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Il y a quelques semaines, j'ai fait des recherches pour choisir de nouveaux oreillers. Ayant été estomaqué par le marketing dont font preuve les fabricants pour essayer de se démarquer, nous en avons conclu qu'il serait utile d'aider les consommateurs à faire le tri entre les éléments utiles et les mentions trompeuses.
Alors plongeons la tête dans l'oreiller pour comprendre quels sont les éléments importants à vérifier avant d'acheter, décrypter les affichages marketing et les promesses douteuses, afin de faire le bon choix. Un choix basé sur des éléments fiables et non biaisés, pour ne plus se faire avoir par des pratiques à la limite de l'illégalité.
Déroulé de l'article :
Avant de voir les techniques de vente imaginées par les vendeurs pour essayer de se démarquer des autres, commençons déjà par voir les différents types d'oreillers, leurs formes et formats, les matériaux pour choisir des oreillers adaptés à vos attentes.
Il y a plusieurs aspects (autres que le prix) à prendre en compte pour faire bien choisir, à commencer bien entendu par le format : carré ou rectangulaires, ça dépend de vos habitudes et des taies d'oreillers que vous avez déjà. Choisir des oreillers en 60 x 60 cm si vos parures de draps ont des taies d'oreillers en 40 x 80 cm risque de poser un petit problème.
Hors, il existe de nombreux formats d'oreillers : 40 x 40 cm – 50 x 50 cm – 60 x 60 cm (carrés), 30 x 50 cm – 40 x 80 cm – 50 x 70 cm (rectangulaires). Ce n'est pas une liste exhaustive, juste quelques exemples et donc la première case de sa liste à cocher, à moins de renouveler ses parures de lit en même temps.
Une fois le format vérifié, il faut s'intéresser à la "dureté" de l'oreiller, comme pour un matelas il existe plusieurs densités et chacun peut avoir ses propres préférences en la matière. Nous avons trouvé 4 différents types d'oreillers : moelleux (650 à 750 grammes), médium (750 à 850 grammes), ferme ou très ferme (900 grammes et plus).
Mais la densité d'un oreiller dépend de deux choses : le type de matériau qui est utilisé pour son rembourrage, et la quantité de ce dernier (grammage). Ce choix nous amène donc à notre troisième aspect important, les matériaux utilisés. C'est également celui qui influence le plus le prix d'un oreiller.
Il existe dans ce domaine deux grandes familles : les oreillers en matières naturelles qui ont bien souvent une enveloppe en coton et un rembourrage en plumes, les oreillers en matières synthétiques qui sont en toute ou partie fabriqués en polyester (matière plastique dérivée du pétrole).
De nos jours, des alternatives existent néanmoins : de la fibre de bambou, de la mousse, du latex, etc... Mais on trouve également des mélanges, avec des housses qui peuvent par exemple utiliser un mélange de polyester (65%) et de coton (35%). Hors c'est bien souvent de ces alternatives que découlent des mentions trompeuses, nous les décrypterons juste après.
Le quatrième et dernier aspect à regarder, c'est le lieu de fabrication puisque nous avons la chance d'avoir encore en France quelques usines et marques qui confectionnent des oreillers. Faire importer des oreillers de Chine pour économiser 10€ est-il bien raisonnable à notre époque ? Chacun(e) se fera son propre avis, nous essaierons d'apporter des réponses en fin d'article.
Les marques d'oreillers jouent sur plusieurs cordes sensibles pour tenter de se démarquer, en premier lieu desquelles le confort bien entendu. Problème, tous les oreillers vantent être ultra confortables et optimisés pour vous offrir de bonnes nuits de sommeil. Ils sont tous hygiéniques (encore heureux) et respirant, alors comment faire pour les différencier ?
La mention « qualité hôtelière » largement utilisée ne correspond à absolument aucune norme, elle ne garantit ni un confort accru, ni une meilleure longévité. C'est typiquement du marketing, bien souvent d'ailleurs utilisé pour essayer de masquer une qualité faible et rassurer le client potentiel. Pour se démarquer, certains vont encore plus loin, indiquant « qualité hôtelière de Luxe ».
Il en est de même pour les allégations de type « soutien optimal » ou « soutien cervical » ainsi que tout ce qui va être « confort ferme » ou « mémoire de forme ». On trouve désormais aussi des mentions « anti acariens » ou « hypoallergénique », aucune de ces mentions n'étant réglementée, elles n'ont aucun intérêt pour les consommateurs !
Le même fabricant peut d'ailleurs vanter le confort du synthétique technique et hypoallergénique sur un oreiller et sur un autre un garnissage naturel, léger et enveloppant de la plume. Pour les vendeurs, ils sont tous parfaits du moment que vous les achetez.
Comme sur les boites de chocolats en supermarché pour les fêtes, certains inventent des noms ronflants : oreiller Meribel, Noffa, Taïga, etc... Tout ça n'a bien entendu aucune valeur non plus, est-il besoin de la préciser ? Qu'en est-il des "oreillers ergonomiques" en mousse à mémoire de forme ou en latex ? N'étant pas spécialistes, nous nous garderons de vous conseiller.
Nous avons remarqué que de nombreuses marques en font des caisses sur l'aspect durable et écologique, nous avons par exemple vu des oreillers de marque française vanter du « 100% élaboré avec des matériaux écologiques ».
Alors il est vrai que c'est mieux que des oreillers bas de gamme Made in China, puisque dans ce cas il s'agit d'une housse en coton Bio certifié OKEO-TEX avec un rembourrage en polyester recyclé. Sauf que ça reste du pétrole et la culture de coton (même Bio) est particulièrement gourmande en eau, donc pour ces raisons que la mention est pour le moins douteuse.
Le polyester recyclé est généralement fabriqué à partir de chutes de tissus et du plastique post consommation, autrement dit les fameuses bouteilles en plastique (PET) de la discorde pour lesquelles nous devrons bientôt payer une consigne de recyclage. Nous avons déjà évoqué cette très mauvaise idée du gouvernement français et des dirigeants européens dans un précédent article.
Bref, ce polyester très fréquent dans les oreillers peut prendre différents noms pour essayer de cacher son origine polluante comme « fibres creuses » ou « fibres siliconées ». Les fabricants tentent aussi souvent de cacher l'origine des matières premières en inventant des technologies maison : CertiPur, Climarelle, Thermolite Ultra, Volupt'Air, etc...
Attention aussi aux mélanges de tissus qui peuvent faire l'objet de mentions trompeuses comme « percale » que l'on va retrouver autant sur des enveloppes 100% coton que sur des mélanges principalement composés de polyester. Vous trouverez plus d'infos sur l'impact environnemental des tissus sur le site de Que Choisir.
Enfin et comme pour les autres catégories de produits, la literie est victime d'une forte proportion de mentions de frenchwashing (ou francolavage) pour tenter de cacher le lieu réel de production et laisser croire à une fabrication française.
C'est d'autant plus insidieux que certaines marques fabriquent réellement une partie de leur gamme en France (haut de gamme), mais en fait produire une autre en Asie (entrée de gamme). La seule technique pour les reconnaitre, c'est de regarder les mots exacts utilisés.
Mieux vaut chercher les mentions « Fabriqué en France » ou « Made in France » qui répondent à des critères précis, même si peu ambitieux et que personne ne contrôle vraiment. Tout ce qui est « conçu – designé - confectionné » par contre n'a aucune valeur, c'est au contraire le signal d'une fabrication à l'étranger.
Nous avons par exemple vu une mention « créé par une entreprise française », mais sans apporter plus de détails, ce qui ne garantit absolument pas que la fabrication a bien été faite sur notre territoire. Créer un design d'oreiller dans un bureau à paris et en confier la confection à une usine en Chine, ça n'en fait pas un oreiller Made in France.
Pour bien acheter des oreillers il faut donc lire les descriptions, et comme souvent s'intéresser aux informations manquantes plus qu'aux éléments de marketing : le matériau de rembourrage est il clairement indiqué, le lieu de fabrication est il bien identifiable, l'oreiller répond il aux normes européennes (marquage CE) ?
Si des informations sont cachées ou floues, mieux vaut continuer à chercher. La plupart des mentions ne correspondent à aucune réglementation, elles n'apportent donc aucunes garanties et ne sont que du marketing fondé sur rien, leur seul et unique objectif est de vous inciter à l'achat.
Pour bien choisir il faut s'intéresser à leur composition et ne pas se laisser avoir par de jolis noms qui cachent la vraie nature du rembourrage, vous avez à faire dans 99% des cas à du polyester, donc du pétrole. Il n'existe pas 50 sortes de rembourrage : le plus souvent c'est soit des plumes d'animaux, soit du plastique (polyester) même si certains fabricants développent des rembourrages en mousse, en latex ou en fibres de bambou.
Pour le tissu qui enveloppe le rembourrage, c'est la même chose avec principalement du coton ou du polyester, mais aussi parfois des mélanges (et en moindre mesure d'autres matériaux comme le lin ou de la viscose). Attention à la mention "percale" souvent employée abusivement, et aux autres laissant penser à une qualité supérieure sans en apporter la preuve.
Certains labels apportent de vraies garanties : OKEO-TEX pour le coton, écolabel européen ou encore Origine France Garantie. Le logo et les mentions « Fabriqué en France » dans une moindre mesure aussi, car ils répondent à une réglementation mais leur utilisation est très peu contrôlée.
Les normes sont également importantes dans ce domaine, outre le marquage CE mieux vaut vérifier notamment que les oreillers répondent à la norme EN ISO 12952 (résistance à la combustion). Le lieu de fabrication a son importance aussi, les oreillers Made in France ne coûtent pas plus cher que ceux qui sont fabriqués en Asie, à qualité égale car par contre nos fabricants ne peuvent pas luter contre les lots de 4 oreillers Made in China vendus 10€.
Mais on achète pas de nouveaux oreillers tous les 3 mois, c'est un investissement pour 2 ou 3 ans et donc mettre 10€ de plus pour s'assurer de dormir dans un oreiller qui répond aux normes, qui ne soit pas plein de produits chimiques et qui sera confortable, ça a du sens.
Au final, la seule chose qui soit « gonflant » quand on essaie de choisir un oreiller, c'est le marketing intense qui les entoure. Mieux vaut se baser sur des informations fiables pour les comparer, sinon vous risquez d'être déçu de votre achat et aurez deux options : en acheter d'autres, ou supporter des oreillers de mauvaise qualité les années suivantes.