des astuces et conseils pour vous aider à mieux consommer au quotidien !
Nous y sommes, à trois semaines du Black Friday les bonnes affaires pleuvent déjà sur les consommateurs comme jamais, des bons plans par milliers à saisir d'urgence chaque jour, si l'on en croit les médias numériques du moins.
Car la réalité est bien moins reluisante et la plupart des articles encensant des promotions « pré » Black Friday sont en fait de fausses promotions aux prix de base erronés, voir souvent qui ne respectent pas la loi et sont donc illégales. Alors pourquoi tant de sites s'amusent ils à les relayer, est-ce pour nous aider à mieux acheter comme l'indique leurs slogans ? Rien n'est moins sûr.
Amusez vous à entrer « bon plan Black Friday » dans votre moteur de recherche et vous verrez que depuis une semaine, certains sites qui se disent être des médias informatifs ou des sites d'actualités en font des caisses sur les promotions en cours.
Des offres sur tout et n'importe quoi, qui ont pour point commun de vous expliquer en résumé que ce n'est pas la peine d'attendre le Black Friday, qui aura lieu le vendredi 28 novembre rappelons le, car il y a déjà plein de bonnes affaires à saisir d'urgence. Des bonnes affaires à trois semaines du jour J et hors période de soldes alors que la vente à perte est interdite, vraiment ?
Nous avons répertorié au moins 28 articles mis en ligne par Frandroid pour promouvoir des promotions pré Black Friday sur une journée seulement, à trois semaines de la date officielle de l'événement. Record battu par Les Numériques qui eux ont trouvé 30 bonnes affaires en moins de 24 heures !
Nous avons nos deux grands gagnants de l'arnaque aux fausses promotions du mois de novembre, mais ce ne sont pas les seuls à jouer ce jeu malsain : le site JeuxVideo.com dont nous n'avons pas réussi à comptabiliser le nombre d'articles semble lui aussi en pointe de la fausse promo.
Car pour vous expliquer comment nous avons calculé ça, vu que ne souhaitant pas que ces sites puissent utiliser nos données personnelles nous n'y mettons jamais les pieds (ou la souris), nous avons juste compté les actualités relayées par Google datant de moins de 24 heures en faisant une simple recherche.
Il y a sans doute bien plus d'articles disponibles sur leurs sites qui n'ont pas encore été référencés par les moteurs de recherche, ou sont trop mal positionnés pour être trouvables dans les 10 ou 12 premières pages de résultats.
Le but n'est pas de tenir les comptes ou de décerner des médailles, mais de vous informer sur le danger de ces sites internet pour les consommateurs. Car derrière cette avalanche de bons plans se cache des partenariats financiers, de juteuses rémunérations qui sont le seul but recherché.
Rappelons que la loi impose que le pourcentage de réduction soit calculé sur le prix auquel a été vendu le produit les 30 jours précédents le début de la promotion. Les « prix conseillé », « prix de comparaison » et autres « prix de lancement » pour augmenter le pourcentage de réduction artificiellement sont des techniques interdites par la loi et illégales (mais utilisées par tous les sites malgré tout, comme personne ne fait respecter la loi).
Hors, bien souvent ce sont ces prix de référence qui sont utilisés par les sites d'actuatités pour vous faire miroiter des économies substantielles, qui n'en sont pas. Ajoutez des titres accrocheurs, des descriptions dégoulinantes de bienveillance sur les produits ou services vendus et bien entendu une situation d'urgence car il serait dommage de ne pas profiter d'un bon plan. Vous avez tous les ingrédients d'une belle arnaque !
En effet, le but caché derrière cette farandole de bonnes affaires qui n'en sont pas, c'est de vous faire cliquer sur des liens ou de jolis boutons qui vous envoient vers un site marchand : Amazon, Boulanger, Cdiscount, etc... Mais aussi les boutiques des marques : Apple, Samsung, Xiaomi et compagnie.
Hors, quand vous cliquez un cookie est déposé sur votre navigateur, il permet ainsi d'indiquer au site de vente en ligne grâce à qui il a réalisé la vente. Pour le remercier, c'est bien normal, il lui reverse une somme d'argent (affiliation) en fonction du montant des sommes dépensées.
Du coup, si vous relayez une promotion de temps en temps, ça ne vous fait pas beaucoup de cookies déposés et pas beaucoup de revenus derrière. Si votre but est de faire du fric, vous avez donc intérêt à les multiplier pour tout et n'importe quoi, à faire croire que ce sont des bonnes affaires qu'il serait dommage de manquer, il faut vendre !
Qui se cache derrière les sites d'actualités ?
Frandroid est, selon sa fiche Wikipédia, une filiale du Crédit Mutuel. Un site d'actualités technologiques qui appartient à un groupe bancaire et d'assurances, cherchez l'erreur.
Les Numériques fait partie de Reworld Media qui détient de nombreux autres sites internet : Auto Plus, Biba, Closer, Doctissimo, Grazia, Maison et Travaux, Marie-France, Marmiton, Pleine Vie, Rugby365, Science et Vie, Télé Poche, Télé Star, Top Santé, et bien d'autres encore.
De nombreux sites que nous avions déjà listé dans notre précédent article, sur les articles sponsorisés qui pullulent et sont une autre façon de faire rentrer de l'argent dans les caisses, quitte à laisser leurs lecteurs se faire arnaquer.
Ce qui est drôle c'est que leurs slogans ne sont pas du tout en adéquation avec leurs actes : « Comprendre, mieux choisir » pour Les Numériques et « s'informer, comparer, mieux acheter » pour Frandroid. Si on veut aider les consommateurs à mieux choisir et acheter, on leur explique ces rouages plutôt que de les utiliser à leur encontre, c'est en tous cas notre avis.
Alors nous ne pouvons pas vérifier des centaines d'articles pour vous expliquer pourquoi ce sont de fausses promotions, ou au mieux des réductions classiques que vous trouvez toute l'année, mais un exemple ne laisse aucune place au doute sur les intentions de ces sites.
Frandroid intitule un article « Black Friday 2025 : voici les meilleures offres en avant-première sur Amazon & Co », et met donc en avant des offres sur le site de vente en ligne Amazon en soulignant que ce sont des promotions du Black Friday.
Alors c'est tout simple, ouvrez Amazon et vous n'y trouverez absolument aucune mention du Black Friday, puisqu'il n'a pas débuté sur ce site de vente en ligne (c'est bien un des seuls d'ailleurs).
La manipulation est grossière et vise à associer les termes Amazon et Black Friday pour attirer le chaland, profitant de la puissance de ces deux mots clés : la période la plus vendeuse et le site de vente en ligne le plus visité.
Alors si Amazon n'a pas encore lancé de promotions en rapport avec le Black Friday (ce qui est tout à leur honneur, mais n'efface pas leurs travers pour autant) peu importe, il suffit d'en inventer du moment que ça fait cliquer et vendre, donc que ça rapporte des commissions !
Nous avons devant les yeux toute l'hypocrisie des grands médias numériques français, qui affirment vouloir vous aider à mieux consommer alors qu'en vérité, ils cherchent avant tout à faire un maximum de bénéfices, par tous les moyens possibles et quitte à vous arnaquer si ça peut être rentable.
Encore une fois, le but n'est pas de pointer du doigt un ou deux sites en particulier, nous soulignons juste ceux qui ressortent le plus sur les moteurs de recherche et sont des cas d'école. Mais il y en a des centaines, des milliers qui participent à la mascarade dans l'espoir de voir leurs revenus s'envoler grâce à l'impact du Black Friday.
Alors peut-être que leurs proches auront droit à de beaux cadeaux pour Noël si ça fait rentrer de l'argent dans les caisses, mais qu'en est-il des millions de lecteurs qui sont utilisés sans vergogne juste pour gagner du fric ? Pourquoi ce sont systématiquement ces sites qui ressortent sur les moteurs de recherche et les réseaux sociaux, quand d'autres qui refusent de participer à ce cercle vicieux sont invisibilisés ?
La réponse est dans la question, c'est le « système » tout entier qui est pourri et ne cherche qu'une seule chose, gagner de l'argent par tous les moyens : utilisation des données personnelles, ciblage des consommateurs, afficher des publicités, faire croire qu'on les aide pour générer des ventes et in fine des bénéficies (si possible à reverser aux actionnaires).