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Nous venons de découvrir l'existence d'une entreprise française qui révolutionne la technologie de traçage publicitaire en ligne, élaborée et soutenue par les opérateurs de téléphonie et fournisseurs d'accès internet, qui semble faire beaucoup parler d'elle ces derniers jours.
Alors pour celles et ceux qui, comme nous, découvrent UTIQ et sa toute nouvelle super technologie conçue pour vous abreuver de publicités ciblées, partons à sa découverte pour comprendre en quoi ça consiste (et si il est possible de s'y opposer).
Déroulé de l'article :
Ne laissons pas planer de faux suspense, vous connaissez déjà la maison et sinon allez vite comprendre quelle est notre position sur ces sujets, nous ne sommes pas ravis de cette découverte. Il se trouve que nous avons pris connaissance de l'existence de cette entreprise dans la presse.
UTIQ propose une nouvelle technologie qui permet de récupérer les données personnelles des internautes et de suivre leur moindre clic en ligne grâce à un partenariat avec les opérateurs français : Bouygues, Free, Orange et SFR (tant que ça existe).
Il semble que cette société fasse beaucoup parler d'elle ces derniers jours, sur les réseaux sociaux que nous avons désertés (vous pouvez néanmoins y trouver nos articles) et sur des médias payants que nous ne consultons plus ne souhaitant pas accepter leurs conditions (tu t'abonne, ou on fait ce qu'on veut avec tes données personnelles). Car le premier enseignement, même si ça ne nous surprend pas, c'est que les premiers à sauter sur l'occasion sont les grands médias français.
Tous ceux que nous avons déjà eu l'occasion de dénoncer et qui n'hésitent pas à rentrer dans ces combines dès qu'il y a un petit billet à se faire : BFM et RTL (qui appartiennent au milliardaire Rodolphe Saadé), Les Echos (qui appartient au milliardaire Bernard Arnaud), Voici (qui appartient au milliardaire Vincent Bolloré), Le Figaro (qui appartient au groupe Dassault), etc...
Mais aussi semble t-il les sites du groupe Webedia (Marmiton, AlloCiné, 750g, etc...), Numerama (groupe Crédit Mutuel) et sans doute des centaines d'autres sites à venir prochainement. Plus étonnant par contre, il semble que le service public aussi ai cédé aux sirènes de l'argent facile, puisque selon Franceinfo, le site FranceTV aussi utilise la technologie.
Vous connaissez sans doute le dicton « ne faites pas aux autres ce que vous n'aimeriez pas qu'on vous fasse », nous ne sommes plus beaucoup à l'appliquer malheureusement. Quand les régies publicitaires Criteo et Taboola ont été condamnées par la justice pour avoir diffusé des annonces trompeuses (contenus sponsorisés), combien de médias ont arrêté de les afficher ? Aucun !
Bref, le monde merveilleux des médias mainstream que nous n'aimons pas beaucoup et nous encourage à proposer une alternative indépendante, axée sur notre propre expérience de citoyens et de consommateurs, plutôt qu'une formation de journaliste dont le salaire est ensuite payé par la publicité.
Ce qu'ils oublient de vous préciser par contre, c'est que ces fenêtres pop-up ne sont pas apparues comme par magie sur leurs sites. Nous ne connaissons pas les détails de l'arrangement, mais il est évident que tous ces sites sont rémunérés pour recueillir le consentement des internautes au profit de UTIQ.
La société compile et utilise donc ensuite les données personnelles des français, avec la complicité des opérateurs de téléphonie au passage, pour proposer des services de ciblage publicitaire payants à d'autres entreprises. Soit des régies publicitaires, soit peut-être directement aux marques, sites de vente en ligne, fournisseurs en tous genres, etc... Nous ne connaissons pas les détails.
Certes et comme c'est d'ailleurs indiqué dans l'article de Franceinfo qui pour une fois respecte des points de vue contradictoires (bravooo), il n'y a rien d'illégal à partir du moment ou ils arrivent à recueillir le consentement des internautes dans le respect de la réglementation RGPD.
C'est d'ailleurs exactement à quoi servent les partenariats avec tous ces sites médiatiques qui sont grassement rémunérés pour recueillir votre consentement. Certains d'entre eux en profitent même une seconde fois plus tard, quand des annonceurs paient pour y afficher leurs publicités ciblées. Deux fois plus de bénéfices, c'est des actionnaires deux fois plus contents.
Mais jusque là finalement, c'est un changement de technologie qui était annoncé et n'a rien de bien étonnant. Tous ces médias et des centaines d'entreprises spécialisées dans le marketing s'enrichissent grâce à l'exploitation commerciale faite de nos données personnelles depuis longtemps. Ce qui l'est par contre, c'est la réponse faite par l'Union Européenne pour justifier son accord.
Car pour justifier cette nouvelle technologie, Bruxelles évoque « une réponse à la baisse des taux de consentement et une défiance généralisée au sujet de la publicité ». Autrement dit : si les européens s'opposent à la publicité sur internet, l'Europe autorisera de nouvelles technologies pour qu'ils y soient exposés quand même !
Le projet est présenté comme une alternative européenne au quasi-monopole des Gafam, mais aussi en réponse à la baisse des taux de consentement et une défiance généralisée au sujet de la publicité sur internet.
Alors nous ne sommes pas certains que ce soit très respectueux du RGPD ça, le consentement au final que vous le donniez ou non, peu importe. Car rien ne doit venir s'opposer au règne du marketing et de l'internet business où tout doit être axé uniquement sur la recherche des profits.
Voilà qui nous rappelle donc notre précédent article sur l'arnaque de l'intérêt légitime, un cheval de Troie dans la réglementation européenne RGPD qui permet de vous faire accepter le traçage publicitaire même quand vous refusez les cookies. L'Europe est redoutablement efficace quand il s'agit de protéger les intérêts privés de certaines entreprises.
Car il faut savoir que la Commission Européenne a aussi infligé à Google il y a quelques semaines une amende pour concurrence déloyale, parmi les reproches : « avoir pénalisé les médias qui diffusent trop de contenus promotionnels ». Hors tous ces "contenus promotionnels" ce sont souvent des articles sponsorisés, des fausses promotions, etc... En d'autres termes, de la publicité déguisée (et parfois illégale d'ailleurs).
👉 À lire : des écrans publicitaires hors de contrôle
? La liste des sites français qui utilisent Utiq pour du tracking publicitaire invasif via votre IP, en lien direct avec Orange, SFR et Bouygues.
— Christophe Boutry (@Ced_haurus) May 27, 2026
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Chacun(e) en pensera ce qu'il veut et de toute façon, à moins de vivre en dehors de ce système (ce qui n'est pas évident), sera d'une manière ou d'une autre espionné, catalogué et inondé de publicités pour que l'argent continue d'irriguer ce cercle vicieux qu'est devenu l'internet moderne.
Pour nous, c'est encore pire que les cookies car avec cette nouvelle technologie, vous n'avez plus aucun moyen de vous protéger : mode incognito inutile, vider son cache inutile, changer de navigateur inutile. Toutes les données remontent directement par vos opérateurs de FAI (fournisseur d'accès à internet) et de téléphonie.
Pire encore, vous pouvez retirer votre consentement sur le site de UTIQ mais il semble d'après l'article de Franceinfo que ce soit limité à un an, vous devrez donc revenir retirer votre consentement une fois par an si vous ne voulez pas être suivis à la trace par UTIQ partout et tout le temps : sur votre ordinateur, votre smartphone, votre tablette, etc...
Enfin si vous y arrivez car selon le consultant en cybersécurité Christophe Boutry (qui liste les médias déjà concernés dans le post X ci-dessus), ce n'est pas si simple. Comme par hasard, le site bug quand vous voulez accéder à la page qui permet de retirer son consentement. Il n'y a pas à dire, c'est quand même beau la technologie.