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Actus : la réparation séduit les français, des freins restent à lever

Nous décryptons une enquête de l'ADEME qui s'est intéressée à la façon dont les français(e)s choisissent de faire réparer certains objets, ou au contraire d'en racheter des neufs. Les réparations, en partie portées par des aides financières sont en progression, mais de nombreux freins restent à lever pour rassurer les consommateurs.

Voyons comment tout ça s'articule, quels sont les objets les plus réparés et comment certains préjugés limitent visiblement l'acte de réparation. Nous en profiterons aussi pour vous présenter tous les dispositifs déjà existant, car finalement nous avons déjà tout le nécessaire ou presque à notre disposition. Le plus difficile, c'est de savoir où les trouver (alerte spoiler : dans cet article).

Déroulé de l'article :

 

Réparations : une envie croissante de prolonger la vie des objets

Face à l’urgence environnementale, la réparation des objets du quotidien s’impose de plus en plus comme une alternative crédible à l’achat de produits neufs. Selon une enquête publiée par l’ADEME en juin 2025, une majorité de Français semble avoir adopté ce réflexe. Mais derrière les bonnes intentions, la pratique reste encore freinée par plusieurs obstacles.

L’étude révèle que 69% des français ont réparé au moins un équipement au cours des deux dernières années. Ce chiffre englobe aussi bien les réparations réalisées par les particuliers eux-mêmes, que celles confiées à des professionnels.

Un signe est néanmoins encourageant car 83% des sondés ont une image positive de la réparation, un acte qu’ils associent à une démarche durable et responsable. Mais il faut aller un peu plus en détails pour en tirer des conclusions, car les bonnes intentions ne suffisent pas.

Le rapport met aussi en lumière une évolution intéressante dans les comportements : 41% des produits abîmés ont été remplacés en 2024, un chiffre en baisse de 13 points par rapport à 2019. Sur le total, l'enquête estime que 36% des objets endommagés ont été réparés, il reste donc 23% des biens qui n’ont été ni réparés, ni remplacés.

Pour comprendre ce dernier chiffre il y a différentes explications, un objet peut ne pas être remplacé car on estime que l'on en a pas l'utilité, mais la précarité joue également un rôle et certains ménages n'ont tout simplement pas les moyens de remplacer un objet défectueux et apprennent à faire sans.

Si l'on se penche sur les réparations il existe également plusieurs façons de faire : 58% des réparations ont été faires directement par les utilisateurs contre seulement 42% chez des professionnels. Les équipements les plus souvent réparés sont les vélos, les appareils de jardinage et les ordinateurs.

Les personnes interrogées se déclarent d'ailleurs satisfaites du résultat de la réparation dans 96% des cas, preuve que la qualité des interventions est au rendez-vous. Car nous allons voir dans la suite de ce décryptage que la qualité des réparations est un frein pour beaucoup de consommateurs, mais pas le seul.

la réparation commence à trouver son public © ADEME

la réparation commence à trouver son public © ADEME

Les freins à lever : les fabricants dans le viseur, un coût dissuasif

Malgré cet engouement, il reste de nombreux freins à lever pour que le nombre de réparations augmente et passe même devant le nombre d'achats de produits neufs en remplacement. À commencer par le prix et en moyenne, les consommateurs estiment qu’un tarif de 30€ est acceptable pour une réparation.

Au-delà, l’hésitation grandit et 80% des Français placent le coût en tête des critères influençant leur décision de réparer ou non. La peur d’une réparation incomplète ou de mauvaise qualité est également présente, chez 52% des personnes interrogées.

Pourtant comme nous venons de le voir, 96% des réparations sont jugées comme satisfaisantes et c'est donc un des leviers qui peut facilement être activé. Un autre point de tension est l’accès à la réparation, une large majorité soit 77% des sondés considèrent que les fabricants compliquent volontairement la tâche.

Malgré une légère amélioration depuis 2019, ces blocages restent bien ancrés : pièces détachées indisponibles, manuels absents, produits conçus pour être remplacés plutôt que réparés, etc... Il semble que malgré l'indice de durabilité censé nous aider à mieux choisir, l'obsolescence programmée soit toujours d'actualité.

Par ailleurs, 43% des français déclarent ne pas savoir où trouver un réparateur de confiance. Ce manque de visibilité pénalise les professionnels du secteur et limite le passage à l’acte.

Le coût de réparation, un frein majeur
  • 30 € c’est le prix moyen jugé acceptable pour faire réparer un produit 

  • 80 % des français déclarent que le prix de la réparation est le critère principal pour choisir ou non de réparer

  • 52 % expriment des craintes liées à la qualité des réparations, comme un risque de performance moindre

Alors bonne nouvelle, il existe un site dédié qui permet de savoir quoi faire des ses objets défectueux. Sa carte interactive permet de consulter tous les acteurs à proximité pour les faire réparer, les donner à une association ou les faire recycler.

Vous pouvez aussi vous rapprocher des réseaux d'entraide de l'économie circulaire que nous vous avons eux aussi déjà présentés. Les français ont finalement raison, car si de nombreux acteurs existent ils sont rarement mis en avant dans les grands médias, car ça ne rapporte rien de le faire.

D'un autre côté ils applaudissent les politiques qui s'en prennent à l'ADEME et autres structures qui s'occupent de réguler et faire connaitre ces initiatives et acteurs, nous ne sommes malheureusement pas à une contradiction près.

les freins à la réparation, une préoccupation à résoudre © ADEME

les freins à la réparation, une préoccupation à résoudre © ADEME

Vers une réparation plus accessible et systématique ?

L’enquête de l'ADEME, menée en août 2024 auprès de plus de 10.000 personnes, couvre 57 catégories de produits et nous offre une photographie précise des usages comme des blocages. Elle montre surtout que les mentalités changent, mais que l’écosystème (fabricants, réparateurs, pouvoirs publics) doit encore évoluer pour transformer cette aspiration en geste systématique.

Pour favoriser l’essor de la réparation en France, l’enquête identifie quatre leviers principaux : garantir la réparabilité des produits pendant au moins deux ans, faciliter l’accès aux pièces détachées, améliorer la visibilité de l’offre de réparation et rendre les prix plus attractifs via des aides ou des incitations.

Néanmoins, rajoutons que cette étude reste trop peu précise pour en tirer des conclusions au cas par cas. Car ce n'est pas la même chose de changer un pneu de vélo crevé ou la bougie de sa tondeuse que de faire réparer un four ou un ordinateur, les moyennes ont toujours leurs limites.

Les préconisations de l'ADEME :
  1. Garantir la réparabilité des produits pendant au moins deux ans

  2. Faciliter l’accès aux pièces détachées (NDLR : et en limiter le coût)

  3. Améliorer la visibilité de l’offre de réparation auprès du grand public

  4. Rendre la réparation financièrement attractive via des aides ou incitations

Si ces dernières années des mesures incitatives ont été prises, comme avec le Bonus Réparation qui avait d'abord été raboté par le ministère puis finalement doublé et enfin ouvert à de nouvelles réparations. Il est à notre avis nécessaire que les politiques laissent la main à des acteurs indépendants, pour que le système bénéficie d'une visibilité claire.

La garantie de réparabilité devrait même selon nous être portée à plus de 2 ans comme préconisé par l'ADEME, puisque durant cette période il y a déjà la garantie légale de conformité et celle contre les vices cachés qui protègent les consommateurs. Hors les pannes arrivent souvent après ces deux ans sous garantie, nous ne voyons pas trop l'intérêt en réalité.

Accessibilité, prix juste et visibilité sont en tous cas les clés pour faire de la réparation un pilier de la consommation durable en France. Réparer plutôt que jeter n’est plus une utopie, c’est une tendance qui progresse et s'installe. Mais pour qu’elle devienne un réflexe collectif, des efforts concrets restent à fournir.

Notamment, même si nous n'avons pas de grandes connaissances en la matière il est vrai, au niveau du prix des pièces détachées. Quand on voit dans le secteur automobile le prix des pièces, parfois presque plus onéreuses que la voiture entière, la question de leur coût devrait se poser sérieusement mais est pourtant systématiquement écartée de l'équation !

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