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L'information est passée inaperçue car repose surtout sur un coup marketing, mais pourrait révolutionner les emballages dans les rayons de nos supermarchés à l'avenir. En effet, les étiquettes inventées par une marque québécoise permettent de conserver des sauces au frais pendant une heure.
Elles permettent d'avoir un pot de mayonnaise qui va rester sur la table pendant un barbecue ou un pique-nique sans avoir peur de devoir le jeter à la fin du repas à cause de la chaleur. Mais nous allons voir que l'idée n'est pas si bête que ça, bien au contraire et pourrait être très utile pour d'autres produits sensibles à la chaleur.
Découvrons cette innovation intéressante, il s'agit d'une étiquette qui permet de garder un pot de sauce au frais pendant 1 heure après sa sortie du frigo. Une bonne idée pour les barbecue et les pique-nique, pour que la mayo ne tourne pas avant la fin du repas !
C'est la marque québécoise MAG qui a eu l'idée de concevoir cette étiquette isolante et de l'appliquer sur ses pots de sauce : mayonnaise, sauce burger, sauce ranch, etc... Mais il s'agit en fait d'une édition limitée offerte sur les réseaux sociaux sous la forme d'un jeu concours (au Canada).
Outre le coup de pub et une communication bien pensée, ce type d'étiquettes pourrait bien représenter l'avenir de l'emballage pour certains produits : des boissons fraîches par exemple, des cônes de glace ou encore des sandwichs et des crudités.
Tout ce qui est fait pour consommer sur le pouce, ou reste sur la table longtemps et risque de s’abîmer, comme les pots de sauces justement même si leur composition peu ragoutante leur permet de ne pas tourner aussi facilement que des sauces maison.
Il est donc surtout intéressant de comprendre comment a été conçue cette étiquette et son fonctionnement, mais aussi son coût. Car dans notre monde ce n'est pas le risque sanitaire pour notre santé qui peut influencer les industriels de l'agroalimentaire, mais si ça peut leur rapporter de l'argent par contre ils vont sauter dessus.
Bien entendu, l'étiquette ne peut pas produire du froid, elle intègre pour conserver la fraîcheur un isolant. Alors certes, on pourrait faire des flacons thermos mais ça ne serait ni pratique ni rentable. Il est possible d'utiliser un système d'étui réfrigérant comme pour les bouteilles de vin, mais il faudrait penser à le mettre au congélateur avant.
L'étiquette « fridgelabel » inventé par MAG a l'avantage d'être une étiquette visuellement tout ce qu'il y a de plus classique, collée sur le flacon souple elle permet de former une couche isolante tout autour qui évite une trop rapide dispersion du froid.
Mais en y regardant de plus près on se rend compte qu'elle est un peu plus épaisse qu'à la normale, car dessous se trouve une couche d'aérogel de silice et c'est justement ça qui permet de conserver au frais son contenu pendant 1 heure.
C'est une invention empruntée à la NASA et qui a notamment servie à emprisonner des particules de météorites s'échapant de sa queue avec la sonde spatiale Stardust lancée en 2004. Une mission couronnée de succès, puisque l'aérogel a réussi à rapporter des échantillons sur Terre.
Les scientifiques du monde entier cherchent depuis, et trouvent, de nombreux autres usages à ce matériau ultra-léger qui présente plusieurs avantages. Notamment une isolation thermique performante, qui a permis à MAG de concevoir cette étiquette originale.
L'aérogel est solide mais composé à 99,8% d'air, hors pour isoler il est bien connu qu'il faut multiplier les couches d'air à la manière d'un oignon. De plus la silice est parfaite car elle conduit très mal la chaleur, c'est donc l'isolant parfait pour garder la fraîcheur à l'intérieur d'un contenant.
Mais l'aérogel a aussi un inconvénient, même si il peut supporter 2000 fois son poids, il est tellement léger qu'il est fragile et se casse comme du verre. Ce type d'étiquettes étant assez fines, même si malheureusement la marque ne donne pas beaucoup plus d'informations, elles sont à usage unique.
L'autre aspect important pour définir si cette innovation pourrait être reprise par l'industrie agroalimentaire, c'est de savoir si le coût de fabrication de telles étiquettes est supportable. Car l'aspect communication lui, nous semble indéniablement avantageux pour les marques.
Il n'est pas évident de trouver un prix exact, en 2014 l'aérogel de silice coûtait 30€ le gramme à fabriquer selon les informations de la fiche Wikipédia, ce qui est bien trop cher pour espérer le voir arriver dans nos supermarchés.
Mais d'ici 2030 son prix devrait baisser de 60% selon les estimations de projets de commercialisation à grande échelle, notamment grâce à celui mené par la Solar Impulse Foundation que nous avons déjà eu l'occasion d'évoquer dans de précédents articles.
D'autres aérogels plus naturels à base de riz ou d'algues comme l'agar agar (baptisé SEAgel) sont moins onéreux à produire et pourraient bien permettre de transposer cet essai à but médiatique de la marque MAG en réalité dans un futur proche.
Bientôt peut-être nous pourrons prendre le temps de déguster nos canettes de bière ou de sodas bien fraîches même en les buvant lentement sur la plage, consommer des cônes de glace sans risquer qu'elle ne soit fondue avant d'arriver au cornet, etc...
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