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Tribune : Macron veut imposer la consigne plastique

Il y a parfois des décisions qui nous énervent au plus haut point, tellement même que nous décidons de prendre notre clavier pour les dénoncer. C'est le cas de notre président de la ''république'' qui a décidé unilatéralement que la France devait imposer par la force la consigne pour recyclage des bouteilles en plastique.

Sauf que cette idée est une des rares à faire consensus, tout le monde s'accordant à dire que c'est une aberration à tous les niveaux, à part peut-être quelques industriels qui y voient un bon moyen d'augmenter encore leurs profits. Hors, c'est là que ça ne va pas, le président est censé gouverner dans l'intérêt du peuple français, pas dans celui de quelques multinationales américaines ou suisses.

Déroulé de l'article :

 

Consigne plastique : le cadeau du président aux multinationales

Alors que la consigne du verre, au premier rang desquelles les bouteilles, a fait son retour dans le débat public et est toujours en cours d'expérimentation avec une filière qui commence à se structurer en faveur du réemploi, notre président décide de saborder les PME françaises qui se sont lancées dans cette noble entreprise.

À l'occasion de son déplacement sur le salon professionnel Reuse Economy, notre cher Emmanuel Macron n'a rien trouvé de mieux que de relancer le débat sur la consigne pour recyclage des bouteilles en plastique, une mauvaise idée qui avait été abandonnée mais qu'il souhaite semble t'il désormais vouloir imposer par la force.

Un débat que nous pensions pourtant clos, puisque tout le monde a compris que c'était une aberration totale, à tous les niveaux. Même le Sénat dominé par les forces politiques de droite, qui ne sont pas les derniers à répondre aux demandes des lobbys, avait dans un rapport de 2023 écarté cette possibilité.

Comme nous l'évoquions dans notre précédent article sur la consigne pour réemploi (verre), ce rapport du Sénat juge la consigne pour recyclage (plastique), et nous citons : « moins performant qu’il n’y paraît, le dispositif est même porteur de nombreux effets pervers environnementaux, tout en étant économiquement irrationnel, ainsi que socialement et territorialement injuste ».

Selon le chef de l'état il n'y a pas d'autres solutions que de consigner les bouteilles en plastique si l'on veut améliorer les chiffres du recyclage, qui sont en France bien loin des objectifs fixés par l'Union Européenne. La commission a fixé des objectifs de réduction à 50% en 2025 et 55% en 2030, mais la France n'à un taux de recyclage que de 26%, bien loin des autres pays européens.

La France, plus mauvaise élève d'Europe sur cet aspect, paye 1,6 milliards d'euros de pénalités chaque année pour le non respect de ses engagements du recyclage des emballages plastiques. Nous l'avions d'ailleurs révélé dans notre enquête sur la loi AGEC du mois d'avril, absolument aucun des objectifs fixés par le gouvernement n'a été rempli.

Si l'intention peut paraître louable, toutes les études démontrent que c'est principalement la collecte hors-foyer qui fait défaut, et non pas le recyclage des bouteilles au domicile des particuliers qui sont récupérées à travers les bacs jaunes dédiés à la collecte des déchets recyclables, une filière gérée par les collectivités (mairies et intercommunalités).

une ligne d'embouteillage de bouteilles d'eau en plastique © pixabay

une ligne d'embouteillage de bouteilles d'eau en plastique © pixabay

Profits pour les multinationales, surcoût pour les français

Un choix politique qui ne serait pas sans conséquences pour nous, les collectivités comme les consommateurs puisque nous payons pour la collecte des déchets recyclables, pour qu'ils soient triés puis réorientés vers les filières de recyclage.

Hors la bouteille en plastique (PET) est un des rares déchets qui soit rentable et les centres de tri ont investi dans de coûteuses installations capables de gérer leur flux, leur revente permet de financer une partie de ces coûts. Mais en consignant les bouteilles en plastique, c'est une nouvelle filière gérée par quelques multinationales des boissons en bouteilles qui récupèrera ces bénéfices.

En maîtrisant l'ensemble de la chaîne, les multinationales espèrent non seulement augmenter le prix de vente en magasin, mais aussi réduire le coût pour intégrer du plastique recyclé à leurs bouteilles. Bien entendu, le prix en magasin lui ne baissera pas et au contraire augmentera du montant de la consigne.

Au final, l'argent public investi pour que les centres de tri s'équipent ne sera jamais rentabilisé, puisque le seul déchet permettant de les financer ne le permettra plus. Les coûts du ramassage et du traitement du reste des déchets recyclables ayant moins de valeur nous reviendra à tous et toutes plus cher, ce qui fera encore inévitablement augmenter la taxe foncière.

Le chef du gouvernement en personne sonne la charge, non pas pour l'environnement, mais pour répondre à une revendication de longue date des multinationales de la bouteille en plastique : vendeurs de sodas et d'eau « soit disant » minérale en tous genres. Ce qui n'est pas pour déplaire aux plasturgistes et aux majors du pétrole, car le plastique c'est de l'or noir aussi.

Personne n'en veut, tout le monde s'accorde à dire que c'est une mauvaise idée et les trois principales associations d'élus ont fait part de leur opposition à ce projet dans Maire Info. Mais peu importe, si on peut faire un cadeau à quelques multinationales, notre grand chef manitou fonce tous azimuts quitte à passer en force, et a demandé à son gouvernement de travailler à sa mise en place !

Ce système est défendu avec acharnement, depuis des années, par les metteurs en marché, au premier rang desquels les grandes multinationales de la boisson. Pour elles, le bénéfice est évident : d’abord, le dispositif leur permettrait d’augmenter leurs prix, et donc leurs profits, parce que l’on sait d’avance qu’une partie des consommateurs ne rapportera pas les bouteilles.

Ensuite, et surtout, parce que cela leur permettrait de procéder elles-mêmes à la récupération et au recyclage des bouteilles vides en PET, dont on sait que c’est l’un des seuls déchets dont le recyclage soit réellement rentable.

Pour les collectivités, en revanche, la mise en place d’un tel dispositif serait lourd de conséquences. Notamment parce que de très nombreuses communes et intercommunalités ont lourdement investi pour moderniser leurs installations de tri en escomptant le retour sur investissement permis par le recyclage des bouteilles plastique.

Si celles-ci sortent en partie du circuit, cela aura pour conséquence immédiate de déséquilibrer profondément toute l’économie du système – et pourrait avoir des conséquences financières majeures pour certaines collectivités.

extraits de l'article de Maire Info - 20 mai 2026

Un de ces, nous en avons bien peur, futurs nombreux cadeaux de départ qui seront faits aux très très grandes entreprises par notre président avant de quitter le palais de l'Elysée. Alors que la consigne du verre qui permet réellement de réduire les emballages plastique reste insuffisamment accompagnée, lui préférer la consigne des bouteilles en plastique est une aberration totale.

C'est un bras d'honneur fait à la filière du réemploi et de la consigne du verre qui est en train de s'organiser à travers des dizaines de petites PME françaises au profit des multinationales de la boisson en bouteille, et avec un coût non négligeable pour les mairies qui inévitablement retombera sur nous, les particuliers qui devront supporter le surcoût. C'est tout simplement inacceptable !

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