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Des géants dorment depuis des millénaires sous nos pieds, mais leur réveil pourrait bouleverser l’équilibre de la planète et affecter l'humanité. Les super-volcans, bien plus redoutables que les volcans classiques sont heureusement bien moins nombreux, mais leur puissance est dévastatrice.
Des monstres capables de libérer des volumes de magma et de cendres si colossaux qu’ils peuvent provoquer un hiver volcanique à l’échelle mondiale, menacer l’agriculture planétaire, voire perturber l’évolution des espèces. Mais combien y en a t'il sur la planète ? Où se trouvent-ils et surtout, lesquels représentent aujourd’hui une menace réelle ?
Déroulé de l'article :
Commençons déjà par différencier les volcans et un super-volcan, ce second se définit par une éruption dont l’indice d’explosivité volcanique (VEI) atteint le niveau 7 ou 8, le maximum sur l’échelle utilisée par les volcanologues pour classifier les éruptions.
Cela correspond à une éruption ayant libéré au moins 1 00 kilomètres cubes de matériaux volcaniques, elles sont appelées des éruptions pliniennes (et ultra-pliniennes partir de 1.000 km3 de matériaux éjectés). À titre de comparaison, une éruption de volcan comme celle du Mont Saint Helens en 1980, n’atteignait qu’un VEI de 5 (soit moins de 1 kilomètre cube).
Autrement dit, un supervolcan est jusqu'à 1000 fois plus puissant qu'un volcan classique. Ils sont aussi mille fois moins nombreux, il y en a une trentaine répertoriés sur l'ensemble de la planète. Mais il pourrait y en avoir d'autres, car le fond des océans est vaste et encore peu étudié, hors ces géants peuvent se tapir aussi sous l'eau.
Certains volcans peuvent néanmoins atteindre des puissances colossales, le Vésuve a connu une éruption massive en -1700 qui a atteint un VEI de 6 (jusqu'à 10 km3). Le célèbre volcan de Santorin qui a décimé la civilisation Minoenne vers -1500 a lui atteint le VEI 7 et est un des deux super-volcans répertoriés en Europe.
Il y a néanmoins une différence plus simple à comprendre pour nous autre néophytes en volcanologie, en général un volcan est une montagne qui crache du feu alors qu'un supervolcan est tellement vaste qu'on ne le voit pas forcément sous nos pieds.
Parmi leurs caractéristiques on retrouve la présence d’une immense caldeira, dépression formée par l’effondrement de la chambre magmatique. Le meilleur exemple est Naples en Italie, car si le Vésuve domine le paysage, le vrai danger ce sont bien les Champs Phlégréens juste à côté qui est un super-volcan (et un des plus actifs).
Les conséquences d’une éruption de super-volcan (dit ultra-plinien) ne se limiteraient pas à leur environnement immédiat. En plus de raser toute vie sur des centaines de kilomètres, elle projetterait des milliards de tonnes de cendres et d’aérosols soufrés dans l’atmosphère.
Ce nuage forme un écran réfléchissant dans la stratosphère, réduit la quantité de lumière solaire reçue par la Terre et provoque une chute brutale des températures, un phénomène connu sous le nom d’hiver volcanique.
L’éruption du super-volcan de Toba en Indonésie, survenue il y a environ 74. 000 ans, aurait provoqué un refroidissement global de plusieurs degrés pendant des années. Certaines études avancent même qu’elle aurait réduit drastiquement la population humaine à l’époque.
Selon l'Université de Genève, la dernière éruption de Yellowstone aurait recouvert la moitié des États-Unis sous ses cendres et dévasté son entourage avec ses nuées ardentes, voilà de quoi mieux appréhender la surface concernée par l'éruption d'un super volcan.
Sachant que Paris est à environ 1.300 kilomètres de Naples, on peut considérer que la France est dans le rayon de destruction des Champs Phlégréens, notre plus proche voisin.
À ce jour, les chercheurs ont identifié plusieurs caldeiras super-volcaniques réparties aux quatre coins du globe. Ces formations géantes, vestiges d’anciennes éruptions cataclysmiques, sont devenues des objets d’étude prioritaires pour les volcanologues.
Alors il faut préciser qu'il n'y a pas de consensus au niveau international pour définir un super volcan, si l'on ne compte que ceux ayant un indice d’explosivité volcanique (VEI) de 8, ils sont au nombre de 12 à travers le monde. Si l'on ajoute les volcans avec un VEI de 7 qui sont au nombre de 19, ça nous fait un total de 31 supervolcans répertoriés.
En Indonésie, le lac Toba que nous avons déjà évoqué est une caldeira longue de 100 kilomètres créée par une éruption survenue il y a environ 74. 000 ans. En Nouvelle-Zélande, le volcan Taupo a produit l’une des plus violentes éruptions de ces derniers 30. 000 ans. Le cratère est occupé par un lac d’apparence paisible, mais sous lequel bouillonne une importante activité géothermique.
Le supervolcan de Yellowstone, situé dans l’État du Wyoming aux USA, fascine et inquiète en même temps. Sa dernière éruption majeure date de 630. 000 ans, mais la chaleur persistante de la région et les relevés géologiques montrent qu’il est toujours actif. Même s’il n’est pas en phase de réveil immédiat, c'est un des plus dangereux à l'heure actuelle.
Toujours aux États-Unis, la caldeira de Long Valley en Californie est un autre site préoccupant. Bien qu’elle soit moins médiatisée que Yellowstone, elle a connu une éruption explosive il y a environ 760. 000 ans et reste géologiquement active. Il faut dire qu'il y a 8 supervolcans répertoriés aux USA, mais tous ne sont pas actifs.
Parmi les autres super-volcans répertoriés, citons la caldeira de La Garita (Colorado, États-Unis), dont l’éruption il y a 27 millions d’années aurait libéré plus de 5. 000 kilomètres cubes de matériaux et est la plus puissante connue à ce jour.
Nous n'allons pas répertorier tous les supervolcans répertoriés car tous ne représentent pas de danger pour notre civilisation, mais l'Amérique du sud est également un continent à risque avec 9 supervolcans répertoriés dans la cordillère des Andes.
Plus proche de nous, les Champs Phlégréens (ou Campi Flegrei) situés près de Naples est le supervolcan le plus surveillé d’Europe. Une éruption majeure y a eu lieu il y a environ 39 .000 ans, dévastant la péninsule il aurait probablement affecté les populations néandertaliennes.
En Europe heureusement il y en a moins, seuls les Champs Phlégréens et Santorin semblent être actifs, mais l'Ecosse en abrite un également dans la vallée de Glen Coe qui est considéré comme inactif aujourd'hui.
Notre célèbre chaîne des volcans d'Auvergne aurait abrité un de ces géants connu aujourd'hui sous le nom de "Monts du Cantal", endormi depuis 2 millions d'années il n'est pas assez documenté pour être officiellement classé comme supervolcan et est inactif.
Les volcans d'Auvergne par contre, même si ils ne montrent pas de signes d'activité récente, ne sont pas considérés comme éteints et pourraient se réveiller prochainement. En effet, la dernière éruption en France a eu lieu il y a 6.700 ans et à l'échelle géologique ce n'est rien, comme expliqué dans cet article de Franceinfo.
On considère qu'un volcan est inactif après une période de 10.000 ans sans éruption (ce qui n'est pas le cas pour un supervolcan par contre), le risque est donc encore présent en France et un volcan pourrait entrer en éruption dans quelques années comme dans plusieurs centaines, il est impossible de le savoir.
S’ils ne sont pas tous actifs ou dangereux à court terme, certains supervolcans retiennent notre attention en raison de leur niveau de surveillance élevé. Leur histoire éruptive récente et leur proximité avec des zones densément peuplées en font des menaces bien réelles.
Certains sont d'ailleurs considérés comme étant en phase de réveil, et c'est le supervolcan le plus proche de nous qui représente la principale menace. Alors évoquons les supervolcans qui pourraient, dans les prochaines décennies, déchainer l'enfer sur terre.
Les Champs Phlégréens, situés dans une zone urbaine densément peuplée autour de Naples, montrent depuis plusieurs années des signes de pressurisation magmatique. Des épisodes de « bradyséisme » (mouvements lents de soulèvement et d’affaissement du sol) ont conduit à plusieurs évacuations temporaires depuis les années 1980.
En 2023, l’activité y a de nouveau augmenté, poussant l’Observatoire de Naples à renforcer sa surveillance. Il faut préciser que les super volcans ne produisent pas toujours des éruptions cataclysmiques et peuvent aussi se contenter de partiellement entrer en éruption. Mais même une éruption modérée pourrait provoquer un désastre humanitaire dans cette zone très urbanisée.
Le supervolcan de Yellowstone est situé dans un parc naturel emblématique, mais ce site touristique bien connu repose sur une chambre magmatique gigantesque. Bien que les données actuelles ne suggèrent pas de réveil imminent, il n'en est pas moins actif et nos connaissances sont insuffisantes pour savoir si il entrera en éruption dans les prochaines décennies.
Suivi par le USGS (Institut d'études géologiques des États-Unis), de multiples capteurs mesurent en temps réel les mouvements du sol, les émissions de gaz et les signaux sismiques. Une éruption aujourd’hui aurait des conséquences dramatiques à l’échelle de l’Amérique du Nord et perturberait le climat mondial.
L’éruption du Toba, il y a environ 74 .000 ans, a été l’une des plus puissantes de l’histoire. Les effets sur le climat furent si extrêmes qu’on soupçonne une réduction massive de la population humaine. Aujourd’hui, le site reste géologiquement actif.
Des signes de remontée de magma ont été détectés ces dernières décennies, bien que rien n’indique une éruption imminente. Mais une nouvelle explosion de cette ampleur impacterait immédiatement l'Asie et le climat du monde entier pendant plusieurs années.
Les super-volcans sont peu nombreux, mais leur puissance est telle qu’ils représentent l’un des rares phénomènes naturels pouvant affecter la planète entière.
Si les probabilités d’une éruption plinienne sont assez faibles à court terme, leur suivi est crucial car certains montrent des signes inquiétants d'activité. Notamment les champs Phlégréens à Naples en Italie, qui sont à proximité immédiate de l'hexagone. Sans oublier un potentiel supervolcan sous marin que nous n'aurions pas repéré et qui pourrait entrer en éruption à tout moment.
Il suffit de voir les dégâts faits par l'éruption du Hunga Tonga en 2022 pour se rendre compte de leur dangerosité, additionnant en plus le risque de tsunami aux tremblements de terre et autre joyeusetés. Il y a d'ailleurs un bon reportage à voir sur Arte qui a été tourné dans les mois suivants, avis aux amateurs.
La science, grâce aux satellites, aux capteurs géochimiques et à la modélisation numérique, améliore notre compréhension de ces géants souterrains. Néanmoins même les volcans classiques moins puissants peuvent provoquer de sérieux dommages, comme l'a prouvé le Hunga Tonga malgré un (modeste) VEI de force 3 sur une échelle qui monte jusqu'à force 8.
Certains se souviennent peut-être de l'éruption du volcan Eyjafjöll (ou Eyjafjallajoküll) en Islande qui avait en 2010 bloqué le trafic aérien pendant plusieurs semaines et dont les cendres avaient atteint l'Europe continentale, hors ce volcan n'a un VEI que de 1 à 4 pour ses plus grosses éruptions. Face à une telle puissance, l’humanité ne peut que s’y préparer.
C'est une des raisons pour lesquelles nous avons toujours un kit de survie dans le coffre de la voiture, comme on dit : "mieux vaut l'avoir et ne pas en avoir besoin" plutôt que l'inverse. Car les super-volcans ne sont malheureusement pas le seul phénomène qui puisse remettre en question notre mode de vie.
Les tempêtes et inondations sont à l'échelle locale de plus en plus fréquentes, une éruption solaire pourrait nous faire revenir à l'ère préindustrielle, une météorite pourrait avoir les mêmes conséquences qu'un super-volcan, etc... Rien ne dit que nous vivrons de notre vivant une catastrophe planétaire, mais rien ne dit non plus que nous n'en vivrons pas une.
Le gouvernement français va d'ailleurs à l'automne distribuer un manuel de survie nommé "tous résilients", afin que la population française qui a trop tendance à prendre ces menaces à la rigolade se prépare à une catastrophe, naturelle comme celles que nous évoquons, mais aussi industrielle.