilisé les nouveaux outils de Rappel Conso V1 pour créer un graphique du nombre de rappels de produits mensuels, uniquement pour ce qui concerne l'alimentation qui permet de mieux se représenter leur nombre (qui varie de 120 et 250 rappels par mois). Mais sont aussi rappelés des pièces automobiles, des jouets, etc... Autant de dangers dont nous risquons d'être victimes.
Le grand pic de l'été 2021 correspond au scandale des glaces contaminées à l'oxyde d'éthylène (graines de sésame) qui ont été vendues pendant plus de 2 ans après que les premières alertes aient été lancées. Des rappels de produits qui interviennent donc pour certains deux voir trois ans après que les bacs de glace aient été vendus.
Donc consommés, car une glace ne se conserve pas plus d'un an et est généralement terminée avant la fin de l'été. Cet exemple, mais tant d'autres depuis (Buitoni, Kinder, Nestlé, etc...) prouvent que le problème des rappels de produits et encore loin d'être pris en compte par nos autorités, du moins pas du point de vue des consommateurs.
Découvrez des articles similaires :
Aidez nous à rester libres et indépendants, sans publicités ni abonnement, faites un don !