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Actus : les données environnementales de la SDES

Quand les grands médias évoquent les thématiques environnementales, le débat est bien souvent pollué par des commentateurs et invités qui défendent leurs propres intérêts, ou en tous cas ceux des entités qui les financent. Les politiques eux sont rarement objectifs, cherchant à flatter leur base électorale ou défendre les intérêts de lobbys, quitte à s'arranger avec la réalité.

Il est par conséquent difficile pour le citoyen lambda de s'y retrouver, de démêler le vrai du faux dans ce gloubi-boulga de chiffres et d'affirmations, d'idéologies et de fake news. Pour y voir plus clair, nous avons été chercher des données neutres et officielles, celles de la SDES pour en faire ressortir les principaux enseignements.

Déroulé de l'article :

 

Présentation de la SDES et de ses rapports officiels

Il y a quelques mois, nous nous sommes inscrits à la newsletter de la SDES (service des données et études statistiques) qui publie et compile les données officielles pour différents ministères. Chaque mois le service d'état publie des rapports, études et bilans sur des thématiques comme le logement, le transport, les énergies ou l'environnement.

Autant de données et d'études utilisées pour construire l'action publique et modifier les réglementations, ou du moins pourraient l'être. Le problème, c'est que ce sont des dossiers complexes et nombreux, ce sont 38 dossiers qui ont été présentés juste pour la lettre d'information du mois d'avril.

Tout ça fait beaucoup, vraiment beaucoup d'informations et de graphiques à intégrer pour des particuliers comme nous, cette lettre d'information ne s'adresse d'ailleurs pas vraiment à nous, même si tout le monde peut s'y inscrire et lire leurs rapports.

C'est justement ce que nous avons fait sur la thématique environnementale, déjà car c'est un sujet qui intéresse, pour lequel les médias à travers leurs sondages estiment qu'il intéresse moins les français qu'avant. Et en effet, même si nous n'avons pas vocation à faire de politique, force est de constater que le sujet a très peu été abordé lors des élections municipales du mois de mars.

C'est aussi un thème qui fait l'objet de beaucoup d'idéologies, raison pour laquelle il nous a semblé intéressant de regarder ce que disent les données officielles et non orientées politiquement. Nous avons donc regardé les rapports de la SDES d'avril 2026 sur la thématique environnementale pour essayer d'en faire ressortir les chiffres et éléments clés.

Qu'en est-il réellement de l'artificialisation des sols, de la production de déchets et des nombreuses pollutions qui en découlent ? Mais aussi quel est l'opinion réelle des français sur ces sujets et quelles sont leurs inquiétudes, car la SDES édite deux baromètres d'opinion annuels en partenariat avec l'INSEE.

Alors pour que tous ces sujets ne soient pas orientés ou déformés, essayons de nous baser sur les données officielles et brutes de la SDES pour mieux comprendre notre environnement : quel est son état et quelles sont les préoccupations des français(e)s ?

Cycle de l'eau

Les inquiétudes des français pour leur environnement

Partons justement de l'opinion des français sur l'environnement, que nous apprennent les baromètres de la SDES à ce sujet ? Quelles sont nos préoccupations et leur ordre d'importance ? Déjà, nous sommes en avril 2026 et les données concernent donc l'année écoulée (2025).

Les principales préoccupations des français sont classées par ordre d'importance : le réchauffement de la planète (49%) suivi par les catastrophes naturelles (36%), viennent ensuite la pollution de l'eau, des lacs et rivières (35%) qui complète le podium.

On retrouve ensuite la pollution de l'air (28%), la disparition de certaines espèces animales et végétales (26%), l'augmentation des déchets des ménages (14%) et la gêne occasionnée par le bruit (5%). Il était demandé les deux principales préoccupations, ce qui explique que l'on arrive à plus de 100% au total.

Reste à savoir à qui incombe la responsabilité de lutter contre ces risques environnementaux auxquels nous devons déjà faire face. Qui doit s'engager et agir pour protéger la population ? La réponse est claire, ce sont les pouvoirs publics qui doivent donner l'impulsion (54%) et légiférer. Viennent ensuite les entreprises qui doivent faire plus d'efforts (26%) et enfin les ménages (17%) qui ont aussi leur rôle à jouer.

Ce qui est plus étonnant, c'est l'ordre des priorités à donner dans cette lutte, qui diffère des préoccupations, puisque l'enquête classe ensuite les enjeux pour lesquels il est le plus urgent d'agir. Hors c'est la pollution de l'eau qui arrive en tête (44%) devant le réchauffement de la planète (37%) et la prévention des risques naturels (28%) complète le podium.

Voilà donc pour ces trois indicateurs clés, avec toujours le même podium, mais dont l'ordre d'importance varie en fonction de ce qui inquiète les français et de l'urgence à prendre des mesures. Nous partageons bien entendu ce dernier constat puisque comme évoqué dans notre article sur la Journée Mondiale de l'eau dont aucun média mainstream n'a parlé, il y a urgence !

D'autant que si l'étude de la SDES évoque la pollution de l'eau et de l'air, elle ne propose pas dans ses réponses la pollution des sols. Hors, c'est peut-être ce paramètre qui explique que la pollution de l'eau remonte en premier lorsque l'on demande aux français sur quel aspect il faut agir en priorité. Pour pouvoir agir, encore faut-il savoir quelles sont les principales sources de cette pollution.

👉 Source : opinion des français sur l'environnement

les principales préoccupations des français sur les enjeux environnementaux © SDES

les principales préoccupations des français sur les enjeux environnementaux © SDES

La production de déchets et l'artificialisation des sols

Nous n'allons pas reprendre les résultats des 17 dossiers concernant l'environnement publiés au mois d'avril par la SDES, mais faire un focus sur la dégradation de l'eau et voir ses causes : la production de déchets, l'artificialisation des sols et les pollutions multiples car au final, tout est lié.

Car pour définir quelles actions il faut mener, il faut s'intéresser aux sources des pollutions et à la production des déchets. Dans ce domaine, la SDES souligne l'impact du logement et des constructions, secteur qui a lui seul génère 70% de la totalité des déchets produits en France !

L'étude évoque 247 millions de tonnes de déchets par an, mais tous ne posent pas de problèmes, puisque 81% sont réutilisés ou recyclés pour d'autres usages comme les remblais par exemple. Mais la construction génère aussi chaque année 3.000.000 de tonnes de déchets dangereux : amiante, terres et gravats contaminés par des hydrocarbures, peintures ou solvants et tout un tas d'autres produits chimiques.

Hors ce type de déchets est lui en forte augmentation, +19% lors du dernier relevé fait en 2022. Malheureusement, l'étude de la SDES ne donne pas plus d'informations sur ce qu'ils deviennent et comment ils sont traités. Ce n'est néanmoins pas la seule source de pollution, nous avons lu récemment des alertes sur l'épandage de boues industrielles qui contaminent les champs donc notre alimentation (et par infiltration les milieux aquatiques aussi).

Concernant l'artificialisation des sols, nous ne sommes pas tous égaux et certains départements arrivent à des niveaux alarmants (plus de 15%). Ce sont principalement les grandes villes : la région parisienne, les Bouches du Rhône (Marseille) et le Rhône (Lyon) ainsi que le Nord (Lille) et le tout petit département du Territoire de Belfort principalement composé de la ville du même nom.

Le principal coupable est dans ce domaine l'habitat, qui en moyenne est responsable de 45% des surfaces artificialisées (chiffre 2023) mais il y a des jardins, des espaces verts autour de nos logements. Si l'on s'intéresse à leur imperméabilisation, ce sont les infrastructures de transports qui sont les plus préoccupantes (54%) loin devant les habitations (35%).

Vu le nombre de projets routiers et autoroutiers en cours ou en préparation à travers toute la France, force est de constater que sur ce point, le gouvernement ne fait pas les efforts nécessaires pour réduire la voilure. Circuler est un droit fondamental, mais beaucoup de projets sont anciens et ne prennent pas assez en compte ces enjeux, sont reconnus d'intérêt général majeur par les préfets sans vérifications.

👉 Source : secteur du logement et construction

L’artificialisation des sols entraîne des effets négatifs tant sur le plan écologique comme la perte de biodiversité, l’augmentation du risque de ruissellement ou la réduction des capacités de stockage du carbone, que sur le plan socio-économique avec notamment la baisse du potentiel de production agricole ou l’allongement des temps de déplacements du fait de l’étalement urbain.

Extrait du rapport de la SDES

une artificialisation inégale des sols en France © SDES

une artificialisation inégale des sols en France © SDES

Des sources de pollutions multiples et responsabilités

L'artificialisation des sols a un impact certain sur les capacités du milieu naturel à absorber les pollutions, stocker le carbone et le ruissellement des eaux. La solution est donc sans doute aussi et surtout d'arriver à réduire les émissions de polluants dans l'air, les terres et les milieux aquatiques.

La SDES a émis plusieurs rapports sur ces aspects, notamment les rejets de polluants. La répartition des responsabilités est plus complexe, puisqu'elle dépend de quels polluants il s'agit : les transports sont la principale source de rejets d'oxydes d'azote (47%) devant l'agriculture (25%) et l'industrie (18%). Néanmoins les transports ne sont pas que nos voitures, mais aussi les camions.

Pour ce qui est des particules fines, c'est le secteur résidentiel qui en rejette le plus dans l'atmosphère (46%) suivi par l'industrie (24%) et l'agriculture (20%). Même constat pour le monoxyde de carbone puisque le résidentiel est le principal responsable (49%) devant l'industrie (29%) et les transports (16%), soulignant l'importance de faire évoluer nos modes de chauffage.

Nous n'allons pas tous les passer en revue, mais notons que l'agriculture est responsable de 96% des rejets d'ammoniac et de 40% des émissions de COV (composés organiques volatils). L'industrie est elle responsable de 85% des rejets en dioxyde de souffre et jusqu'à 77% des métaux (arsenic, cadmium, mercure, plomb, etc...).

Il est néanmoins à noter que tous les indicateurs sont globalement à la baisse depuis leur référencement en 2000, certains de plus de 75% (d'autres moins). Ce qui n'est malheureusement pas le cas de la production de déchets, nous y revenons, qui en moyenne baisse aussi de 18% ente 2000 et 2022 mais cache de grosses disparités.

C'est en effet un chiffre à modérer, car la baisse est à mettre intégralement au crédit du secteur tertiaire qui a baissé de -40% ses quantités de déchets. Au contraire, ceux de la construction (premier producteur de déchets) ont augmentés de 6% à 7% sur la même période. Mais la palme revient à l'industrie qui a augmenté de +20% la quantité de déchets produits, ruinant en grande partie les efforts du tertiaire.

👉 Sources (SDES) :

Des pollutions qui ont des effets sur l'eau, un bien précieux

Bien entendu, toutes ces émissions de déchets et de polluants ont des conséquences directes sur la qualité de l'air, des terres et des milieux humides, c'est le cycle de l'eau imagé dans notre premier visuel (évaporation, pluie, ruissellement, etc...).

L'état des eaux est un indicateur fiable puisque toutes les pollutions contaminent notre ressource la plus précieuse. La SDES n'y va pas par quatre chemins et tire la sonnette d'alarme, précisant dans son dernier rapport que 51% des milieux humides naturels sont dégradés par l'agriculture intensive et l'urbanisation.

Pire encore, 56% des masses d'eau sont classées dans un état écologique moyen, médiocre ou mauvais. Ces masses d'eau ont pourtant un rôle primordial à jouer puisqu'elles servent à produire l'eau potable que nous buvons au quotidien, permettent de filtrer les polluants et rechargent les nappes phréatiques.

Nous confirmons donc qu'il est bien urgent de traiter les problématiques liées à l'eau et sa qualité, comme le souhaitent les français qui demandent au gouvernement d'agir en priorité sur cette problématique. Malheureusement, ce sont souvent les intérêts privés et financiers qui priment sur les enjeux environnementaux et de santé publique. Car toutes ces pollutions engendrent aussi des problèmes de santé, qui impliquent des coûts faramineux pour les finances publiques !

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