des astuces et conseils pour vous aider à mieux consommer au quotidien !
Les français consomment en moyenne 25 kilos de sucre chaque année, ce qui fait quand même l'équivalent de 68 grammes par jour et par personne. C'est bien plus parlant et un chiffre assez choquant, car la quantité recommandée est de 25 grammes par jour !
Alors essayons de comprendre tous ces chiffres et de voir comment nous arrivons à ingurgiter autant de sucre chaque jour, sans même s'en rendre compte. Quelles sont les différences entre les sucres naturels et industriels, qu'en est-il des édulcorants et quels conseils peut-on suivre pour mieux consommer ?
Déroulé de l'article :
Si vous voulez mieux vous rendre compte de ce que ça représente, sortez votre balance et déposez dessus 68 grammes de sucre en morceaux ou en poudre, c'est assez hallucinant. Mais aussi particulièrement alarmant, car la limite à ne pas dépasser est de 50 grammes de sucre par adulte et par jour selon l'OMS.
L'Organisation Mondiale de la Santé recommande une consommation journalière de 25 grammes sucre par jour pour une personne adulte. Le constat est donc alarmant, puisque nous consommons près de 3 fois plus de sucres que ce qui est recommandé.
Le paradoxe c'est que pourtant, depuis les années 1970 les particuliers ont largement diminué leur utilisation de sucre (en ajout direct), passant de 60% à seulement 20%. D'un côté nous réduisons notre consommation mais elle continue pourtant d'augmenter, comment cela s'explique t'il ?
L'explication est toute simple, nous cuisinons de moins en moins et nous achetons de plus en plus de produits ultra transformés, hors l'industrie agroalimentaire a dans le même temps augmenté le taux de sucres dans ses produits. Il y en a dans la plupart des préparations culinaires et parfois même en très grande quantité, notamment dans les produits à destination des enfants mais aussi dans les produits salés.
Selon les chiffres de l'Institut National de la Consommation, 58% de la production mondiale de sucres est destinée à l'industrie agroalimentaire, contre seulement 11% destinée à la vente aux consommateurs (le reste servant à d'autres choses, comme les biocarburants par exemple).
Il se cache dans les aliments ultra-transformés sous différentes formes : lactose, sirop de glucose, dextrose, saccharose, isoglucose, E150 (caramel), etc... Une telle indigestion de sucres n'a rien d'anodin pour la santé, il serait la cause de nombreuses pathologies comme le diabète, l'hypertension ou les maladies cardio-vasculaires.
Mais ne comptez pas sur nous pour venir casser du sucre sur le dos de l'industrie agroalimentaire qui, c'est bien connu, est pétrie de bonnes intentions et œuvre de tout son cœur pour nourrir la planète et nous permettre de mieux manger.
C'est ironique vous l'aurez compris, il n'y a que les profits qui comptent pour les multinationales, celles de l'alimentation compris, qui se permettent de jouer avec notre santé.
Il existe de nombreuses enquêtes à ce sujet, mais n'allons pas toutes les citer. L'étude de FoodWatch parue début 2025 est assez éloquente puisqu'elle a comparé les produits à bas prix avec les plus onéreux, soupçonnant les industriels de discrimination pour alimenter un marché à deux vitesses.
Exactement comme le font d'ailleurs aussi les marques de charcuteries : des produits à prix bas pleins de nitrites pour les pauvres (avec tous les risques pour la santé que ça implique), des produits sans nitrites vendus au prix fort réservés à celles et ceux qui ont les moyens de se les offrir.
Déjà, 85% des produits analysés contenaient des sucres ajoutés, nous ne parlons pas de pâtes à tartiner mais de produits salés : pizza, sauce pesto, cordons bleus, mayonnaise, etc... Mais le constat fait est surtout que moins les produits sont chers, plus ils contiennent de sucres.
La palme revient aux mayonnaises : les 5 références premier prix contiennent 417% plus de sucres que les 5 mayonnaises les plus onéreuses, soit en moyenne 3.44 grammes de sucres (pour 100 grammes) sur l'entrée de gamme alors qu'il n'y en a que 0.67 grammes dans le haut de gamme.
Le constat est similaire pour la plupart des gammes de produits testés, notamment les pizza surgelées puisque les 5 références les plus accessibles contiennent en moyenne 183% plus de sucres que les 5 références les plus chères, soit 3.56 grammes pour les produits à petit prix contre 1.26 grammes pour les plus onéreuses.
L'association de consommateurs a également relevé des taux allant jusqu'à 8 grammes de sucres dans des cacahuètes enrobées (toujours pour 100 grammes de produit), 7.2 grammes de sucres dans certaines biscottes, 5.5 grammes de sucres dans les sauces pesto les moins chères, près de 4 grammes de sucre dans les boites de petit-pois, etc... Autant de recettes dans lesquelles de base, il n'y a pas de sucre !
Grâce à cette technique, l'industrie agroalimentaire est toujours gagnante : soit les consommateurs ne s'informent pas et achètent ce que le marketing leur suggère d'acheter, soit ils s'informent et n'ont pas d'autre choix que de choisir des gammes de produits bien plus onéreuses spécifiquement conçues pour ça.
Il faut bien entendu également faire attention aux allégations sur les produits soit disant meilleurs pour la santé, puisqu'ils sont parfois pires encore entre additifs et édulcorants en tous genres. Voyons ce que dit la réglementation sur les produits allégés, car les mentions sur les étiquettes doivent répondre à des normes.
En effet un produit portant les mentions « réduit en sucres » ou « sucres réduits » doit contenir à minima 30% de sucres de moins que dans le produit similaire classique. Pour indiquer une mention « allégé » ou « light » ou « zéro » c'est la même chose mais avec une précision sur l'étiquette des caractéristiques de cet allègement en sucres.
Les produits portant la mention « faible teneur en sucre » ne doivent pas contenir plus de 5% de sucre (ou 5 grammes pour 100 grammes de produit) dans les aliments solides, contre 2,5% dans les produits sous forme liquide (jus de fruits, eau aromatisée, lait et préparations lactées, etc...).
Enfin, la mention « sans sucre » elle indique que le produit contient moins de 0,5% de sucre, soit 0,5 gramme de sucres pour 100 grammes ou 100 millilitres. Si vous surveillez votre ligne mieux vaudra donc opter pour les produits sans sucres ou à faible teneur, et faire attention aux éventuels édulcorants.
Car trop souvent les industriels cherchent à remplacer le sucre par des additifs qui reproduisent le même goût sucré si addictif, hors dans la famille des édulcorants il y a également des différences. Certains sont naturels, mais bien d'autres sont chimiques comme l'aspartame ou la saccharine.
Le problème c'est que nous ne savons pas quel est l'impact des édulcorants sur le corps humain et notre santé. Hors l'aspartame utilisé en abondance depuis plusieurs décennies et présenté comme un substitut sans dangers, présenterait finalement les mêmes risques pour la santé que le sucre raffiné et des associations de consommateurs demandent aujourd'hui son interdiction.
Autant dire que le "principe de précaution" ne s'applique en réalité nul part, pas même pour l'alimentation. Mieux vaut donc rester sur une consommation de sucre naturels issus de betteraves ou de la canne si possible Bio et non raffiné, mais en surveillant les quantités et en évitant les produits ultra-transformés.
Le fameux terme qui a été effacé de la Stratégie Nationale Alimentation, Nutrition et Climat puisque si le texte initial contenait la recommandation suivante : "limiter la consommation de produits ultra transformés", la mention a été effacée de la SNANC par le gouvernement français avant publication à la demande des lobbys de l'industrie agroalimentaire.
Pour connaître la teneur en sucres d'un produit il suffit de regarder le petit tableau nutritionnel, comme nous l'indiquions dans notre article pour apprendre à lire les étiquettes. Plus généralement vous devriez prendre l'habitude de plutôt regarder le dos des paquets, car sur le devant on ne trouve guère que de la communication marketing, bien souvent mensongère.
Les ingrédients sont listés par ordre décroissant, du plus présent au moins important dans la recette. Si le sucre est tout en haut ou figure dans les premières positions de la liste d'ingrédients, vous savez à quoi vous en tenir. Si il est sous des formes inhabituelles (sirop de glucose, dextrose, isoglucose, etc...), c'est le signe d'un aliment ultra-transformé à éviter.
Pour plus d'informations nous vous conseillons de consulter le dossier spécial sucre sur le site de l'INC (Institut National de la Consommation) qui est très complet sur ce sujet. Du moins tant que leur site est en ligne puisque l'institution a été fermée par le gouvernement, pour faire des économies (ou peut être car informer les consommateurs n'est pas dans l'intérêt des industriels).
Pour compléter nous ajoutons donc aussi le dossier de FoodWatch qui reprend l'essentiel des informations à connaitre sur les sucres dans l'alimentation. Il y a tant de choses à en dire que nous ne pouvons le faire dans un seul article, le sujet est complexe et mérite des dossiers complets pour bien s'informer et comprendre les enjeux qui se cachent derrière.
NDLR : première parution en 2022, mis à jour en 2026