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Nous vous faisons découvrir notre petit espace de jardinage, idéal pour une terrasse ou un balcon, que nous avons transformé au fil des années en une permaculture de ville. Comment optimiser un petit espace non destiné au jardinage en culture pérenne et le plus autonome possible, qui ne coûte pas cher et permet de faire pousser des herbes aromatiques, des fruits et des légumes ?
Il y a deux aspects, le matériel bien entendu mais aussi toute la partie de quelles sont les plantes les mieux adaptées à ce type de culture, comment adapter un petit espace et l'optimiser ? Nous y travaillons depuis plusieurs années, alors nous vous expliquons ce que nous avons fait et comment notre permaculture a évoluée au fil des années.
Déroulé de l'article :
Plutôt que d'écrire un nouvel article généraliste qui évoque tout ce qu'il faudrait faire, j'innove en vous présentant mon installation de petite permaculture maison. Les titres évoquent un « balcon » car c'est plus évocateur qu'une « terrasse » dont les dimensions peuvent énormément varier, mais la pratique convient aux deux.
Je n'ai d'ailleurs pas de balcon mais une petite terrasse carrelée et une petite véranda, comme vous pourrez le constater sur les photos de notre petit guide. Mais peu importe, ça fonctionne dans tous les cas. Il suffit ensuite d'adapter sa culture en fonction de l'espace disponible et de ce que l'on souhaite en faire.
Car l'idée, plutôt que de lister le matériel est de vous expliquer comment j'ai procédé, pas en achetant tout du jour au lendemain, mais au contraire au fur et à mesure. Mais aussi et surtout, d'évoquer les plantes adaptées à ce type de cultures en ville, celles qui s'y prêtent bien et celles que j'ai essayé mais n'ont rien donné.
Bref, nous allons donc essayer d'aborder le sujet à travers mon expérience : quel équipement j'ai choisi et pourquoi, mais aussi (et surtout) toutes les variétés essayées pour écarter celles qui n'ont rien donné et vous faire découvrir celles qui se plaisent dans cet environnement.
Avant, quelques mots tout de même pour évoquer le but recherché : faire une permaculture sur un petit espace, un balcon ou bien encore une terrasse. Le principe de la permaculture est de concevoir un espace de cultures autonomes.
Pour y arriver il faut donc arriver à créer un espace qui tend au maximum vers l'autosuffisance : autonomie en eau et en engrais naturels, sélectionner des espèces adaptées à ces conditions, etc... Encore une fois c'est un objectif à long terme, pas quelque chose qu'on installe en 48 heures même si l'objectif est justement de vous aider à gagner du temps.
Car pour celles et ceux qui ont les moyens, rien n'empêche bien entendu de tout installer dès le début, pour les autres comme nous ça se fait petit à petit, en apprenant de ses erreurs et en investissant au fur et à mesure, en fonction de son budget.
Passons au concret, mon installation est composée de trois parties : une jardinière sur pieds, 4 pots de grande dimension au sol et quelques jardinières de table sur un meuble sous la véranda. À moduler bien entendu en fonction de votre espace, sur un balcon ce sera peut-être une jardinière sur pieds, 2 pots au sol seulement et trois jardinières suspendues à la rambarde.
Car bien entendu, créer un espace de jardinage commence par l'achat de contenants pour y mettre du terreau et faire pousser des plantes (ajoutez des billes d'argile au fond). Pensez aux sous-pots même si d'autres options existent, comme les clayettes par exemple mais là encore c'est aussi une histoire d'adaptation (nous sommes en train de tester justement).
Notre terrasse peut-être lavée à grande eau avec balai-brosse et raclette, ce qui n'est peut-être pas le cas d'un balcon au troisième étage d'un immeuble. Il faut penser praticité, mais aussi réservoir d'eau pour les plantes en plein été, nous y reviendrons.
Vous avez aussi évidemment besoin de quelques outils basiques : un sécateur, une petite pelle, un petit râteau, une mini pioche et/ou un semoir, un arrosoir. Pour la plupart des pratiques, vos mains et une carafe peuvent aussi faire l'affaire pour commencer, mais c'est quand même mieux d'avoir quelques équipements adaptés.
Ensuite on va planter des graines, ou acheter des plants éventuellement : des herbes aromatiques, des fruits et/ou des légumes voir éventuellement des fleurs mais notre installation est exclusivement dédiée aux plantes comestibles. Nous y reviendrons ensuite, avant terminons de parler matériel.
Ça c'est la base du jardinage mais n'est pas de la permaculture, pour transformer un petit jardin en permaculture, il faut ensuite tendre vers l'autonomie. De quoi ont besoin les plantes pour pousser ? Du soleil bien sûr, c'est gratuit et il y en a partout, même si l'exposition aura une incidence en fonction de la région et des espèces de plantes.
Les plantes ont aussi besoin d'eau, alors au début celle du robinet fait l'affaire mais pour faire une permaculture, l'idée est ensuite d'installer un récupérateur d'eau de pluie (ou plusieurs) que l'on utilise pour les arroser. C'est plus simple sur une terrasse qu'un balcon, on fait comme on peut.
Les pots sur un balcon ou une terrasse ont peu de réserves et les plantes peuvent vite manquer d'eau ou prendre un coup de chaud, nous avons donc installé des oyas dans nos pots afin qu'ils aient de l'eau au pied qui ne s'évapore pas en plein été, et nous permet de partir une semaine en vacances sans retrouver nos plantes crevées au retour.
Pour les aider à grandir, les plantes ont aussi besoin de nutriments. Il faut donc éviter d'acheter des engrais du commerce et dans le cas d'une installation de balcon ou de terrasse, avoir un compost adapté. Dans ce cas l'option que j'ai choisi et la mieux adaptée est le composteur bokashi qui permet de transformer les déchets de cuisine en engrais liquide et en compost d'amendement.
Pour résumer on a des pots ou jardinières avec de la terre, des plantes qui poussent dedans et des installations qui permettent de les alimenter en eau et en nutriments, c'est aussi simple que ça. L'idée est qu'une fois acheté tout ça, ça ne vous coûte plus rien, en tous cas le moins possible et ce qui pousse fait ça de moins à acheter.
Mais justement c'est là que ça se complique, on cultive quoi dans nos petites jardinières ou nos pots ? J'ai fait de nombreux essais depuis une dizaine d'années, mais c'est au final le plus compliqué à trouver, le mieux pour optimiser de petits espaces de culture est d'avoir au moins une partie de plantes dites « perpétuelles ».
C'est à dire des plantes qui repoussent d'une année sur l'autre toutes seules, ça évite de devoir acheter des graines ou des plants tous les ans, de s'occuper des périodes de semis, de leur germination, etc...
Elles permettent aussi d'avoir une production plus tôt, dès la fin de l'hiver et jusqu'en fin d'automne, alors que les plantes que l'on re-sème chaque année produisent plus tard, en été et à l'automne. Les photos ci-dessous ont été prises début avril, il y a déjà des épinards, des fraises en formation, etc... Alors que les semis pour l'été sont à peine plantés (et pas tous encore).
Hors ma première idée était de faire une plantation d'été puis de la remplacer par une autre en hiver. Alors l'été, pas de soucis vous pouvez sur un balcon ou une terrasse planter pleins de fruits, d'herbes et de légumes, ils poussent sans problèmes. Mais pour que vos pots ne restent pas désespérément vides et tristes tout l'hiver, c'est plus compliqué.
J'ai testé des salades d'hiver, des choux et crucifères, des épinards 4 saisons, etc... En vérité, si ça démarre bien en début d'hiver, ça stagne ensuite en plein hiver et ils repartent au printemps, quand vous voulez récupérer l'espace pour vos fruits et légumes d'été.
J'ai donc commencé à m'intéresser aux plantes comestibles perpétuelles, il en existe dans chaque catégorie et leur ai réservé ma jardinière haute. Pour deux raisons, même si c'est en volume celle qui dispose de plus de terre, elle est exposée plein sud au soleil et les plantes manquent vite d'eau.
Les plantes perpétuelles sont plus robustes et s'y adaptent mieux, c'est donc là que je les ai installées. Vous pouvez y voir des fruits (fraises), des légumes (épinards et une feuille de chêne) mais aussi des herbes aromatiques (persil et oignon).
J'ai également des petits pots avec d'autres herbes aromatiques, de la menthe et de la ciboulette qui elles aussi repartent toutes seuls en fin d'hiver. C'est d'ailleurs un conseil utile, la menthe et le persil sont des plantes invasives, si vous le pouvez mieux vaut les mettre en pots individuels pour éviter qu'elles ne gagnent tout l'espace de culture.
Ce n'est pas le cas de la ciboulette, qui dans mon cas s'est retrouvée là quand j'ai changé le tissu géotextile de ma grande jardinière et le terreau il y a quelques années. Notamment car un pied de romarin avait fait des racines sur toute la surface. Le persil a aussi cette tendance à s'étendre, mais j'arrache les nouveaux pieds au fur et à mesure pour qu'il reste dans son coin.
Le reste, même si j'ai quelques idées pour la suite avec de nouvelles plantes éternelles à essayer, est dédié à la culture d'été : des tomates dans les gros pots ronds avec oyas, des haricots-verts et quelques salades dans les jardinières de table sous la véranda. Enfin cette année j'essaie des petits-pois, ce sont les pousses que vous verrez sur les photos ci-dessous.
Libre à vous d'y mettre ce que vous voulez en fonction de vos goûts (des radis par exemple), encore une fois l'été tout ou presque pousse bien, la seule limite est l'espace disponible. Tout ce qui va être courgettes et assimilés prend beaucoup de place et est mieux en pleine terre dans un jardin, il existe par contre des pieds de légumes nains en haricots verts ou petit-pois (les pieds sont petits mais les légumes de taille normale) ainsi que des variétés de carottes moins longues qui sont adaptés à la culture en pots.
J'ai essayé aussi des poivrons, des aubergines, des carottes et quelques autres légumes, mais qui ne se sont pas bien adaptés ou n'ont pas donné beaucoup de fruits (enfin de légumes). N'ayant que 4 pots, j'y met 4 pieds de tomates : un ou deux pots de tomates cerises en avril puis des tomates dans les autres en mai, ce qui permet d'étaler la récolte du début d'été à la fin de l'automne.
Voilà donc pour ce qui fonctionne et ne fonctionne pas chez moi, si votre installation est similaire ça devrait vous aider à y voir plus clair. Mais ce sera à vous ensuite de faire des essais et d'une année à l'autre de voir ce qui fonctionne ou non, de choisir des plantes qui consomment moins d'eau pour les pots exposés plein soleil.
Par exemple, les tomates se plaisent à l'ombre mais pas en plein soleil, c'est d'ailleurs le cas de la plupart des fruits et légumes d'été. C'est la raison pour laquelle j'ai installé les plantes perpétuelles à cet endroit, afin de réserver les espaces plus ombragés aux cultures moins résistantes.
C'est là qu'il faut prendre en compte la région, on ne va pas cultiver les mêmes espèces dans le nord que dans le sud (nous habitons en région Centre-Val de Loire) et l'exposition de votre balcon ou terrasse (la nôtre est plein sud) pour choisir les espèces qui seront les mieux adaptées aux conditions.
Vous pouvez comme nous réserver une partie consacrée aux cultures d'été, mais aussi tout passer en plantes perpétuelles. Nous avons déjà évoqué celles que nous avons plantées chez nous, pour la plupart assez simples à trouver : épinards, feuille de chêne, fraises, persil, ciboulette et menthe.
Il en existe d'autres qui sont adaptées, je pense pour ce qui est des fruits par exemple dans les plus gros pots à la rhubarbe, à des framboisiers ou aux arbustes persistants comme le cassis, les groseilles ou les myrtilles, voir des citrons si vous habitez le sud de la France.
Du côté des légumes il existe des tubercules comme les crosnes, les topinambours ou le Yacon et des plantes comestibles tel que l'artichaud ou les asperges sauvages par exemple. Même chose côté herbes aromatiques, vous pouvez par exemple cultiver du thym, du romarin (invasif) ou de l'origan.
Il y a aussi des choses toutes bêtes, par exemple un oignon qui a commencé à pourrir, vous le mettez dans un pot de terre et il fait des tiges qui se mangent comme la ciboulette (et repoussent même l'année suivante). J'ai testé ça l'an dernier et les pousses sont reparties toutes seules début mars.
Mais il en existe pleins d'autres, c'est ensuite plus une histoire d'opportunités et de recherches qui va limiter les possibilités car il existe des dizaines de variétés de plantes perpétuelles (et de fleurs aussi).
Car le plus difficile au final est de trouver des plantes perpétuelles, que l'on n'achète pas facilement en jardineries, ces dernières ont plutôt intérêt à vous vendre de nouveaux plants chaque printemps. Ce sont plutôt des graines de type paysannes qu'il faut prendre le temps de chercher, on vous aide dans nos conseils pour terminer.
un balcon, une terrasse ou une véranda suffisent pour jardiner © Christophe Gatay / Tests et Bons Plans
J'ai la chance que mes parents aient un grand jardin et soient aux aussi des jardiniers amateurs, ce sont eux qui m'ont fourni trois fraisiers, qui se sont multipliés (ils ne sont pas tous sur nos photos). Même chose pour les épinards et la menthe ou encore la feuille de chêne qui a poussée par hasard au milieu des fraisiers et j'espère se multipliera aussi dans les années à venir.
Vous pouvez trouver des graines ou des plants soit par le biais de bourses d'échanges, par connaissances, ou bien en cherchant des pépiniéristes qui en proposent (ou parfois une ferme). Un travail de recherche qui se fait au niveau local et pour lequel nous ne pouvons malheureusement pas vous aider.
Sur internet, quelques sites proposent des variétés spécifiques, c'est le cas de Terre Vivante qui vous permettra de trouver des graines : ciboule, épinards, feuille de chêne, etc... Il m'est aussi arrivé de croiser des pépiniéristes sur la place de marché Cocote, un site dédié aux boutiques de proximité (donc là aussi à voir au niveau local).
Une autre option consiste à récupérer quelques plantes comestibles dans la nature et de les replanter chez soi. Encore une fois c'est une question de recherches, d'adaptation et d'opportunités pour essayer petit à petit de trouver les plantes qui composent votre permaculture et pouvez compléter avec des plantes saisonnières.
Vous savez tout, il ne reste plus qu'à se lancer et à faire évoluer votre espace de culture au fil des saisons et des années. Le mien n'est pas encore complet, il me manque notamment des récupérateurs d'eau et quelques petites oyas pour la jardinière. J'aimerai également changer tous les pots en plastique par d'autres en matériaux plus durables et naturels.
Si votre budget le permet vous pouvez investir dans tout le matériel dès le début, ou vous équiper petit à petit, les anniversaires ou les fêtes de fin d'année sont l'occasion de s'en faire offrir une partie en cadeaux par exemple.
C'est exactement ce que j'ai fait, j'ai commencé juste avec la grande jardinière sur pieds puis acheté les années suivantes quelques gros pots. Quand j'ai changé de bureau j'ai transformé l'ancien et l'ai installé sous la véranda (le meuble blanc) et mis des jardinières dessus, etc...
Je me suis fait offrir le composteur bokashi et les petits outils de jardinage par mes proches pour Noël, fait de la récupération aussi pour certains pots et récupéré dans la nature des tiges de bambou pour faire des tuteurs, etc... Au final une permaculture n'est pas destinée à être figée, mais au contraire à évoluer dans le temps en fonction de vos envies !
Chacun a sa philosophie, ses fruits et légumes mais aussi ses herbes aromatiques préférées. J'essaie aussi de regarder les prix, c'est parfois plus rentable d'acheter des carottes ou des haricots-verts en magasin que d'en faire pousser quand on a un espace réduit, alors que les fraises ou des framboises ne sont pas données même en pleine saison.