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Facebook, Google, Instagram, Shein, Temu, WhatsApp : quel est le point commun de tous ces géants du numérique ? Déjà ils ne sont pas européens, mais ça ce n'est pas suffisant pour les incriminer. Leur point commun c'est que aucun d'entre eux ne respecte nos lois, et que personne ne les empêche pour autant de prospérer.
Ils font de temps en temps l'actualité, payent une petite amende quand ils sont pris la main dans le sac, mais ça ne les empêche pas de se développer et de continuer à violer nos lois en toute impunité. Alors qu'est-ce qu'il leur est reproché ? Voyons en quoi ils ne respectent pas la loi, et pourquoi ce n'est pas prêt de s'arrêter.
Déroulé de l'article :
Alors que les fêtes de fin d'année se profilent à l'horizon, les fraudeurs du numérique s'en donnent à cœur joie pour en profiter eux aussi. Entre les places de marché chinoises qui vendent des armes et des poupées pédopornographiques, les réseaux sociaux qui diffusent des arnaques en toute connaissance de cause, que fait la police ?
Si les agriculteurs se plaignent de voir entrer sur notre territoire des aliments qui ne respectent pas les normes sanitaires qu'on leur impose, c'est en vérité un peu partout pareil. Tout le monde viole nos lois et personne ne fait rien pour les en empêcher, au point que la multiplication des alertes devient inquiétante.
En effet, si le cas Shein et ses poupées sexuelles a fait grand bruit dans les médias et obligé nos dirigeants politiques à enfin réagir, comment cela s'est il soldé ? La fermeture temporaire de la place de marché (ou marketplace), mais pour combien de temps ?
Car en gros, si tu n'a pas le droit de vendre des armes et des poupées pédopornographiques, par contre tout le reste ne suffit pas à faire fermer ces sites. Pourtant, les infractions sont nombreuses et documentées depuis des années : vente de produits dangereux (interdit par la loi), fausses promotions (interdit par la loi), utilisation de dark patterns (interdit par la loi), etc...
Une boutique ayant pignon sur rue qui se fait prendre à ce type de malversations est fermée manu militari par la préfecture, par contre un géant de la vente en ligne qu'il soit américain ou chinois on lui dit : attention, c'est pas bien !
Il y a même des complices attirés par la promesse de profits qui sont prêts à leur ouvrir grandes nos portes : le BVH fait de la place à Shein dans ses magasins, la Poste vient de signer un contrat avec Temu pour les aider à nous inonder de colis, et ainsi de suite.
Résultat : des milliards de produits qui sont non conformes et dangereux pour la santé et l'environnement déferlent sur notre pays, les petits commerçants sont pris à la gorge et il faut donc les subventionner avec de l'argent public pour éviter que nos centre-ville ne soient définitivement rayés de la carte.
On claque des milliards pour essayer de réindustrialiser et de rester compétitifs, mais c'est peine perdue si on ne s'attaque pas à ceux qui ne respectent rien, ni nos réglementations ni nos valeurs et cumulent des profits qui les rendent ensuite intouchables.
De temps en temps nous entendons parler des arnaques aux faux conseillers bancaires, à la rénovation énergétique ou alors aux placements financiers. Les pouvoirs publics renforcent la réglementation et puis on passe à autre chose, mais rien ne change au fond car si certains se font prendre, on vide la mer à la petite cuillère.
Car là encore on ne s'attaque pas au véritable problème qui est de limiter la diffusion de ces arnaques, là où votre boite mail filtre normalement la plupart des messages dangereux de ce type, ils sont par contre largement diffusés sur les réseaux sociaux avec la bénédiction de leurs dirigeants.
En la matière, ce sont les réseaux sociaux du groupe Meta qui sont les rois : Facebook, Instagram et WhatsApp puisque l'UFC Que Choisir avait documenté plusieurs cas de fausses publicités en début d'année. Dans ce cas il s'agit de faux sites de vente en ligne qui copient les originaux pour vous voler vos données bancaires, mais ce n'est que la pointe de l'iceberg.
Une enquête de Reuters, là encore relayée par l'association de consommateurs dans cet article, confirme que c'est une pratique massive du groupe américain. Elle indique également que Meta en serait tout à fait conscient mais n'est pas pressé de mettre fin à ces pratiques frauduleuses tant elles sont lucratives.
Comme la diffusion de ces arnaques rapporterait à Meta 16 milliards de dollars par an soit 13.000.000.000€ (environ 10% de son chiffre d'affaires), la firme américaine n'est pas encline à s'y attaquer et en profiterait même pour augmenter le prix appliqué aux arnaqueurs qu'ils repèrent (au lieu de les virer). À titre de comparaison, le budget de l'état alloué à la justice est de 12.68 milliards d'euros par an.
Mais n'est-ce pas interdit de faire au grand jour de la publicité pour des arnaques, est-ce que tout est permis du moment qu'il y a de l'argent à gagner dans notre pays ? Il nous semble pourtant qu'il y a également des lois qui interdisent de promouvoir ce genre de communications commerciales trompeuses et même frauduleuses.
Mais comme ils sont devenus les hommes les plus riches du monde, qu'ils ont une puissance démesurée (et des soutiens politiques), on se contente de leur infliger une petite amende de temps en temps pour leur taper sur les doigts et pour dire à Mark Zuckerberg : attention, c'est pas bien !
Là encore outre ces géants du numérique qui n'ont qu'un seul et unique objectif, s'en mettre plein les fouilles par tous les moyens possibles, ils trouvent des relais avec des milliers d'influenceurs cupides qui veulent aussi se faire leur place au soleil.
Alors entre les réseaux sociaux qui sont prêts à tout pour gagner de l'argent, les réseaux sociaux qui sont devenus des hauts lieux de la désinformation politique, les réseaux sociaux qui enferment nos ados dans un cercle vicieux, etc... Nous sommes bien loin de la promesse initiale et tout ça n'a plus rien de social.
Terminons notre petit tour de ce musée des horreurs par les moteurs de recherche qui chapeautent tout ça et décident qui a le droit d'être visible, donc de gagner de l'argent, et qui n'a pas le droit de participer au banquet. Puisque justement, la commission européenne vient de lancer une procédure contre Google qui ne respecterait pas le DMA (Digital Markets Act)
Il leur est reproché de pénaliser certains sites d'information dans les résultats de recherche, la commission européenne qualifie ainsi les faits : (la politique de Google) « risquerait de décourager les médias de conclure des partenariats légitimes, par exemple pour publier des offres promotionnelles. ».
Comme nous l'avons encore évoqué ces derniers jours dans nos articles sur les fausses promos du Black Friday, les grands médias sont les premiers à diffuser de fausses promotions (interdites par la loi), à vendre des espaces publicitaires à qui le veut (c'est pas bien reluisant), à faire tourner les régies de faux articles sponsorisés (qui se font sanctionner régulièrement aussi), etc...
En fait, l'Europe reproche à Google de réduire la visibilité des médias qui relaient trop de promotions, alors même que tous ceux qui s'informent savent que ce sont dans leur très grande majorité des promotions qui ne respectent pas la loi. On marche sur la tête non ?
L'Europe ne cherche pas à protéger les internautes et consommateurs de cette pratique que nous dénonçons depuis des années, mais le business du marketing qui est justement la cause d'une grande partie de ces abus et fait le lien entre tous ces acteurs.
Quand tu arnaques les consommateurs on te dit « attention, c'est pas bien », autant par contre si tu empêche les médias de faire tourner la machine publicitaire, ce n'est pas la même limonade : c'est jusqu'à 10% de ton chiffre d'affaire mondial d'amende car ça oui pour nos dirigeants, c'est inadmissible !
Mais ne laissons pas croire que Google et les moteurs de recherche sont des anges, ce sont ceux qui engrangent le plus de revenus publicitaires, pour faire la promotion de Shein, de Temu, etc... Ce sont eux qui sont les premiers à compiler et revendre nos données personnelles pour faire tourner la roue des profiteurs.
Et il est vrai qu'ils écartent certains médias, ceux qui comme le notre ont été évincés de Google Actualités l'an dernier sans même nous prévenir, car nous ne leur rapportons rien. Mais ça, la commission européenne n'en avait rien à faire par contre, puisque nous ne diffusons pas de publicités vous comprenez.
Nous en revenons donc finalement à la politique, même si nous ne voudrions pas en faire, c'est bien le législateur qui a le pouvoir de faire appliquer nos lois ou de laisser faire ceux qui ne la respectent pas, de choisir d'infliger des sanctions dissuasives ou qui ne le sont pas assez pour faire stopper ces agissements.
Ce sont bien nos décideurs qui sont mandatés pour faire évoluer le cadre législatif dans l'intérêt général, et ce qu'ils ne font plus. Ce sont bien les pouvoirs publics qui sont en mesure d'informer les citoyens sur ces dérives, mais ne le font pas ou tentent de leur rejeter la faute.
Ce sont bien nos instances qui infligent des tapes sur les doigts à ceux qui nous arnaquent ou polluent, mais frappent fort si tu ose t'en prendre à ce business qui n'hésite pourtant pas à violer toutes nos réglementations.
Qui protège quoi dans cette histoire ? En vérité, les politiques referment le cercle vicieux et sont main dans la main avec tout ce système qui n'a absolument rien à faire de nos lois. La boucle est bouclée, la fuite en avant n'est pas prête de s'arrêter !
Mais il sort d'où tout cet argent ? De vos poches et tant que vous ne l'aurez pas compris, vous resterez des victimes d'un système qui nous emmène vers un avenir bien triste. Un avenir où même les arnaqueurs et les tricheurs ont leur place, où tous les coups sont permis, du moment que votre argent coule à flots.
Bien entendu les citoyens, les internautes et les consommateurs (nous sommes les trois) ne sont pas exempts de tous reproches non plus, mais entre ceux qui ne s'informent pas et ceux qui savent mais s'en moquent bien, ce n'est pas en les responsabilisant que nous sortirons de cette boucle infernale.