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Actus : les augmentations de l'été, les vrais chiffres de l'inflation !

Comme chaque année, les mois de juillet et août sont l'occasion de faire passer des augmentations de tarifs sur les énergies sans que ça ne fasse trop l'actualité, les médias étant occupés à interviewer des vacanciers les pieds dans l'eau.

Nous faisons le point sur les augmentations annoncées cet été, mais comme toujours regarderons plus loin que le bout du nez pour vérifier si à plus long terme nous avons vraiment gagné en pouvoir d'achat comme l'affirment nos dirigeants matin, midi et soir à la télé. Alerte spoiler, mais vous le savez déjà car comme nous avez des factures à payer, ce n'est pas le cas pour tout le monde.

 

Inflation : les bonnes et les mauvaises nouvelles de l'été

Certains ont beau affirmer sur les plateaux télé (sans contradiction) que les français gagnent en pouvoir d'achat, nous voyons bien tous au quotidien que ce n'est pas le cas et même souvent l'inverse. Alors pour y voir plus clair justement, il faut regarder les chiffres et notamment les dépenses contraintes qui pèsent sur le budget des ménages.

Chaque été c'est la même histoire avec la révision des tarifs du gaz et de l'électricité et comme désormais chaque année, ce sont de nouvelles augmentations qui ont été annoncées. Mais comme il y a beaucoup de chiffres à passer en revue, ne nous arrêtons pas à six mois car ça ne permet pas d'avoir une vision globale de l'inflation.

Justement, l'UFC Que Choisir a début juillet fait un comparatif des hausses sur une année, entre juillet 2024 et juillet 2025. Mais commençons par une bonne nouvelle, nous savons que sur cette période le SMIC a augmenté de 2,2% qui va donc nous permettre de comparer avec les principales dépenses d'un foyer.

  • Le prix des énergies : ça continue de flamber

Si l'on regarde les énergies justement, dont les tarifs viennent d'être ajustés, sur un an la facture de gaz a augmenté de 34% en moyenne selon l'UFC Que Choisir. Mais ce calcul arrêté fin juin ne prend pas en compte les nouvelles hausses de l'été : +6,1% pour le prix d'acheminement, plus 40€ pour l'abonnement, hausse de la TVA à 20%, etc... Soit une nouvelle augmentation toutes taxes comprises sur le gaz d'environ 4,9% supplémentaire (source : Selectra).

Le tarif de l'électricité lui avait augmenté de 8,4% en 2024, mais en 2025 le prix du kWh a baissé. Une bonne nouvelle sauf que la TVA sur l'abonnement est elle passée de 5,5% à 20% cet été, soit disant pour se mettre en conformité avec le droit européen qui annule l'effet de la baisse de prix.

Le coût de l'accise (TIFCE) a augmenté de 60,4% en février et le TURPE (distribution) lui a été victime d'une double augmentation de 4,8% et d'encore 10% dans la foulée. Ces augmentations de taxes tout azimut représentent une hausse moyenne d'environ 177€ par foyer (source : Je Change).

Rappelons que le prix du kWh qui a baissé depuis 2024, avait avant de redescendre (un peu) augmenté de +116% sur l'électricité entre 2014 et 2023 (source : ENGIE). Il reste donc beaucoup, mais alors beaucoup plus onéreux qu'il ne l'était il y a une dizaine d'années. De plus, la nouvelle régulation risque encore de faire flamber le tarif de l'électricité dans les années à venir.

Celui de l'eau est toujours plus difficile à estimer, car il y a de grandes disparités entre les régions et même au niveau communal. Mais il est évident que son coût va augmenter, dans notre article de janvier d'ailleurs, nous avions trouvé une estimation officielle de +50% du prix de l'eau d'ici 2030.

les tarifs sont toujours à la hausse, et ce n'est pas terminé © pixabay

les tarifs sont toujours à la hausse, et ce n'est pas terminé © pixabay

  • Assurances et PGC : ça continue encore et encore

Les assurances elles sont également en augmentation comme chaque année et ce n'est que le début des réjouissances, comme nous l'avons déjà expliqué dans nos précédents articles. La baisse des remboursements dans le domaine de la santé pour 2025 a impliqué automatiquement une augmentation du tarif des mutuelles de +7%.

Le dérèglement climatique et ses ravages ont un impact sur l'assurance multirisques habitation qui augmente elle de 11% sur un an, même tarif pour les assurances auto en hausse de 9% pour l'année 2025. Mais ne vous inquiétez pas car le gouvernement et nos élus veillent au grain, comme par exemple avec la loi Duplomb, ces coûts supportés par les ménages ne seront bientôt plus qu'un mauvais souvenir.

Du côté des PGC (produits de grande consommation) qui englobent l'alimentation, les produits de beauté et d'entretien, etc... Ou autrement dit notre chariot de courses au supermarché, l'inflation sur un an a été calculée par l'UFC Que Choisir à +1,7% pour les PGC donc en dessous de l'augmentation du SMIC (mais c'est bien le seul).

Mais si on remonte sur à peine 3 ans à partir de janvier 2022, l'inflation sur les produits de grande consommation est de 23,1% alors que le SMIC lui n'a augmenté sur la même période que de 12,4%. C'est toute la difficulté d'interpréter les chiffres, qui sont si faciles à manipuler en fonction de ce que vous y intégrez et de la période que vous choisissez pour les analyser.

Source : UFC Que Choisir

l'inflation sur les PGC est moins forte, mais continue © UFC Que Choisir

l'inflation sur les PGC est moins forte, mais continue © UFC Que Choisir

  • Finances : SMIC en hausse, taux d'épargne en baisse

De l'autre côté il faut voir aussi les augmentations de pouvoir d'achat, d'autant qu'il n'y a pas que le SMIC qui entre en compte. Même si ce dernier a effectivement augmenté de 2,2% sur un an, les salaires légèrement supérieurs eux sont rarement revalorisés à la même hauteur.

Les aides sociales ont elles été revalorisées de 1.7% au premier avril 2025, ça concerne notamment les allocations familiales, le RSA ou encore la prime d'activité. Néanmoins mais nous y reviendrons ensuite, avec une inflation (officielle) au plus bas et le risque d'année blanche, l'année 2026 risque d'être catastrophique pour les plus démunis.

L'épargne dont on nous rabâche les oreilles mais qui, c'est le moins que l'on puisse dire, n'est pas uniformément répartie est aussi dévalorisée. C'est un des autres mécanismes qui permet de stabiliser le pouvoir d'achat des consommateurs face à l'inflation.

Hors le taux des livrets d'épargne a été une nouvelle fois revu à la baisse au 1er août, celui du livret A s'établit à 1,7% (contre 2,4% auparavant), le taux du LEP (livret d'épargne populaire) réservé aux pauvres passe lui à 2,7% (il était de 3,5%).

Il faut néanmoins préciser que le gouvernement a choisi de ne pas suivre la méthode de calcul de la Banque de France, qui aurait sabrée le taux du LEP à 2,2% (et on lui dit merci pour ça au moins). Le taux des livrets d'épargne influe également sur les taux de prêts alors ça a par contre l'intérêt de permettre aux primo accédants à la propriété de bénéficier de meilleures conditions.

Comme toujours, il y a des avantages et des inconvénients. Nous voyons ici principalement surtout la baisse de pouvoir d'achat des consommateurs qui n'ont pas une épargne démesurée, soit plus ou moins 80% ou 90% de la population française.

N'oublions pas la possible année blanche souhaitée par le gouvernement pour le prochain budget, les prestations sociales ne seraient pas revalorisées. Pourtant, tout porte à croire que l'inflation sur les dépenses contraintes va elle continuer sur la même lancée !

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  • L'inflation à 0,88% au premier semestre 2025, vraiment ?

Si l'on en croit le ministère de l'économie, qui dans sa présentation pour annoncer la baisse de taux des livrets d'épargne laisse penser que ce serait finalement une bonne nouvelle, l'inflation ne serait que de 0,88% au premier semestre 2025.

Alors comment peut on arriver à moins de 1% d'inflation alors que la plupart des dépenses contraintes ont augmentées de plus de 5% sur un an ? C'est un mystère, et si on regarde sur 3 ou 5 ans c'est encore une toute autre histoire qui s'écrit avec des énergies dont le prix a littéralement doublé.

Bien entendu, nous ne sommes pas toutes et tous logés à la même enseigne non plus et les moyennes ont leur limite. En intégrant dans son calcul officiel de l'inflation des achats ponctuels, les loisirs et autres dépenses moins inflationnistes, l'INSEE arrive à sortir des chiffres qui font rêver.

Mais comme nous sommes de moins en moins nombreux à avoir les moyens d'acheter ces équipements onéreux, voir même à juste pouvoir s'offrir des loisirs, il faut bien différencier les dépenses contraintes des autres, qui à ce rythme seront bientôt réservées à une élite. Les dépenses contraintes augmentent bien plus vite que les salaires, leur inflation est bien supérieure au taux d'épargne. Hors ce sont elles qui influencent le plus le pouvoir d'achat d'une immense partie de la population au quotidien.

C'est la raison pour laquelle d'un côté on nous dit que le pouvoir d'achat progresse, alors qu'en vérité de plus en plus de ménages tombent sous le seuil de pauvreté. En effet, selon l'INSEE plus de 9.8 millions de français vivaient sous le seuil de pauvreté en 2023 (soit 15.9% de la population).

Deux ans plus tard la barre des 10 millions doit avoir largement été dépassée et l'année blanche prévue en 2026 pourrait en faire basculer quelques millions de plus dans la pauvreté. Nous vous épargnons le couplet sur les grandes fortunes qui ont doublé voir triplé leur fortune dans le même temps, tout le monde le sait !

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