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La DGCCRF a mené une vaste enquête sur les plats cuisinés vendus en magasin, en ligne ainsi que dans la restauration. Le résultat est inquiétant : plus d’un établissement sur deux présentait des anomalies, alors même que les plats cuisinés se sont imposés dans le quotidien de nombreux français.
Pratiques, rapides à préparer et souvent accessibles (prix), ils répondent à des modes de vie modernes où le temps manque. Mais derrière les promesses affichées sur les emballages, la réalité n’est pas toujours conforme aux attentes : mentions trompeuses, composition inexacte, faux labels, etc…
C’est ce que montre la dernière enquête de la DGCCRF consacrée aux plats cuisinés, les contrôles réalisés mettent en lumière un niveau encore élevé d’irrégularités, au détriment de l’information des consommateurs. Que leur est-il reproché, comment peut-on s'en prémunir ? Nous faisons le point sur cette étude qui épingle les plats cuisinés.
Déroulé de l'article :
Pour cette opération de contrôle, la DGCCRF a inspecté 248 établissements ainsi que 46 sites internet dans le domaine des plats cuisinés. Les investigations ont concerné aussi bien les fabricants industriels que les commerces de détail, les artisans ainsi que les professionnels de la restauration.
Le premier enseignement marquant de cette grande enquête, c'est que plus d’un établissement sur deux présentait au moins une anomalie (51%). Ce chiffre illustre l’ampleur persistante des manquements dans un secteur pourtant devenu incontournable dans la consommation courante.
Autre constat important, la restauration avec un taux d’anomalies de 60% ressort comme le secteur le plus concerné. C'est à peine mieux pour l'industrie agroalimentaire avec 51% d'anomalies (transformation) et ce taux est encore de 44% dans la vente au détail (distribution).
Contrairement à certaines idées reçues, un plat acheté chez un traiteur ou consommé hors domicile n’offre pas plus de garanties qu’un produit vendu en grande surface. Quand on voit les chiffres, vous avez même plus d'une chance sur deux de ne pas avoir dans l'assiette ce que vous pensiez acheter.
Comme dans bien d'autres secteurs, le taux de non conformité est très important. Ce qui s'explique en partie car la DGCCRF cible ses contrôles. Mais dans un domaine aussi sensible que l'alimentation, ça reste un taux anormal et particulièrement inquiétant.
Il faut néanmoins pour bien comprendre, regarder quelles sont les anomalies constatées : sont-elles mineures et explicables par un simple manque de formation, ou majeures et émanant d'une volonté de certains professionnels de tromper les consommateurs ?
L’administration précise que 20% des contrôles ont conduit à des mesures correctives ou à des poursuites. Il ne s’agit donc pas seulement d’erreurs involontaires, mais aussi de pratiques suffisamment sérieuses pour justifier une intervention des autorités. Le ministère pointe d'ailleurs du doigt les marges des industriels, mais voyons tout ça plus en détails.
Les irrégularités relevées par la DGCCRF concernent d’abord la composition réelle des produits, ce qui est vendu ne correspond pas toujours à ce qui est annoncé au consommateur. C'est notamment le cas des plats cuisinés à base de produits carnés (viandes) et de produits de la mer, avec un taux de non conformité de 35% !
Les enquêteurs ont ainsi détecté du poulet dans des samoussas présentés comme étant au bœuf, d’autres produits affichaient sur le paquet une teneur en viande largement supérieure à la quantité réellement présente dans le plat cuisiné commercialisé.
L’étiquetage reste aussi un point noir récurrent. Les contrôles ont relevé des listes d’ingrédients incomplètes, des allergènes non signalés ou encore des déclarations nutritionnelles erronées (66% de non conformité). La DGCCRF évoque même « des lacunes récurrentes dans le respect des obligations d’étiquetage ».
Des anomalies ont également été constatées sur l'utilisation des allégations nutritionnelles, certains plats mettaient en avant une absence d’additifs alors qu’ils en contenaient. Même lorsqu’il n’y a pas fraude manifeste, ces manquements ne permettent pas aux consommateur de comparer correctement les produits et de faire un choix éclairé.
Les mentions valorisantes abusives figurent également parmi les grandes dérives observées, la DGCCRF mentionne des usages injustifiés de références "bio" ou "local" et d’autres arguments qualitatifs susceptibles d’influencer l’acte d'achat.
Ces pratiques sont graves dans un contexte où de nombreux français acceptent de payer plus cher pour soutenir une production locale ou choisir de consommer des produits plus sains. Dans ce cas, il y a souvent une intention de tromper les consommateurs qui ne fait aucun doute et révèle uniquement du marketing.
Pourquoi ces dérives persistent-elles ? Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer : la pression sur les marges et la forte concurrence poussent certains fabricants à réduire la qualité, à substituer certains ingrédients ou à embellir leur communication commerciale. Cela n’excuse rien, mais rappelle que la transparence dans l'alimentation est un enjeu majeur !
Face à ce constat peu reluisant, prendre de bonnes habitudes permet de limiter les mauvaises surprises, même si après avoir lu les conclusions de la DGCCRF nous en sommes moins convaincus qu'auparavant. En effet, si les informations légales et affichages obligatoires sont largement erronés et incomplets, ça complique grandement la tâche des consommateurs.
La première chose à faire reste néanmoins de retourner la boite ou le paquet, pour regarder la liste des ingrédients plutôt que de se fier uniquement à la face avant de l’emballage. Les visuels et les mentions marketing attirent l’œil, mais la composition détaillée reste la meilleure source d’informations.
Il est également utile de vérifier l’ordre des ingrédients, qui sont classés du plus présent au moins présent. Lorsqu’un ingrédient mis en avant sur le paquet apparaît loin dans la liste d'ingrédients, cela peut révéler une volonté de tromper le consommateur (et de pratiquer des prix abusifs).
Comparer les valeurs nutritionnelles demeure aussi une pratique pertinente, notamment pour vérifier leur teneur en sel, en sucres et en matières grasses car des plats similaires peuvent afficher des écarts importants. Le Nutri-Score simplifie cet affichage un peu barbare, mieux vaut donc privilégier les marques qui l'affichent plutôt que celles qui choisissent de ne pas le faire.
Bien entendu et même si nous avons peu d'espoir que ces informations fassent changer les habitudes, la meilleure chose à faire reste de se remettre aux fourneaux plutôt que d'acheter des plats cuisinés. Ce sont des aliments ultra-transformés qui sont parmi les plus mauvais pour la santé.
Au final, cette enquête de la DGCCRF rappelle une réalité simple : dans l’univers des plats cuisinés, la praticité ne doit jamais se faire au détriment de la transparence et de la qualité. Plus que jamais, bien choisir suppose de regarder au-delà du packaging et des promesses commerciales.
Vous trouverez toutes les informations utiles dans notre guide pour lire les étiquettes qui explique les différentes informations utiles à regarder pour tous vos achats de produits alimentaires : liste d'ingrédients, tableau nutritionnel, étiquette vétérinaire, etc...