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Le 15 mars est officiellement la « Journée Mondiale des droits des consommateurs », en voilà un sujet qui nous intéresse et devrait être d'une importance primordiale dans notre société (de consommation). Pourtant, rien n'est prévu ni mis en place pour nous tenir informés, de cet événement mais aussi plus largement au quotidien.
Nous nous demandons pourquoi personne ne prend la peine d'évoquer cet événement annuel qui pourrait être l'occasion parfaite de faire prendre conscience au français de l'importance de leurs actes d'achats. Enfin en vérité, nous savons pourquoi ce n'est pas le cas, et ça nous énerve, alors la suite risque de piquer un peu !
Déroulé de l'article :
Le 15 mars est reconnu comme la Journée Mondiale des droits des consommateurs depuis 1983. Pourtant et si cette journée est presque aussi vieille que moi (qui suis né en 1980) et que nous sommes spécialistes de ces questions, nous ignorions son existence.
Les rares mentions y faisant référence que nous avons trouvées sur les sites officiels datent de 2022 sur le site du gouvernement français, et de 2024 sur le site de l'Institut National de la Consommation (qui va bientôt être fermé par le gouvernement).
Autant dire que pour nos autorités, ce n'est pas quelque chose qui a de l'importance, en tous cas pas suffisamment pour lui dédier un petit quelque chose chaque année. C'est vrai quoi, quels droits d'abord ? Estimez vous déjà heureux d'en avoir encore !
Il n'y a en vérité pas grand chose à en dire vu qu'absolument rien n'est jamais organisé pour renseigner les consommateurs sur leurs droits, ce serait pourtant l'occasion de le faire pour les institutions qui sont en charge de ces dossiers (ministère de l'économie et services dédiés).
Nous vous aurions bien envoyés faire un tour du côté de l'Institut National de la Consommation, qui faisait autorité en la matière (magazine 60 millions de consommateurs, vidéos ConsoMag, etc...). Malheureusement et le hasard du calendrier faisant bien les choses, le gouvernement a décidé de le fermer il y a tout juste deux semaines !
Soit disant que ça coûtait trop cher, même si il est vrai que l'institution était déficitaire, ça ne représentait comme nous vous l'avons expliqué dans notre article dédié pas grand chose par rapport aux généreuses subventions qui sont octroyées chaque année aux médias privés appartenant à des milliardaires.
Chacun(e) est libre d'en penser ce qu'il veut, mais pour nous c'est une attaque au droit à l'information des consommateurs plus qu'un moyen efficace de faire des économies. Si le timing pose question, les intentions elles nous semblent assez claires étant donné l'implication de nos gouvernants dans les derniers scandales alimentaires.
C'est la Journée Mondiale des droits de consommateurs, mais le saviez vous ? © Tests et Bons Plans (généré par IA)
Les exemples se succèdent et se ressemblent, surtout semble t-il quand il s'agit de faire allégeance à la multinationale Nestlé, qui n'est jamais bien loin à chaque fois qu'un nouveau scandale alimentaire survient. Vous devez vous souvenir du scandale des pizza Buitoni qui aurait coûté la vie à deux enfants en 2022.
Mise en examen en 2024, la multinationale Suisse aurait selon la presse versé fin 2025 des millions d'euros à 63 familles, une indemnisation assortie d'un accord de confidentialité. Le Canard Enchainé titrant alors « Nestlé s'offre le silence des victimes des pizzas Buitoni sans se ruiner ».
Bien entendu, le cas Perrier et des eaux en bouteilles Nestlé Waters est le plus emblématique, puisque toujours en cours. Mais il a été documenté que l'influence de la multinationale allait jusqu'aux plus hautes sphères de l'état français, à savoir jusqu'au Palais de l'Élysée, que le gouvernement avait couvert Nestlé et enfreint les lois européennes censées protéger les consommateurs en préférant garder le silence (au lieu d'alerter).
Ces dernières semaines, c'est à nouveau (car c'était déjà arrivé) les laits infantiles qui sont l'objet de nombreux cas de maladies et de quelques décès d'enfants supplémentaires (même si le lien reste à prouver il est vrai). Là encore, la communication rassurante de notre gouvernement contrevient au principe de précaution et à la neutralité attendue, comme le souligne l'UFC Que Choisir dans un de ses articles sur le sujet.
La communication reste souvent floue, y compris de la part des pouvoirs publics, qui ont tardé à imposer des mesures de retrait, mais aussi à communiquer, et qui restent encore très prudents. Le ministère de la Santé souligne ainsi que, « à ce stade, aucune analyse n’a mis en évidence de lien de causalité entre la consommation des laits infantiles concernés et la survenue de symptômes chez un nourrisson ».
Nous pourrions aussi évoquer le Nutri-Score qui en est un bon exemple, même si et ne l'oublions pas non plus, la France a été le premier pays européen à l'adopter. Il n'en reste pas moins que plus récemment, la ministre de l'Agriculture n'a pas hésité à bloquer son nouveau mode de calcul pendant un an comme nous l'avions dénoncé l'an dernier.
Combien de politiques reprennent sans filtre les arguments des lobbys de l'industrie agroalimentaire pour tenter de le discréditer ? Ou à défaut de mettre en place un score bien plus avantageux pour eux, comme un Nutri-Score à la portion dont nous avions aussi démonté l'argumantaire mensonger, toujours sur demande de quelques lobbys et toujours au détriment de l'information des consommateurs.
Malheureusement, des exemples comme ça il en existe des centaines, hors alimentation nous avons encore le souvenir du pseudo label Fabriqué en France lancé en grandes pompes lors du salon du Made in France 2021 en présence des ministres concernés. Un logo inventé par un lobby industriel, immédiatement adoubé par le gouvernement français.
Le problème, c'est ce que ce n'est pas un label (mais qu'il y ressemble) et qu'il n'y a absolument aucune vérification faite avant son apposition sur les produits. Charge ensuite à la DGCCRF de faire la chasse aux tricheurs, alors que leurs effectifs sont sans cesse rognés et qu'on leur confie toujours plus de missions.
Non seulement ce type d'affichages n'apportent aucune garantie aux consommateurs, mais participent à les rendre encore plus incompréhensibles en ajoutant toujours plus de logos, de sous-labels (comme le label HVE par exemple) et de communications qui brouillent le signal et la compréhension.
Pour autant et même si de nombreuses prises de positions, projets de loi (Duplomb) et même véritables scandales d'état prouvent que nos dirigeants ne jouent pas bien leur rôle pour protéger et informer les consommateurs au profit d'intérêts privés, il y a aussi de petites avancées qu'il faut saluer.
Comme toujours, ce n'est pas tout blanc ou tout noir et il faut nuancer, heureusement que certains ont aussi de bonnes intentions et arrivent parfois à faire passer des textes utiles. Ce sont souvent des demi-mesures, mais c'est mieux que rien et très lentement on avance tout de même dans le bon sens.
Néanmoins d'autres scandales, comme celui des poupées Shein révélé par l'INC (qui vient d'être fermé par le gouvernement) que nous évoquions en début d'article, ont aussi permis de mettre la lumière sur les produits importés massivement depuis la Chine, avec un taux de non conformité hallucinant.
Plusieurs enquêtes concordent, mais la plus inquiétante est sans doute le contrôle sur les jouets réalisé par la DGCCRF en 2025. Ils ont contrôlé plus de 2.000 vendeurs et fait des analyses sur des dizaines de jouets, le résultat est sans appel : 90% des jouets étaient non conformes et 60% des jouets étaient dangereux !
Même constat avec les laits infantiles, encore eux, les autorités françaises recommandant aux consommateurs de faire analyser leurs poudres contaminées par Nestlé, donc de les faire analyser par l'entreprise qui est incriminée dans ce dossier. On marche un peu sur la tête non ? Plusieurs familles ont d'ailleurs porté plainte contre l'état pour le dénoncer (article Radio France).
Bref, le constat est assez amer et le système nous semble bien corrompu (n'ayons pas peur des mots), car nous pourrions continuer à évoquer tous les aspects de la consommation et des problématiques qui l'entourent pendant des heures et des heures tant il y a de choses à en dire et qui ne tournent pas rond.
Néanmoins et comme d'habitude finalement, nous ne pouvons que terminer en rappelant que les consommateurs ont également une grande part de responsabilité dans cet état de fait, chacun de nos achats est un vote : pour une multinationale, une entreprise chinoise ou au contraire en faveur du Made in France, de filières locales et plus durables.
Alors le message à faire passer en cette Journée Mondiale des droits des consommateurs, c'est que pour bien consommer il faut prendre la peine et le temps de bien s'informer. La connaissance n'est pas innée et ça prend du temps. C'est justement le rôle que nous essayons d'assumer, en triant les informations pour relayer celles qui sont utiles et les plus importantes à travers nos articles.