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À l’heure où le commerce en ligne s’impose dans nos habitudes, la question de son impact environnemental par rapport aux achats en magasin se pose, mais est restée longtemps sans réponse. L’ADEME a mené une étude approfondie pour évaluer les émissions de gaz à effet de serre associées à ces deux modes de consommation, nous vous les dévoilons.
Les résultats révèlent que l’impact environnemental dépend de nombreux facteurs, notamment le mode de transport ou le type de livraison ainsi que le comportement des consommateurs. Néanmoins, l'étude confirme qu'il est souvent moins polluant de se faire livrer plutôt que de se déplacer en magasin. Essayons de comprendre !
Déroulé de l'article :
C'est une question que nous nous étions déjà posé il y a quelques années dans cet article écrit en 2020, essayant de comprendre si le ecommerce et les livraisons sont aussi désastreuses pour l'environnement que certains aiment à l'affirmer.
Nous n'avions à l'époque pas d'études sérieuses sur lesquelles nous appuyer pour répondre à cette question et pouvoir comparer les livraisons avec des achats en magasin. Nous avions également essayé de balayer l'ensemble des impacts de nos achats, aussi sur l'emploi et l'économie car c'est un sujet complexe.
La consommation ne se limite pas à de simples achats, elle impacte notre mode de vie, notre modèle social et notre environnement. Autant de raisons pour lesquelles nous essayons d'informer du point de vue du consommateur, car nous sommes collectivement l'arme la plus puissante pour faire bouger les lignes.
Un rapport de l'ADEME (Agence de la transition écologique) s'est penché sur la question et apporte enfin des réponses en ce qui concerne l'impact environnemental de nos achats. Ce qui va donc nous permettre d'y voir plus clair sur cet aspect, leur rapport fait plus de 160 pages, alors essayons d'en résumer les conclusions.
Déjà et comme évoqué en 2020, il n'est pas possible d'apporter une réponse unique et comme pour tout finalement, il y a 50 nuances d'impacts pour nos achats. Ce n'est pas pareil de se faire livrer un colis qui part de France et un colis qui arrive de Chine par avion, l'impact est différent si l'on va acheter sa baguette à pied ou si on va à la boulangerie en voiture, etc...
Essayons de comprendre les émissions émises par nos achats et de voir la différence entre les différents modes de transport, pour mieux comprendre leur impact environnemental en magasin ou en livraison.
L’achat en magasin implique souvent un déplacement spécifique du consommateur, généralement en voiture. Ce trajet individuel peut représenter une part significative des émissions de GES (gaz à effets de serre) liées à l’achat, mais dépend en grande partie du mode de locomotion utilisé.
Par exemple, l’achat d’une paire de chaussures en magasin avec un aller-retour de 10 km en voiture, génère environ 4.8 kg de CO₂e. Si le consommateur choisi de se la faire livrer à domicile, l’empreinte carbone n'est que de 0,75 kg de CO₂e .
De plus, les magasins physiques consomment de l’énergie pour le chauffage, l’éclairage et le fonctionnement des équipements, contribuant ainsi aux émissions globales. Le e-commerce aussi utilise de l'énergie bien entendu, mais en moindre quantité qu'une enseigne physique.
Selon une étude du cabinet Oliver Wyman, l’achat en magasin peut produire jusqu’à 2,3 fois plus de CO₂e que l’achat en ligne, principalement en raison de ces facteurs. La première réponse tient donc dans notre mode de transport pour faire nos achats, mieux vaut limiter les aller-retours pour des achats uniques.
Le mieux est d'essayer de regrouper ses achats avec ses courses hebdomadaires ou d'autres sorties (rendez-vous, activité sportive ou culturelle, etc...) pour réduire leur impact environnemental, et de privilégier quand c'est possible les mobilités douces ou les transports en commun.
Le commerce en ligne présente des avantages en termes de mutualisation des livraisons, permettant de réduire les émissions par produit livré. Cependant, l’impact environnemental du e-commerce varie considérablement en fonction du mode de livraison et des comportements des consommateurs.
Par exemple, une paire de chaussures commandée en ligne et livrée à domicile après un transport aérien long courrier génère plus de 10 kg de CO₂e. En revanche, si cette même paire est achetée en France et livrée dans un point relais et que le client s’y rend à vélo, l’empreinte carbone peut être réduite à moins de 0,65 kg de CO₂e .
Il est important d'ajouter que les retours de produits, qui sont fréquents dans le e-commerce (notamment dans le secteur de la mode), augmentent l’empreinte carbone globale des livraisons. De plus, le suremballage et le vide dans les colis (en moyenne 50 % de vide) contribuent également à l’augmentation des émissions.
Là encore c'est donc le comportement des consommateurs qui fait toute la différence : si vous achetez sur Temu ou Shein et vous faites livrer des colis depuis la Chine par avion, l'empreinte carbone est catastrophique. Tout le monde le sait, mais pourtant ces sites de vente en ligne cartonnent !
Si par contre vous faites des achats dans une enseigne de vente en ligne qui dispose d'entrepôts en France et fait des efforts pour réduire les emballages (comme Amazon ou Cdiscount par exemple), l'impact de la livraison sera moindre que de vous déplacer en magasin avec votre voiture.
Mais comme nous l'évoquions en début d'article, la consommation ne se limite pas au seul impact environnemental et touche à de nombreux autres domaines et notamment dans ce cas, le pouvoir d'achat !
Comme vous pouvez le voir, il n'y a pas réponse toute faite et qui pourrait s'appliquer à tous nos achats, leur impact dépend de nombreux facteurs et des choix que nous faisons en tant que consommateurs.
L'étude de l'ADEME confirme qu'il est moins polluant de se faire livrer un produit unique plutôt que d'aller l'acheter dans un magasin à 5 kilomètres en voiture (sauf si il est expédié de l'autre bout du monde).
Tout est donc une question de transport et d'emballage, mais il est aisé de comprendre qu'une camionnette qui fait une tournée et va livrer 100 clients sur son passage pollue moins que 100 voitures individuelles qui prennent la route pour se rendre en magasin à la périphérie de la ville la plus proche.
La livraison à domicile, lorsqu’elle est réussie du premier coup, peut être plus écologique que le retrait en point relais si ce dernier nécessite un déplacement en voiture. Selon l’ADEME, un retrait en point relais avec un trajet dédié de 5 km en voiture peut générer jusqu’à 1,8 kg de CO₂e, soit 3 fois plus qu’une livraison à domicile optimisée.
Cependant, si le point de retrait est situé à proximité et accessible à pied ou à vélo, cette option devient plus avantageuse sur le plan environnemental. Il est essentiel de considérer les modalités de transport pour évaluer l’impact réel de chaque achat, que ce soit en magasin ou pour une livraison.
Les mobilités douces restent quoi qu'il arrive moins polluantes que des livraisons, quelles qu'elles soient et même bien optimisées. Certaines enseignes de e-commerce travaillent à la réduction des emballages en utilisant du papier au lieu des cartons de livraison ou alors des colis réutilisables, des solutions qui se développent et rendent les livraisons aussi compétitives que les achats en magasin.
Pour reprendre l'exemple d'une paire de chaussures donc et si le magasin se trouve à plus de 5 kilomètres de chez vous, mieux vaut se faire livrer que de faire le déplacement en voiture, à condition que l'expédition soit faite sans transport aérien.
Néanmoins, si vous devez déjà faire un déplacement à proximité du magasin (un rendez-vous médical ou professionnel, courses hebdomadaires) et en profitez pour vous y arrêter en route, l'impact sera quasiment nul et donc inférieur à une livraison.
L’ADEME vient de mettre en place un simulateur nommé ECEL (Empreinte Commerce En Ligne) qui permet d’évaluer l’impact de différents scénarios pour un achat. Vous pouvez l'utiliser pour comparer les options en fonction de vos achats récurrents et de votre situation : proximité des magasins, des points relais, modes de transports, etc...
Il n’existe pas de réponse universelle à la question de savoir si acheter en ligne pollue plus ou moins qu’acheter en magasin. L’impact environnemental dépend de nombreux facteurs, notamment le mode de transport, le type de livraison, la distance parcourue et comme pour tous nos achats le comportement des consommateurs.
Quelques conseils utiles :
Le choix le plus écologique dépend de votre situation personnelle et des options disponibles à proximité de votre lieu d'habitation, en ville ou dans un village elles ne sont pas similaires. N'hésitez pas à utiliser le simulateur de l'ADEME pour vous aider à comparer en fonction de vos propres habitudes.
Mais en adoptant des pratiques responsables, tant pour les achats en ligne que pour ceux faits en magasin, il est possible de réduire significativement son empreinte carbone en prenant la peine de s'informer et de comparer.
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