des astuces et conseils pour vous aider à mieux consommer au quotidien !

Actus : bien manger ne coûte pas forcément plus cher

Une enquête de Santé Publique France tord le cou à une idée reçue pourtant bien ancrée dans nos esprits : celle que bien manger coûterait forcément plus cher. Hors, selon l'étude menée il n'en serait rien, il reviendrait même parfois moins cher de choisir des produits arborant un Nutri-Score A ou B que des produits équivalents moins bien notés.

Comment interpréter les chiffres et les résultats de cette étude qui compare le prix des produits avec leur Nutri-Score, pour définir si les produits bien notés sont plus onéreux que ceux qui sont mal notés ? Quels sortes de produits ont été analysés et quels sont les enseignement que nous pouvons en déduire, en tant que consommateurs ?

Déroulé de l'article :

 

Les résultats de l'enquête menée par Santé Publique France

Essayons de comprendre les résultats de cette étude réalisée par Santé Publique France en partenariat avec l'INRAE. L'enquête s'intéresse à la corrélation entre le Nutri-Score et le prix de vente des produits, partant des résultats d'une précédente étude qui fait ressortir une perception des consommateurs.

En effet, une précédente étude faisait le constat que les consommateurs avaient l'impression que les produits arborant un meilleur Nutri-Score (A et B) étaient généralement vendus plus cher que ceux ayant un Nutri-Score élevé (C à E).

Autrement dit, les produits ayant de bonnes qualités nutritionnelles sont vendus plus cher que les aliments trop gras, trop salés ou trop sucrés et in fine : bien manger coûte plus cher. Mais en science, on ne peut pas travailler uniquement sur une impression, une perception qui peut être subjective.

Le sujet de cette enquête était donc de vérifier si cette perception des consommateurs se vérifiait. Pour se faire ils ont relevé les prix de près de 28.000 produits dans différentes catégories d'aliments et de boissons, puis les ont comparés sur la base de leur Nutri-Score (qu'il soit affiché ou caché).

Hors, les résultats ne permettent pas de confirmer l'impression générale dominante. Si pour certaines catégories de produits les références ayant un Nutri-Score bas (A ou B) sont effectivement plus onéreux que ceux classés D ou E, c'est l'inverse pour d'autres catégories de produits comme par exemple les yaourts ou les sauces tomates cuisinées.

Sur d'autres catégories de produits il n'y a pas de différence significative de prix en fonction de la note Nutri-Score des références. Autrement dit, tous les cas existent et il n'y a pas de généralisation permettant d'affirmer que le prix des produits bien notés est plus élevé que ceux étant moins bien notés. Par exemple, les pains de mie ayant un Nutri-Socre A ou B sont plus chers, mais c'est l'inverse pour les biscottes car les mal notées sont plus onéreuses.

Il y a par contre un autre constat intéressant qui ressort de cette enquête : les marques refusant d'afficher le Nutri-Score sont dans la majorité des cas plus onéreuses que celles qui l'affichent. C'est en partie dû au fait que si les marques distributeurs se sont engagées dans la transparence, bien des marques nationales refusent toujours d'afficher le Nutri-Score.

Alors pour faire des économies et mieux manger, le principal constat qui ressort de cette étude est qu'il vaut mieux éviter les marques qui cherchent à cacher le Nutri-Score de leurs produits et font le choix de ne pas l'afficher !

👉 Consulter l'enquête de Santé Publique France

Exemples de produits affichant le Nutri-Score, toutes marques confondu © Tests et Bons Plans

Exemples de produits affichant le Nutri-Score, toutes marques confondu © Tests et Bons Plans

Des résultats à nuancer, qui s'appliquent aux produits transformés

Il faut néanmoins nuancer les résultats de cette étude, car elle s'intéresse uniquement aux produits transformés, mais pas du tout aux matières premières brutes qui servent à cuisiner : fruits et légumes, huiles, farines, légumes secs, viandes, œufs, poissons, etc...

C'est assez logique puisque pour ça que le Nutri-Score a été conçu : comparer des produits transformés d'une même famille sur une base commune de 100 grammes, n'en déplaise aux "hooligans" du Nutri-Score à la portion qui permettrait aux industriels de tricher (et empêcherait les consommateurs de comparer).

L'étude de Santé Publique France parue en 2026, concerne des relevés réalisés entre 2020 et 2023. Hors depuis, la méthode de calcul du Nutri-Score a évoluée à deux reprises : en septembre 2022 puis à nouveau en avril 2025 après un an de blocage par la ministre de l'agriculture, comme évoqué dans nos articles de l'époque.

Comme nos autorités sont très généreuses sur le délai de mise en place des changements de calculs (2 ans) sur les emballages des produits, la plupart des Nutri-Score affichés actuellement sont toujours calculés avec l'ancienne méthode de 2022 alors qu'elle a changée il y a plus d'un an déjà.

Alors pourquoi faire paraître une étude en 2026 qui concerne des données qui datent de plus de trois ans et sont basées sur l'étude du Nutri-Score ? Nos autorités ne savent elles pas que la méthode de calcul a largement évoluée depuis ? C'est un mystère, même si le constat est sans doute toujours valable (mais non confirmé).

Hors les fruits et légumes, les farines ou les sucres, les huiles végétales et autres produits bruts affichent aussi le Nutri-Score pour certains, mais a t-il une influence sur le prix de vente ? Sans doute bien plus puisque leur prix dépend principalement de la qualité des matières premières : huile d'olives AOP contre olives importées, sucre Bio contre sucre cultivé avec des néonicotinoïdes, etc...

Néanmoins les marques de distributeur vendent elles aussi des produits Bio, des produits issus du commerce équitable et elles sont toujours moins chères. C'est donc surtout parce que vous ne payez pas la publicité et le marketing qui servent à promouvoir les marques (multi)nationales, plus qu'une différence de qualité entre la marque nationale et la marque distributeur.

Dans ce domaine, pour mieux manger et payer son alimentation au prix juste, il n'y a que deux juges de paix : comparer les prix au litre ou au kilo d'un côté, et regarder la liste d'ingrédients de l'autre (la provenance a aussi son importance). Autrement dit, un consommateur averti va toujours chercher le meilleur rapport qualité-prix !

Plus d'actualités pour consommer malin au quotidien

Retour à l'accueil
Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article