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Comme nous sans doute, vous devez commencer ces derniers jours à recevoir des courriels qui vous demandent de confirmer votre consentement à l'utilisation de « pixels ». En effet, depuis juin 2026 les expéditeurs d'e-mails commerciaux ont l'obligation de recueillir votre consentement, comme pour les cookies sur internet.
Une décision de la CNIL que nous avions déjà évoquée et vous résumerons, pour celles et ceux qui découvrent ces espions cachés. Car ces mouchards leurs permettent de suivre à la trace tout ce que vous faites : ouverture des e-mails, clics sur des liens, etc... Mais attention, certains tentent déjà de le cacher en fin de courriels ou de transformer consentement en simple droit d'opposition !
Déroulé de l'article :
Depuis quelques jours, nous recevons des courriels d'entreprises qui nous demandent de valider l'utilisation des « pixels » dans leurs prochaines communications. Pour celles et ceux qui les découvrent, c'est la conséquence d'une décision de la CNIL qui oblige désormais les entreprises à recueillir notre consentement.
En effet, ce que l'on appelle des « pixels », c'est un peu l'équivalent des cookies qui permettent de suivre à la trace tout ce que vous faites sur internet. En utilisant ces espions invisibles, l'émetteur d'un courriel peut savoir si vous l'avez ouvert, à quelle heure, avec quel appareil, si vous avez cliqué sur des liens, etc...
Ils sont utiles pour, par exemple, enlever d'une liste de communications les adresses mails qui n'ouvrent jamais une newsletter. Ça fait moins de spams qui arrivent, moins de mails envoyés pour rien (meilleur pour l'environnement) et moins de mails à payer pour l'émetteur car les solutions d'envoi ne sont pas gratuites.
Mais ils sont aussi néfastes dans d'autres cas, quand des entreprises ou des marques les utilisent comme des espions publicitaires. Savoir qui fait quoi, à quel moment permet de vous ficher et de connaître vos habitudes, puis vous envoyer des publicités ciblées : sélections de produits ciblés (ou services), jours et heures auxquelles vous êtes le plus enclin à acheter, etc...
Face à ces comportements et alors que jusqu'ici les « pixels de suivi » n'étaient soumis à aucune réglementation, la CNIL a décidé d'imposer que les entreprises envoyant des courriels recueillent le consentement des utilisateurs pour collecter leurs données personnelles à des fins commerciales. Une excellente nouvelle pour celles et ceux qui, comme nous, ne souhaitent pas que des marques les espionnent partout et tout le temps puis utilisent ces données pour afficher des publicités ciblées.
La seconde bonne nouvelle, c'est que la CNIL n'a pas laissé 2 ou 3 ans aux entreprises pour s'adapter et trouver des façons de contourner l'interdiction. En effet, la CNIL a laissé 3 mois aux entreprises et entités concernées pour recueillir le consentement de leurs utilisateurs.
En réalité, c'est donc censé être obligatoire depuis le 12 juin 2026 puisque la recommandation a été publiée par la CNIL le 12 mars. Avec près d'un mois de retard déjà donc, nous commençons à recevoir les tous premiers courriels pour demander notre consentement. Vous aussi sans doute, raison pour laquelle nous écrivons un nouvel article sur le sujet.
Alors tout dépend du nombre de messages que vous recevez, de qui, etc... Dans notre cas nous avons reçu des courriels émanant de France TV, La Poste, la RATP et MonAvisleRendGratuit (Carrefour). Ils devraient se multiplier dans les semaines à venir et mieux vaut faire preuve de vigilance car certains tentent déjà de tricher.
Mention spéciale d'ailleurs à La Poste qui l'a ajouté à la fin d'un mail commercial (et ne le mentionne pas dans le titre) pour essayer de nous le cacher malgré un bel encadré jaune. Ils vous proposent juste de cliquer sur un lien pour s'opposer au consentement.
Alors désolé La Poste, mais recueillir le consentement éclairé de l'utilisateur, ce n'est pas lui offrir un droit d'opposition en toute fin d'un message commercial que 99.99% des internautes vont mettre à la poubelle avant même de l'avoir ouvert, ou juste après en voyant que c'est une énième publicité pour des services dont ils n'ont pas l'utilité !
Mieux vaudra donc rester vigilants ces prochaines semaines, et ne pas mettre à la poubelle les mails intempestifs sans même les ouvrir ou les vérifier. Car comme La Poste, ils risquent d'être très nombreux à cacher en toute fin de message le lien pour s'opposer à l'espionnage.
Et comme La Poste, ils risquent d'estimer que de ne pas s'être opposé ça veut dire que vous avez donné votre consentement, même si ce n'est pas du tout la même chose. J'espère en tous cas que La Poste aura reçu notre message !
Même chose d'ailleurs pour France TV, la RATP et Carrefour qui ont transformé « consentement » en « droit d'opposition » mais qui nous ont au moins envoyé un mail dédié et distinct plus facilement identifiable. En effet, leurs messages précisent noir sur blanc que si vous ne vous y opposez pas, ils continueront à vous espionner comme avant.
Sauf que recueillir le consentement et donner un droit d'opposition, encore une fois ce n'est pas pareil. La CNIL précise bien que le lien doit servir à « recueillir votre consentement », et non pas juste à s'y opposer si vous ne souhaitez pas qu'ils continuent leur espionnage (et tant pis pour vous si vous avez manqué le courriel pour s'opposer).
Concrètement, le courriel peut comprendre un lien pour recueillir les choix de la personne concernée mais il convient d’éviter que le consentement ne soit collecté de manière involontaire [x].
A cette fin, la CNIL recommande, par exemple, de prévoir que le lien redirige vers une page sur laquelle la personne aura à effectuer une action positive (cliquer sur un bouton, etc.) pour confirmer son consentement, à l’instar des mécanismes utilisés pour les liens de désinscription.
La différence est de taille : sans obtenir le consentement vous ne pouvez pas continuer à utiliser des pixels, alors qu'un simple droit d'opposition permet de continuer à les utiliser tant que l'utilisateur ne s'y oppose pas. Au final donc, sur les quatre premiers messages reçus, aucun ne respecte les recommandations de la CNIL.
Mais nous avons peur que d'autres fassent encore pire et tentent de nous manipuler, la grande spécialité des services marketing du 21ème siècle. Nous imaginons sans peine des messages tournés de manière à vous expliquer que si vous ne consentez pas, ils ne pourront pas vous fournir la totalité des services offerts ou que vous perdrez une partie de vos avantages.
C'est ce que l'on appelle les techniques du « confirmbashing » (messages culpabilisants) et/ou des « trick questions » (formuler des questions trompeuses) et font partie des dark patterns dont sont si friands les sites qui ont quelque chose à vous vendre (produits, services, abonnements, etc...) même si c'est interdit par la loi.
Les pixels étant des mouchards qui permettent de suivre tout ce que vous faites : ouverture des e-mails, clics sur des liens, etc... Sans surprise, nous refusons systématiquement toute demande pour nous espionner à l'intérieur même de notre messagerie. Enfin nous nous y opposons puisque personne ne respecte cette règlementation non plus, à peine entrée en vigueur.
Mais chacun(e) est libre de faire ce qu'il veut et si il estime qu'il peut tirer un bénéfice du ciblage publicitaire, c'est votre choix. En tous cas faites attention si vous estimez que les entreprises n'ont pas à espionner vos courriels, car vous devrez faire la démarche de vous y opposer, même si normalement c'est à l'entreprise de faire celle de recueillir votre consentement. Car rien ne doit venir entraver la pompe à fric qu'est devenu internet !