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Que s'est il passé sur le Salon de l'Agriculture 2026 qui a fait les gros titres de la presse plus d'une fois, mais rarement pour mettre en valeur nos paysans, nos éleveurs et leur travail au service de la gastronomie française.
Fréquentation en baisse, bagarres, faux produits régionaux, absence des vaches, prix indécents, etc... C'est peut-être l'année de trop après une édition 2025 déjà marquée par les manifestations syndicales réprimées par des compagnies de CRS en plein hall au milieu de pauvres animaux parqués (comme des bêtes).
Ce n'est en tous cas pas ça que nous souhaitons en tant que média, par les consommateurs pour les consommateurs, mettre en avant. Alors revenons sur cette édition 2026 du Salon de l'Agriculture, pour quelles raisons a t-elle enchaîné les polémiques et la couverture médiatique plutôt négative est elle méritée ?
Déroulé de l'article :
Il n'est pas dans nos habitudes d'évoquer le Salon de l'Agriculture car autant sur d'autres thématiques ces foires sont la meilleure occasion de rencontrer des artisans et nouveaux acteurs, autant ce n'est pas le cas pour l'agriculture. Pour caricaturer et comme dirait notre président : « il suffit de traverser la rue ».
Cette édition 2026 marque t'elle la fin de ce salon qui, autrefois peut-être, faisait rayonner l'agriculture française ? Si l'on en croît les médias, pas de vaches égal moins de visiteurs. Nous ne sommes pas persuadés que la seule absence de bovins pour cause d'épidémie de dermatose nodulaire explique la baisse de fréquentation : moins 27,9%, soit environ 170.000 visiteurs de moins.
N'est-ce pas plutôt comme le précise le titre d'un article de Le JSL qui reprend d'ailleurs les mots d'un exposant : « c'est devenu un salon de l'agrobusiness et de la beuverie » ? En effet, la bagarre au stand de nougats qui a fait l'actualité lui donne sans doute un peu raison et nous entendons ce refrain depuis déjà plusieurs années.
Mais dans cette affaire des nougats, outre la triste bagarre, ce sont surtout les faux nougats de Montélimar qui nous ont choqué. Le nougat de Montélimar est une IGP protégée, qui garanti le respect de la recette et l'ère de production. Hors les exposants du salon de l'Agriculture vendent manifestement du faux nougat IGP en jouant sur un affichage pour le moins trompeur !
D'autres produits seraient concernés et les organisateurs, qui désormais ne peuvent plus dire qu'ils ne savaient pas, semblent se dédouaner de toute responsabilité. Un peu facile, en tous cas pas à mettre à leur honneur ni de quoi donner envie de venir faire ses achats sur leur salon.
Un autre article signé 20 Minutes a attiré notre attention, son titre est assez explicite : « Au Salon de l'Agriculture, des goodies partout et des visiteurs pris pour des vaches à lait ». Nous rejoignons un peu ça, pour avoir lu d'autres articles évoquant des prix exorbitants. Alors si c'est pour acheter du faux plus cher que le vrai, à un moment nous ne voyons pas l'intérêt.
Rien d'étonnant néanmoins, un stand sur le Salon de l'Agriculture c'est 250€ le mètre carré, faire le déplacement et payer un hôtel (et le parking). C'est un énorme budget pour une petite exploitation, raison pour laquelle au final ce n'est pas là que vous croiserez de petits paysans qui travaillent le terre de leurs mains.
Alors le marketing du « soutien aux agriculteurs » a ses limites et le Salon de l'Agriculture semble les avoir atteintes, il va falloir se réinventer et apprendre à respecter les consommateurs si il souhaite perdurer, car il nous semble être sur la mauvaise voie.
Ce sont justement toutes ces raisons qui font que nous n'avons jamais pris la peine de prendre le clavier pour évoquer le Salon de l'Agriculture. Officiellement le SIA, mais qui n'a pas grand chose d'International si ce n'est qu'il sert de vitrine aux multinationales du lait et de la viande peut-être, qui exportent leurs produits dans le monde entier.
Mais c'est justement ce type d'agriculture, ou plutôt l'agro-industrie, que nous ne souhaitons justement pas mettre en avant. Car oui, en tant qu'ancien chef de cuisine et petit-fils de paysan, j'ai des convictions en matière d'alimentation. Je préfère par exemple présenter les options en circuits courts, comme nous le faisons en compilant les différentes cartes disponibles.
Je suis tombé par hasard sur un article de France 3 qui évoque le cas d'un éleveur de vaches en Seine-et-Marne et a transformé son exploitation pour mieux valoriser son lait (en fromages, yaourts) qu'il vendait avant à des « coopératives ». Au final, beaucoup de travail mais le succès est au rendez-vous et ça génère des embauches, voilà qui nous parle déjà plus.
Il se trouve que c'est justement ce que faisait mon père lors de ses dernières années à la Chambre d'Agriculture de Blois, aider les exploitants à mieux valoriser leurs productions. Et oui, désolé je ne suis pas un bobo parisien écolo, j'habite à la campagne et mon père a travaillé toute sa vie dans l'agriculture, j'ai moi même été cuisinier pendant plus de 20 ans.
Je ne nie pas que tous les types d'agriculture sont d'ailleurs présents sur le Salon de l'Agriculture ni que c'est une bonne occasion pour les parisiens de rencontrer pleins d'agriculteurs et de paysans passionnés. Mais outre les parisiens, les autres ont ils besoin d'aller à Paris pour le faire ? Un vrai paysan peut-il seulement lâcher son exploitation et se payer un stand ?
Reste le prestige avec les fameuses « médailles du Concours Général » remises sur le salon, enfin prestige quand on voit que les vins du Languedoc-Roussilon sont repartis à eux seuls avec 545 médailles comme nous l'avons lu dans un autre article France 3, voilà encore autre chose qui nous questionne.
Si on distribue les médailles par milliers (plus de 5.000 distribuées en 4 jours), est-ce qu'elles garantissent quoi que ce soit aux consommateurs ? Alors ça permet à la presse régionale de titrer « moisson de médailles » pour tel département, mais c'est pareil au final pour chaque département, comment les distinguer alors ?
Quand on voit que la multinationale Lactalis a elle engrangé 53 médailles pour ses produits laitiers industriels qu'elle va pouvoir fièrement afficher dans les rayons de nos supermarchés (article de Francebleu), quel est le mérite ? Parmi ces médailles d'ailleurs, le roquefort Société que nous avions évoqué dans un article (sur le Nutri-Score) il y a quelques mois.
Alors bien entendu, il faut de l'alimentation pour tous les goûts et tous les budgets. Mais doit-on distribuer les médailles comme la caravane du Tour de France balance des goodies sur le bord des routes ? Bref, c'est un sujet complexe et chacun(e) a aussi sa propre sensibilité sur le sujet, vous connaissez la notre.