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Actus : une enquête sur les aliments ultra transformés

Les aliments ultra transformés sont partout : céréales du petit-déjeuner, plats cuisinés prêts à réchauffer, boissons sucrées, biscuits emballés au goûter, etc… Ils occupent une place grandissante dans nos habitudes et notre quotidien. Une synthèse publiée par un collectif de scientifiques, dont certains sont issus de l’Inserm et de l'INRAe, apporte un éclairage solide sur leurs effets.

En s’appuyant sur plus d’une centaine d’études internationales, les chercheurs démontrent que ces produits ne sont pas anodins. Les chiffres sont parlants, les risques bien documentés et les enjeux de santé publique majeurs. Elle soulève également comment l'industrie agroalimentaire cherche à influencer l'opinion et les réglementations, avec un certain succès d'ailleurs.

Déroulé de l'article :

 

Ce que révèle l'enquête sur les aliments ultra transformés

Un collectif de 43 chercheurs a participé à une grande enquête internationale sur les aliments ultra transformés visant à compiler les données de 104 études de long terme menées dans plusieurs pays, dont la France à travers la cohorte NutriNet-Santé initiée par l'Inserm (Institut national de la recherche médicale et de la santé).

Le résultat est frappant : 92 études sur 104 montrent un lien clair entre une consommation élevée d’aliments ultra transformés et au moins un problème de santé. Les risques identifiés couvrent un large spectre de maladies chroniques : obésité, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, dépression, hypertension et hausse de la mortalité prématurée.

Mais comment déterminer ce qu'est un aliment ultra transformé ? C'est la classification NOVA qui fait référence dans ce domaine, elle classe les aliments dans 4 familles : les aliments non ou peu transformés (NOVA 1), les ingrédients culinaires transformés (NOVA 2), les aliments transformés (NOVA 3) et enfin les aliments ultra transformés (NOVA 4).

Vous avez pour simplifier les deux premiers groupes qui englobent les produits bruts, puis les aliments transformés qui sont classés NOVA 3 si les transformations sont faites à base d'un mélange d'aliments comestibles (NOVA 1 et NOVA 2). Les aliments classés NOVA 4 sont ultra transformés car ils contiennent des substances qui n'appartiennent pas aux autres catégories : additifs, arômes, colorants, conservateurs, édulcorants, émulsifiants, humectants, etc...

Prenons quelques exemples pour bien comprendre : des légumes congelés crus sont classés NOVA 1, les ingrédients culinaires (huile, sucre, etc...) sont classés NOVA 2, une boite de fruits au sirop ou un camembert sont classés NOVA 3, une bouteille de soda ou des lasagnes surgelées sont classées NOVA 4.

En France, les produits ultra transformés représentent environ 35% des apports caloriques quotidiens, et ce taux grimpe même jusqu’à 60% dans certains pays. Les chercheurs rappellent que la question ne se limite pas à la qualité nutritionnelle, les procédés industriels et les additifs jouent un rôle direct dans ces effets sur la santé.

  • Le rôle et le (sur)poids de l'industrie agroalimentaire

Alors en vérité, ce n'est qu'une confirmation de plus de ce que nous savons depuis longtemps, l'effet cocktail de l'ingestion de ces substances qui n'ont rien à faire dans l'alimentation a un effet néfaste sur la santé, ça paraît tellement logique qu'il ne semble même pas nécessaire de le préciser.

Ou ça ne le serait pas si justement, cette étude sur les aliments ultra transformés ne mettait pas en évidence le rôle des lobbys de l'industrie agroalimentaire qui oeuvre par une série de mécanismes à éviter la mise en place de réglementations, tente d'orienter la recherche pour semer le doute et d'influencer l'opinion publique.

Exactement comme l'ont fait avant eux l'industrie du tabac il y a quelques décennies, ou les majors des énergies fossiles qui tentent de réfuter leur effet néfaste sur l'environnement en finançant la recherche et nos universités pour à terme en prendre le contrôle, et malheureusement avec un certain succès.

Il faut dire que le secteur génère un chiffre d'affaire annuel mondial de 1.900 milliards de dollars et que ce sont les aliments ultra transformés qui sont de loin les plus rentables. C'est l'équivalent du PIB de l'Italie qui est de 1.800 milliards d'euros, environ 7 fois le PIB du Portugal (253 milliards), voilà qui aiguise les appétits.

En résumé donc : les bénéfices c'est pour eux, les frais de santé pour soigner les malades c'est pour nous !

l'industrie agroalimentaire et les produits ultra transformés © pixabay

l'industrie agroalimentaire et les produits ultra transformés © pixabay

Les enjeux et les propositions pour mieux manger

Les chercheurs alertent sur un phénomène désormais global : les aliments ultra transformés sont bon marché à produire et très rentables, faciles à stocker, puissamment marketés et omniprésents dans les rayons. Résultat : ils sont devenus dominants dans l'alimentation moderne, les scientifiques appellent donc à une réponse publique structurée et ambitieuse.

Parmi les pistes proposées : un étiquetage qui signale clairement le niveau de transformation, des limites strictes sur la publicité destinée aux enfants mais aussi l’exclusion des aliments ultra transformés dans les écoles, hôpitaux et autres lieux publics.

Ils soulignent également l’importance d’encadrer les pratiques industrielles, car les stratégies commerciales actuelles poussent les consommateurs vers ces produits au détriment d’options plus simples et plus saines. Là encore ce n'est pas un secret et a déjà été documenté, encore il y a quelques mois avec les promotions des supermarchés.

Car les distributeurs qui jouent les Zorro à longueur de journées sur les plateaux télé, sont les premiers complices de l'industrie agroalimentaire. Leurs catalogues publicitaires sont en réalité une véritable ode à la malbouffe, Foodwatch les a analysés et a calculé que 69% des promotions concernent des aliments ultra transformés contre seulement 12% d'aliments conseillés.

Les résultats sont accablants, d'autant qu'il ne correspondent pas à la demande des consommateurs. Car de récentes enquêtes ont démontré que 89% veulent consommer Made in France, pourtant 52% des aliments vendus en grande distribution ne précisent pas l'origine des principaux ingrédients, et ce n'est pas l'affichage Origin'Info lancé en grandes pompes dans les médias il y a un an mais toujours introuvable en rayons qui va changer la donner.

Une enquête sur les habitudes alimentaires des français avait également révélé cet écart entre intentions et réalité de nos achats : d'un côté 75% des français font attention à l'équilibre nutritionnel de leurs repas, de l'autre 69% regardent avant tout le prix et les promotions pour faire leurs achats (par obligation et non par choix).

Comme les promotions sont axées majoritairement vers des produits ultra transformés accompagnés d'un marketing bien huilé faisant miroiter des bénéfices sur la "santé" et la "nutrition", beaucoup de consommateurs pensent bien s'alimenter alors qu'ils sont victimes d'allégations trompeuses et des manipulations de l'industrie agroalimentaire.

pour ne pas être une victime, mieux vaut regarder les ingrédients © pixabay

pour ne pas être une victime, mieux vaut regarder les ingrédients © pixabay

Sans une politique publique courageuse, point de salut

Nous en arrivons donc finalement toujours à la même conclusion, la responsabilisation des consommateurs a ses limites, et sans une politique courageuse le business de la malbouffe continuera indéfiniment. Malheureusement, cette volonté politique est tout simplement inexistante et nous en voyons des exemples sans cesse.

Cet été 87 organisations de tous horizons ont exhorté le gouvernement à revoir sa stratégie nationale alimentaire (SNANC). Non seulement ça fait deux ans qu'elle est en cours de réactualisation, mais en plus la version proposée ne contient aucun mécanisme d'évaluation fiable et aucun levier d'action concret.

Cet automne nous avons également regardé où en était le futur score environnemental de l'alimentation qui lui aussi aurait déjà dû voir le jour il y a plusieurs années, mais les arbitrages entre santé publique et intérêts privés sont comme toujours difficiles à trancher (alors qu'ils ne devraient pas l'être).

Nous pourrions aussi évoquer les manquements des contrôles sanitaires, des rappels de produits et tant d'autres encore, tant il y a de choses à dire sur ce sujet qui outre l'alimentation en elle même a des répercussions sur notre santé et notre environnement.

Bref, nous pourrions continuer longtemps à vous citer des exemples d'enquêtes qui incriminent les industriels de l'agroindustrie et leurs complices : les distributeurs qui ont le même objectif (s'en mettre plein les poches) et les politiques qui reprennent volontiers l'argumentaire des lobbys et tentent de rejeter la faute sur les consommateurs pour éviter de s'attaquer au problème.

Sans tout bouleverser, le consommateur peut néanmoins réduire son exposition quotidienne aux effets néfastes des produits ultra transformés. Un bon repère consiste à vérifier la liste d’ingrédients : plus elle est longue et complexe, plus le produit est mauvais.

Si vous trouvez dans la liste un ingrédient que vous n'avez pas dans votre cuisine, n'achetez pas ce produit !

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