des astuces et conseils pour vous aider à mieux consommer au quotidien !

Actus : où en est le futur score environnemental pour l'alimentation ?

Depuis plusieurs années, l’idée d’un affichage environnemental des produits alimentaires suit son chemin, avec la promesse d’aider les consommateurs à faire des choix plus responsables. Pourtant, malgré des expérimentations réussies et une volonté affichée, ce score censé refléter l’impact de notre alimentation tarde à se concrétiser.

Le projet qui date de 2020 et que nous avions déjà évoqué en 2022 est toujours dans les cartons, pourquoi un tel délai et où en est ce projet aujourd'hui ? Peut on espérer le croiser dans les rayons avant 2026 ? Faisons le point sur le futur score environnemental officiel souhaité par les consommateurs français.

Déroulé de l'article :

 

Alimentation : le score environnemental toujours en projet

En 2022, nous évoquions dans cet article les premières expérimentations visant à mettre en place un score environnemental pour les produits alimentaires. Trois ans plus tard, le dispositif n’est toujours pas déployé alors essayons de comprendre pourquoi un tel délai et quels sont les points de blocage.

Car l’idée d’un affichage environnemental unifié sur les denrées alimentaires chemine depuis de nombreuses années déjà. On trouve d'ailleurs des traces de premières expérimentations réalisées entre 2009 et 2013, mais le projet semble ensuite avoir été abandonné par les autorités françaises.

Mais portée par la volonté des consommateurs d'avoir accès à une consommation plus responsable et des informations fiables, l'idée est revenue sur la table en 2020. En effet, plusieurs scores concurrents ayant vu le jour (Eco-Score, Planet-Score, etc...), le gouvernement a souhaité reprendre la main et décidé de créer un score environnemental unique.

Ce nouveau repère visuel qui serait inspiré du Nutri-Score doit permettre aux consommateurs de comparer l’impact écologique des produits en rayon. Mais derrière ce principe simple se cache une extrême complexité technique, et une volonté politique de garder la main, ce qui complique fortement la tâche des institutions chargées de le créer.

Depuis 2020, l’ADEME a coordonné une large phase d’expérimentation auprès de producteurs, transformateurs et distributeurs. L'objectif était d'évaluer la faisabilité d’un affichage harmonisé, fiable et compréhensible. Ces tests grandeur nature ont permis de tester différentes méthodologies, comme l’Éco-Score ou l’Indice d’Impact Environnemental et de mesurer leur efficacité à éclairer les consommateurs dans leurs choix.

Enfin en mars 2022, un rapport de l'ADEME a été remis au parlement : il confirme que l’affichage environnemental des produits alimentaires est non seulement techniquement possible et peu coûteux, mais aussi très utile aux consommateurs et applicable à l’ensemble des catégories de produits.

Pourtant, sa généralisation tarde et trois ans plus tard ça ne semble pas avoir beaucoup avancé. Car derrière la méthode se jouent des arbitrages sensibles entre acteurs économiques, experts scientifiques et décideurs publics. Alors essayons de savoir ce qu'il en est aujourd'hui, ce score verra t'il le jour prochainement ?

dans les coulisses du futur score environnemental officiel (humour) © Pexels

dans les coulisses du futur score environnemental officiel (humour) © Pexels

Une méthode de calcul plus précise, mais toujours en discussion

L’un des principaux points de blocage repose sur la construction même du score. Quelle méthode adopter pour refléter fidèlement l’impact environnemental réel d’un produit alimentaire ? La base de données Agribalyse qui sert de socle, est aujourd’hui enrichie grâce à un nouveau dispositif baptisé Ecobalyse.

Ce dernier permet d’aller plus loin que la seule analyse du cycle de vie, en intégrant des critères jusque-là absents ou sous-estimés : comme la préservation de la biodiversité, la toxicité des pesticides ou encore les effets sur les écosystèmes.

Autant d’indicateurs essentiels pour mieux différencier un produit issu de l’agriculture biologique d’un produit conventionnel, ce que les premières méthodes peinaient à faire. Cette complexité scientifique explique en partie la lenteur du processus, mais ce n’est pas la seule.

Car contrairement au Nutri-Score qui se base uniquement sur les données scientifiques sans possibilités d'interventions externes sur la méthode de calcul (et ne plaît pas à certains), l’affichage environnemental est lui entre les mains du gouvernement, ce qui soulève aussi des questions économiques et politiques.

Hors de nos jours, ces questions priment sur les problématiques environnementales et même sur la santé publique. Comme nous l'avons vu encore dernièrement avec la loi Duplomb, l'intérêt général passe trop souvent après les intérêts économiques privés !

Comment éviter que ce nouveau score ne désavantage certaines filières au profit d’autres ? Comment garantir l’objectivité de ce dispositif sans tomber dans une logique d’autoévaluation discutable ? Comment éviter la multiplication des labels privés qui sont potentiellement trompeurs ?

Autant d’enjeux qui ont conduit les autorités à privilégier une approche prudente. Mais au final ce sont les politiques qui auront le dernier mot, ce qui nous laisse craindre le pire car la démagogie et le lobbying risquent de mettre à mal ce nouvel affichage.

Nous avions d'ailleurs également évoqué le Ménag'Score en début d'année qui est lui aussi dans les cartons depuis 2019, mais n'a toujours pas été concrétisé non plus. Le problème étant que quasiment tous les produits obtiennent la pire note possible tant ils sont toxiques et dangereux pour la santé, ne permettant pas aux consommateurs de faire un choix éclairé.

Qui gère le futur score environnemental français ? C'est le nœud du problème © ADEME

Qui gère le futur score environnemental français ? C'est le nœud du problème © ADEME

Un affichage environnemental des produits alimentaires en 2026 ?

Une nouvelle phase de consultation a été lancée au printemps 2025. Elle rassemble des experts techniques, des représentants de la société civile, des syndicats agricoles et des professionnels du secteur agroalimentaire.

Ensemble, ils doivent définir les dernières modalités de calcul, affiner les pondérations entre critères et choisir le format visuel le plus pertinent. Est-ce que le score utilisera une note allant de A à E, un score sur 100 ou bien un indicateur monétaire traduisant le coût environnemental global ?

Cette concertation, toujours en cours, doit aboutir d’ici la fin de l’année 2025. Si tout se passe comme prévu, l’année 2026 pourrait marquer un tournant avec une généralisation de l'affichage environnemental. D’abord sur une base volontaire avant une possible obligation légale, mais ça nous n'y croyons pas trop.

L’enjeu est pourtant de taille : il s’agit de doter les consommateurs d’un outil simple, fiable et transparent pour mieux orienter leurs achats alimentaires. Mais au-delà de l’information, ce score pourrait devenir un levier puissant pour transformer les pratiques agricoles et industrielles, en incitant les acteurs à réduire leur impact sur la planète.

Mais il suffit de voir la posture de certains syndicats agricoles et des nombreux politiques partageant leur vision productiviste, pour comprendre que ce ne sont pas les préoccupations principales de ceux qui ne voient le monde que par le prisme économique.

Enfin économique à but lucratif entendons nous bien, car les coûts cachés de notre système agroalimentaire coûtent aux finances publiques des dizaines de milliards d'euros chaque année, comme nous l'avons documenté et chiffré en début d'année.

Nous doutons fortement que le lobby des industries agroalimentaires, de la grande distribution et même que certains syndicats agricoles soient prêts à la moindre concession. Comme ce sont eux qu'écoutent en priorité nos dirigeants et beaucoup de nos élus, il est peu probable que ce nouveau score soit aussi efficace que le Nutri-Score.

L’attente est longue, mais en vaudra t'elle la peine ? Au bout du chemin, c’est peut-être un nouveau regard sur l’alimentation qui se dessine : plus éclairé, plus responsable et mieux aligné avec les enjeux de notre époque.

Tests et Bons Plans pour Consommer Malin

Ou bien sera-ce une énième campagne de communication politique qui restera du domaine du marketing sans effets réels, comme c'est trop souvent le cas. Le dernier exemple avec l'affichage Origin'Info qui n'a pas servi à grand chose pour le moment, malgré un énorme battage médiatique lors de son lancement, est édifiant.

Bref, l'avenir nous dira ce qu'il en sera pour le nouveau score environnemental "officiel" quand il sera enfin disponible, en attendant il y a toujours les autres et n'hésitez pas à utiliser les applications smartphone d'associations de consommateurs pour vous aider à choisir votre alimentation en rayons.

L'UFC Que Choisir a la sienne qui s'appelle QuelProduit et que nous avons déjà eu l'occasion de vous présenter, Open Food Facts en a également conçu une mais nous la connaissons moins bien. Voir même pourquoi pas Yuka puisque seules les entreprises à but lucratif ont le droit de citer dans les médias, il existe des solutions que vous pouvez utiliser sans attendre !

Toutes les actualités, vues par les consommateurs

Retour à l'accueil
Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article