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Conso : faux labels, bientôt la fin du greenwashing ?

L’Union européenne a adopté une directive pour mieux encadrer les allégations environnementales, lutter contre le greenwashing ainsi que l'écoblanchiment. Ces pratiques marketing qui donnent à tort une image durable à des produits ou services, seront donc soumises à de nouvelles obligations dans quelques mois.

En France, la DGCCRF se prépare déjà à renforcer ses contrôles dès 2026, même si le texte doit encore être adapté à la législation française. Les promesses en l'air des marques et les labels privés qui se multiplient devront être prouvés, vérifiés et faire preuve de plus de transparence. Voyons ce que ça va changer, pour nous, les consommateurs !

Découlé de l'article :

 

Une nouvelle loi européenne pour mettre fin au greenwashing

Adoptée le 6 mars 2024, la directive (UE) 2024/825, dite Empowering Consumers for the Green Transition, marque un tournant dans la protection des consommateurs face au greenwashing. Elle vise à rendre les informations environnementales plus fiables et à permettre aux consommateurs de faire leur choix sur des critères vérifiables.

Dès septembre 2026, les entreprises ne pourront plus utiliser librement des termes comme "écoresponsable", "durable", "neutre en carbone" ou "respectueux de la planète". Ces formulations génériques seront interdites et les autres allégations devront reposer sur des preuves scientifiques vérifiables.

L'autre changement à venir et qui pourrait changer la donne, c'est que l’usage des labels et logos environnementaux sera lui aussi strictement encadré. Seuls seront autorisés les labels créés par des autorités publiques ou bien ceux fondés sur une certification indépendante respectant des critères transparents.

Les labels « maison », inventés par des marques et les lobbys industriels sans contrôle extérieur, seront désormais considérés comme trompeurs. Objectif : mettre fin à la confusion créée par la prolifération de logos verts peu fiables, enfin nous avons envie de dire, car ça dure depuis trop longtemps.

Nous avons encore en tête l'exemple des fruits durables révélé début 2024, qui avait mis en lumière ces dispositifs mensongers et la dérive des faux labels qui pullulent dans nos rayons, sans que rien ne soit fait pour l'empêcher.

Une marque ne pourra plus non plus mettre en avant un seul aspect durable d’un produit, par exemple un emballage recyclable, pour en donner une image globale écologique. Les compensations carbone seront également encadrées et affirmer qu’un produit est « neutre en carbone » grâce à la plantation d’arbres devra reposer sur des méthodes dûment documentées.

Un calendrier qui se précise

  • Entrée en vigueur européenne : mars 2024
  • Transposition dans le droit national : au plus tard le 27 mars 2026
  • Application effective : à partir du 27 septembre 2026

À partir de cette date, toute allégation écologique devra pouvoir être prouvée et justifiée à la demande d’un consommateur, d’une autorité ou d'une association de défense des consommateurs.

Hors c'est bien cet aspect qui change la donne, outre la DGCCRF qui va intensifier ses contrôles, tout un chacun pourra demander les preuves des mentions environnementales mises en avant par des sites ou des marques.

👉 à lire aussi : les labels environnementaux

peut on mettre fin à l'écoblanchiment et au greenwashing ? © pixabay

peut on mettre fin à l'écoblanchiment et au greenwashing ? © pixabay

Transposition française et contrôles renforcés de la DGCCRF

Mais n'allons pas trop vite en besogne, car la directive sera intégrée dans le droit français via une « loi d’adaptation au droit de l’Union Européenne » (DDADUE) en début d'année 2026. Elle viendra modifier celles déjà existantes, pour y intégrer les nouvelles obligations européennes. Reste à savoir dans quelle mesure et dans quel intérêt : le nôtre, ou celui des multinationales ?

La France dispose déjà de plusieurs dispositifs contre les publicités trompeuses à caractère environnemental, qui ne sont pas très efficaces semble t'il. L’article L.121-2 du Code de la Consommation interdit les pratiques commerciales déloyales, l’article L.541-9-1 du Code de l’Environnement impose certaines informations environnementales pour les produits générateurs de déchets.

C'est d'ailleurs sur cette base que Total Energies a été condamné pour pratique commerciale trompeuse en fin d'année 2025, la major pétrolière se présentant (à tort semble t'il) dans ses publicités comme "un acteur majeur de la transition énergétique". Une première mondiale dont nous pouvons nous réjouir, même si l'amende de 23.000€ ne semble pas très dissuasive.

La directive européenne viendra renforcer ces règles en les rendant plus précises, plus contraignantes et surtout harmonisées avec celles des autres états membres. Le ministère de l’économie présente de son côté cette réforme comme la pièce manquante d’un « arsenal juridique complet » contre l’écoblanchiment.

Elle s’inscrit dans la continuité des travaux français sur l’affichage environnemental, déjà engagés avec l’ADEME. Nous le savons désormais et en sommes témoins chaque jour : les bonnes intentions c'est bien, mais sans contrôles ni sanctions, ça ne sert à rien !

  • Le rôle central de la DGCCRF :

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) sera en première ligne pour faire appliquer cette nouvelle réglementation. Dans un communiqué publié le 1er octobre 2025, elle détaille le résultat des contrôles menés ces dernières années et son plan d’action pour l'avenir.

À partir de 2026, la DGCCRF prévoit d’intensifier ses contrôles dans les secteurs les plus exposés : l'alimentation, l'automobile, les cosmétiques, électronique et l'industrie textile. Elle collabore dors et déjà étroitement avec l’ADEME pour analyser les allégations environnementales et QuotaClimat qui développe un outil d’analyse du greenwashing dans les médias et les publicités.

L’objectif est de détecter rapidement les formulations abusives et de cibler les entreprises qui s’en servent pour valoriser à tort leur image. Autant dire que les inspecteurs vont avoir du travail, vraiment beaucoup de travail si ils veulent mettre fin à ces pratiques douteuses qui sévissent à tous les niveaux, y compris politique même si ce n'est pas leur rôle de les contrôler.

En 2023 et 2024, plusieurs sociétés ont déjà été épinglées pour des pratiques de greenwashing : plus de 15% des entreprises contrôlées présentaient des manquements graves, qui ont donné lieu à des sanctions. Une marque de mode a par exemple reçu une amende administrative pour pratiques trompeuses, elle avait étiqueté des vêtements "upcyclé" alors qu'ils étaient tous neufs et importés d'Asie.

Dans l'industrie agroalimentaire, un fabricant de chocolat indiquait une production décarbonée et un approvisionnement en cacao direct au producteur. L'enquête de la DGCCRF a révélé que non seulement la décarbonation n'était qu'à l'état de projet, mais qu'en plus le chocolat était acheté auprès d'un trader.

Avec la nouvelle directive, sous réserve que sa transcription ne laisse pas de place à l'interprétation, les contrôles et ces sanctions seront facilitées : les autorités disposeront d’un cadre légal plus clair pour prouver le caractère trompeur d’une allégation.

si vous ne voulez pas vous faire arnaquer, prenez la peine de bien vous informer © pixabay

si vous ne voulez pas vous faire arnaquer, prenez la peine de bien vous informer © pixabay

Qu'est-ce que ça change pour nous, les consommateurs ?

À partir de l'automne 2026, le paysage de la consommation « verte » devrait néanmoins profondément évoluer et les marques devront revoir leurs communications, mais ce sont surtout les consommateurs qui devraient en bénéficier. Mis à part pour ceux, comme vous, qui prennent déjà la peine de s'informer pour ne pas se faire arnaquer.

Les mentions environnementales sur les produits et publicités seront plus précises, plus justifiées et plus facilement comparables. Les acheteurs auront accès à des données concrètes sur la durabilité ou la réparabilité, et sauront mieux distinguer les produits vraiment conçus pour durer.

Au-delà des contrôles, la DGCCRF entend sensibiliser le public. Une campagne intitulée « Trop vert pour être vrai » a été lancée, accompagnée de vidéos pédagogiques. L’objectif est d'aider les consommateurs à repérer les discours marketing trompeurs et de les encourager à les signaler afin que l'autorité puisse mener des contrôles si nécessaire.

Cette transparence accrue réduira la confusion face aux arguments écologiques omniprésents, une avancée majeure pour une consommation enfin plus responsable. Même si quelques irréductibles continueront d'acheter sur Shein sans se soucier du reste, les autres auront enfin accès à des informations plus fiables.

Les contrôles renforcés de la DGCCRF et les sanctions à venir devraient dissuader les entreprises de s’aventurer sur le terrain du « greenwashing à outrance ». Les consommateurs eux, pourront ainsi accorder davantage de confiance aux produits et marques qui afficheront des engagements environnementaux certifiés.

Le succès du dispositif dépendra de plusieurs facteurs :

  • une transposition rigoureuse en droit français
  • des moyens suffisants pour mener les contrôles
  • une sensibilisation continue du grand public

Les allégations seront mieux encadrées, mais encore faut-il que les consommateurs sachent les lire et les comprendre. Hors dans ce domaine, les initiatives pédagogiques de la DGCCRF et de l’ADEME joueront un rôle clé. La directive européenne 2024/825 marque un tournant dans la lutte contre le greenwashing.

En imposant la transparence et l'obligation de preuve, elle met fin aux promesses écologiques invérifiables ou mensongères. Sa transposition en France d’ici 2026, accompagnée de contrôles renforcés par la DGCCRF, devrait permettre aux consommateurs d’acheter plus en confiance et de contribuer, par leurs choix, à une économie réellement plus durable.

À partir de 2026, les slogans « neutre en carbone » ou « respectueux de la planète » ne suffiront plus. Il faudra désormais le prouver et les consommateurs comme les associations pourront exiger d'accéder aux preuves des engagements de l'entreprise, ne nous privons pas de cette nouvelle arme à notre disposition.

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