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Actus : quelle inflation sur les énergies pour 2026 ?

Le prix de l'électricité, du gaz et des carburants ont flambés ces dernières années, une forte inflation suivie il est vrai par une baisse des prix ensuite, alors qu'en sera t-il pour l'année 2026 ? Entre hausses des taxes, des marges et fin des dispositifs de protection, à quoi devons nous nous attendre ?

Nous faisons le point sur les changements de tarifs et de réglementations actés en ce début d'année, analysons ces mécanismes pour essayer de comprendre leur impact sur notre pouvoir d'achat. Car les énergies sont des dépenses contraintes, elles ne sont pas optionnelles et pèsent sur le budget des ménages.

Déroulé de l'article :

 

Énergies et carburants : moins de protections, plus de taxes !

Chaque année en début du mois de janvier nous faisons le point sur l'inflation réelle, c'est à dire celle qui est uniquement basée sur nos dépenses contraintes (énergies, assurances, etc...). Car les hausses sur ces dépenses n'ont absolument rien à voir avec les chiffres de l'inflation pondus par nos autorités, hors ce sont elles qui pèsent sur le pouvoir d'achat bien plus que les achats "plaisir".

Si l'on prend l'année 2025 pour l'exemple, notre article avait documenté des hausses de tarifs sur les dépenses contraintes allant de 4,4% à plus de 10%. Pourtant, comme par magie, l'INSEE elle nous assure que l'inflation en 2025 n'a été que d'environ 1%.

Un décalage incompréhensible pour celles et ceux qui peinent à se payer quoi que ce soit une fois toutes ces factures payées. Il nous semble donc important de s'intéresser surtout à ces dépenses, qui ne relèvent pas du choix des consommateurs, mais sont impératives et subies par tout le monde.

La question est donc de savoir ce qu'il en sera pour l'année 2026, peut-on (enfin) s'attendre à des baisses de prix ou vont ils au contraire continuer à augmenter ? Faisons le point sur les chiffres disponibles pour les principales énergies : l'électricité, le gaz et les carburants.

 

Électricité : fin du dispositif ARENH et tarifs imprévisibles

Le dispositif ARENH sera remplacé en 2026 par un Versement Universel Nucléaire, qui va exposer encore plus les particuliers aux prix de marché selon l'UFC Que Choisir qui titre d'ailleurs un de ses articles : « Une redistribution toujours plus injuste pour les consommateurs et consommatrices ».

Le ton est donné, mais de quoi parle t'on ? Plutôt que de vendre une partie de la production électrique à un tarif raisonnable (ARENH) permettant aux fournisseurs de proposer des contrats à prix fixe, elle sera désormais entièrement vendue au prix de marché qui fluctue au fil des crises.

Les bénéfices seront en partie reversés aux français à travers le VUN, c'est la moindre des choses puisque nous qui finançons les installations. Mais c'est là que ça coince, car selon l'association de consommateurs la répartition des gains ne serait pas du tout à notre avantage, avançant un chiffre par foyer de 2€ reversés par an (sur 66€ de bénéfices) si le prix reste stable.

C'est assez complexe, mais pour résumer donc tant que les prix de marché restent stables ça ne devrait pas avoir de conséquences très importantes sur nos factures. Par contre à la moindre anicroche, les prix risquent de s'envoler et le mécanisme de protection pour réduire l'impact sur notre pouvoir d'achat sera activé au bon vouloir du gouvernement.

Une épée de Damoclès suspendue au dessus de nos foyers, mais le prix de l'électricité devrait baisser de 2,56% en début d'année 2026 selon les estimations trouvées en ligne. Nous n'évoquons ici que le prix de l'énergie (ou molécule), qui risque de fluctuer en cours d'année pour le meilleur ou pour le pire.

Alors il est difficile de savoir ce qu'il en est réellement sur un an, selon les chiffres qui fuitent le tarif de base passerait de 0,1952€ en décembre à 0,1902€ le kWh en janvier. Mais cette petite baisse sur le prix de la molécule ne compensera pas les hausses de taxes et de la TVA sur les abonnements.

Car bien entendu, la hausse de la TVA sur l'abonnement entrée en vigueur à l'été 2025 reste en vigueur, passant de 5,5% à 20% elle a dors et déjà renchéri le prix annuel de 21€ pour un contrat classique avec un compteur de 6 kVa (chauffage).

Il faut y ajouter, nous allons l'évoquer plus en détail par la suite, la hausse sur les CEE (certificats d'économie d'énergies) qui vont augmenter de 27% en 2026. Ces cotisations payées par les fournisseurs d'énergies servent à financer la transition énergétique, mais sont bien entendu reportées sur les factures de leurs clients (c'est vous).

Le gouvernement vient néanmoins d'annoncer un geste pour faire passer la pilule, grâce à une légère modification de la CTA (contribution tarifaire d'acheminement) qui devrait faire baisser la facture de 10€ à 12€ par an en moyenne.

Si l'on regarde sur 5 ans, le tarif de base était de 0,1558€ au mois de janvier 2021 et il devrait être de 0,1902€ en janvier 2026. Sur 5 ans nous restons sur une inflation de +18,1%, sans compter les hausses de taxes et de TVA qui font que le prix de l'électricité a bel et bien flambé ces dernières années.

👉 lire l'article de l'UFC Que Choisir

évolution du prix de l'électricité en France © CRE / Effy

évolution du prix de l'électricité en France © CRE / Effy

GAZ : une baisse du prix repère en trompe l'œil !

Passons au gaz avec le prix repère, difficile de connaître exactement son évolution puisque les petits malins de la CRE (commission de régulation des énergies) qui fixent ce prix effacent désormais chaque mois le prix repère précédent pour le remplacer par le nouveau, empêchant ainsi de suivre la fluctuation des tarifs facilement.

En cherchant nous avons néanmoins trouvé les chiffres sur le site officiel du médiateur de l'énergie qui nous donne les prix repères de janvier 2025. Le prix repère (eau chaude) est passé de 0,14648€ TTC à 0,13249€ TTC soit une baisse de 9,5% sur un an. Pour le chauffage, le tarif était de 0,11751€ TTC en janvier 2025 et il est de 0,10192€ TTC en janvier 2026, soit une baisse de 13%.

Si l'on regarde un peu plus loin, nous avons trouvé le prix du gaz en janvier 2024 : il était de 0,13244€ TTC pour l'eau chaude au mois de janvier 2024 contre 0,13249€ TTC en janvier 2026. Pour le chauffage nous étions à un prix repère de 0,10950€ à l'époque et sommes à 0,11845€ aujourd'hui.

Un prix repère qui fluctue au fil des mois, mais si le prix du gaz reste relativement stable depuis deux ans, ce n'est là encore que le prix de la molécule. Soit sur les deux dernières années un prix qui est en légère augmentation (après avoir flambé aussi), mais qui cache un coût d'abonnement qui a explosé !

N'oublions pas le passage de la TVA sur l'abonnement de 5,5% à 20% cet été. L'abonnement était en janvier 2024 de 102,94€ TTC pour l'eau chaude, il est aujourd'hui de 147,24€, soit une hausse de 30,4% (+44,30€ par an). Même chose pour le chauffage : 257,18€ par an en 2024 contre 343,90€ en 2026, soit une augmentation de 25,2% en 24 mois (+86,72€ par an).

Car quand on évoque l'inflation finalement, tout dépend du point de départ que l'on prend pour la calculer, sur un mois, un an ou plus longtemps. Les résultats peuvent être très différents mais plus on remonte dans le temps, ne serait ce que de deux ou trois ans comme nous venons de le démonter et plus la hausse est visible (et continue).

Car non, en réalité les prix ne baissent jamais sur le long terme, même si ça arrive momentanément et que le petit monde politico-médiatique s'empresse de le marteler pour vous donner cette impression. Dès que le prix de la molécule baisse tout le monde en profite pour augmenter ses profits ou les taxes, quand il remonte les prix augmentent pour le consommateur et au final, ça coûte toujours plus cher.

évolution du prix du gaz en France © CRE
évolution du prix du gaz en France © CRE

évolution du prix du gaz en France © CRE

Carburants : encore et toujours en hausse, quoi qu'on en dise !

Du côté des carburants, le début d'année sera salé avec une hausse de 4 à 6 centimes par litre à la pompe, à cause des CEE. Vous savez, ce sont les Certificats d'Économies d'Énergie que nous avions justement déjà évoqués en début d'article, et en fin d'année dernière déjà puisque ces hausses étaient évitables.

Car l'UFC Que Choisir avait enquêté et estimé qu'ils nous coûtaient déjà entre 124€ et 244€ par ménage chaque année (toutes énergies comprises). Sauf que cet argent prélevé sous la forme de taxes sur les énergies sert en partie à financer des entreprises (qui sont elles exonérées bien entendu), pour des projets sans rapport avec de réelles économies d'énergies à 40%, et alors même que près de 50% des dossiers seraient frauduleux.

L'association implorait l'état de ne pas encore les augmenter vu leur mauvaise utilisation, mais le gouvernement n'a pas écouté les représentants des consommateurs et a même eu la main lourde avec 27% d'augmentation. Résultat : vous allez payer entre 2€ et 3€ de plus pour un plein de 50 litres cette année, nous vous laissons calculer sur un an combien de dizaines d'euros seront perdues pour votre budget.

La bonne nouvelle, du moins pour les majors du pétrole et ses distributeurs, c'est que les consommateurs s'habituent à ces hausses de prix. J'ai encore entendu le patron du groupe Les Mousquetaires (supermarchés Intermarché notamment) nous refaire le coup du carburant à 2€ le litre pour nous expliquer que tout allait bien à la télévision.

Pourtant, l'épisode des gilets jaunes en 2018 était parti d'une hausse des taxes alors que le litre de gazole était à 1,40€ et son prix varie aujourd'hui dans les supermarchés autour de chez moi entre 1,60€ et 1,70€. Alors oui, si on regarde par rapport au plus fort de la crise de 2022 le prix a baissé, mais si on regarde par rapport à avant cette crise, il a bien augmenté (c'est toujours la même histoire).

La différence c'est qu'en ce moment, le prix du baril est au plus bas et que la hausse est due à des augmentations de marges et de taxes (et aussi un peu de salaires il est vrai), donc c'est son prix minimal qui ne rebaissera plus. Résultat : si jamais le prix du baril se remet à flamber, ça va piquer sévère !

évolution du prix du carburant (gasoil) en France © INSEE

évolution du prix du carburant (gasoil) en France © INSEE

La suite des hausses de prix et de l'inflation dans quelques jours

Habituellement nous traitons toutes les dépenses contraintes en un seul et unique article, mais il y avait tellement de choses à dire juste sur les énergies que nous verrons les autres hausses à venir en 2026 dans un second article à paraître dans quelques jours : assurances, mutuelles, eau potable, taxe foncière, etc...

Mais ne vous faites pas trop d'illusions, ça augmente là aussi bien plus que l'inflation officielle. Il faut néanmoins aussi regarder les revalorisations censées la contrebalancer : augmentation du SMIC et des minimas sociaux. Car c'est en comparant l'inflation et les hausses de « rémunérations » que l'on peut définir si nous gagnons ou perdons du pouvoir d'achat. Nous ferons donc la synthèse dans notre prochaine article.

Pour ce qui est des énergies, depuis que les prix du marché sont retombés au plus bas, elles font l'objet de hausses de taxes et de marges, restant ainsi à des tarifs bien plus élevés qu'avant les crises. Crise du COVID qui a ouvert le bal en 2020, guerre en Ukraine depuis 2022 principalement pour ces postes de dépenses qui ont fait flamber les prix.

Mais le problème, c'est que les prix restent environ 25% plus élevés qu'il y a quelques années, alors que les prix de marché sont à leur plus bas. Hors, rien ne nous assure vu l'instabilité internationale que ces derniers ne vont pas encore une fois flamber dans quelques mois.

Si tel devait advenir, il ne fait aucun doute que les prix atteindraient de nouveaux sommets vu que tout ce qui entoure le prix de la molécule à très fortement augmenté. Bien au delà, comme chaque année, du chiffre officiel de l'inflation.

C'est la raison pour laquelle nous différencions ici les dépenses contraintes des autres, celles qui sont optionnelles que ne peuvent plus se permettre la majorité des foyers, mais permettent à nos dirigeants d'affirmer que le pouvoir d'achat est en hausse même si tout le monde constate bien que c'est l'inverse qu'il se passe.

Bref, nous continuons notre tour des hausses de prix à venir pour l'année 2026 dans un prochain article. En attendant, vous avez pleins d'autres articles à lire sur notre site pour vous informer, car pour mieux consommer il faut commencer par comprendre tous ces rouages.

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