des astuces et conseils pour vous aider à mieux consommer au quotidien !
Consultez notre guide pratique pour apprendre à reconnaître et éviter les numéros surtaxés, qui ne sont pas toujours si simples à repérer car il en existe plusieurs sortes : à 4, 6 ou 10 chiffres il n'existe pas de repère simple et fiable pour s'en prémunir.
Ajoutez les SMS qui peuvent eux aussi être surtaxés et les tentatives d'arnaques qui se multiplient, soyez les bienvenus dans la jungle. Qui les utilise, dans quel but ?
Consultez la réglementation en vigueur, qui va d'ailleurs évoluer au mois d'août pour comprendre ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas. Suivez nos conseils pour vous protéger des numéros surtaxés et apprenez à bloquer les appels indésirables.
Déroulé de l'article :
Commençons par expliquer ce que sont les numéros surtaxés et qui les utilise. Le but, lui, est généralement assez clair : vous faire payer plus que le simple coût d’un appel, parfois de façon légitime, parfois de manière beaucoup plus discutable.
Les numéros surtaxés sont à l’origine conçus pour des services précis : services clients, assistance technique, jeux concours, votes lors de programmes télévisés, services de renseignements, prises de rendez-vous, etc...
En théorie, les entreprises sont tenues d’informer clairement les consommateurs du coût associé à ces numéros. Cette information doit être visible, lisible et accessible avant l’appel, que ce soit sur un site internet, un courrier ou un message vocal.
Dans les faits, cette transparence reste très inégale et n'est pas toujours respectée. À cela s’ajoute un autre problème : le coût d’un appel surtaxé peut être plus élevé depuis un téléphone mobile que depuis une ligne fixe, les opérateurs mobiles étant autorisés à appliquer des tarifs spécifiques.
Outre ces pratiques "peu reluisantes mais légales", il faut aussi apprendre à esquiver les arnaques pures et simples. Ces techniques reposent presque toujours sur l’urgence ou la curiosité, deux leviers particulièrement efficaces.
Par exemple :
Le démarchage téléphonique sans votre accord sera progressivement interdit en France. La loi dite « contre toutes les fraudes aux aides publiques » promulguée en juin 2025 entrera en vigueur à partir du 11 août 2026, elle intègre un volet qui concerne aussi le démarchage téléphonique et techniques assimilées (appels, SMS, e-mails et messages sur les réseaux sociaux).
✅ Appels encore autorisés
Si vous avez donné votre accord explicite pour être contacté.
Si l’appel concerne un contrat en cours (client existant).
ℹ️ Ce que ça change pour vous
Vous n’aurez plus besoin de vous inscrire sur Bloctel à terme.
Les entreprises n’auront plus le droit de vous appeler sans votre consentement.
La loi instaure une interdiction de principe du démarchage non sollicité : un professionnel ne pourra pas appeler un consommateur sans avoir obtenu au préalable son consentement explicite, libre, spécifique, éclairé, univoque et réversible.
Avec la nouvelle loi, la règle évolue vers un principe d’« opt-in » : ce sont désormais les entreprises qui devront s’assurer d’obtenir votre accord avant de vous contacter. Cette obligation vise à mieux protéger les particuliers contre les sollicitations non désirées, néanmoins à travers les formulaires de cookies des sites internet ils arrivent toujours à obtenir notre consentement d'une manière ou d'une autre.
📅 Les dates importantes
Depuis le 1er juillet 2025
❌ Interdiction du démarchage non sollicité dans certains secteurs sensibles : rénovation énergétique, adaptation du logement.
À partir du 11 août 2026
❌ Interdiction du démarchage téléphonique non sollicité dans tous les secteurs.
Les entreprises devront être en mesure de justifier et documenter le consentement recueilli (par exemple via un formulaire ou une case cochée), car elles devront pouvoir le prouver si nécessaire. Parallèlement, certaines règles déjà en place comme les plages horaires autorisées pour la prospection téléphonique restent applicables.
👉 à lire : fiche du ministère de l'économie
Maintenant que nous savons qui utilise ces numéros et dans quel but, reste la question essentielle : comment identifier un numéro surtaxé avant de rappeler ?
Ce n’est malheureusement pas aussi simple que cela pourrait l’être. Le plan de numérotation français autorise encore de nombreux formats pouvant être surtaxés, ce qui entretient la confusion. Voici les principales règles à connaître.
Les numéros à 10 chiffres
0800 à 0805 : numéros totalement gratuits
0806 à 0809 : numéro gratuit + coût de l’appel au tarif normal
081 - 082 - 089 : numéros surtaxés
Un numéro commençant par 0809 peut donc sembler très proche d’un 0890, pourtant le premier est généralement inclus dans le forfait téléphonique (ou facturé au tarif normal), alors que le second vous sera facturé hors forfait.
Les numéros à 6 chiffres
118 : numéros de renseignements téléphoniques, toujours surtaxés
Les numéros courts à 4 chiffres
30 et 31 : gratuits
32 - 34 - 36 - 39 : peuvent être surtaxés, soit à la minute, soit directement en euros
L’Institut national de la consommation (INC) indique que les numéros courts commençant par 1 ou 3 peuvent être surtaxés, cette classification reste donc assez complexe et peu lisible pour le grand public.
En cas de doute, l’AF2M (Association française pour le développement des services et usages multimédias multi-opérateurs) met à votre disposition des outils à travers son site "sur ma facture". Il s’agit d’un site informatif intégrant un annuaire inversé gratuit qui permet d’identifier les numéro spéciaux et SMS à 5 chiffres et d'en connaître la tarification.
Pour les autres numéros, ceux à 10 chiffres le site de l’ARCEP propose également un outil permettant de savoir à quel opérateur un numéro est attribué, même si la tarification n’est pas indiquée.
Quand vous cherchez des numéros à appeler, ils doivent être indiqués dans un certain format avec un code couleur en fonction de la tarification : vert pour les appels gratuits, gris pour les appels compris dans les forfaits de téléphonie et violet pour les appels vers des numéros surtaxés.
Code couleur normalisé :
La DGCCRF recommande également d’activer l’option de blocage des numéros surtaxés, proposée gratuitement par la plupart des opérateurs (Orange, Free, SFR, Bouygues, etc...). Cette option est accessible depuis l’espace client, nous ne pouvons que vous conseiller de l'activer pour éviter de vous faire arnaquer.
Pensez aussi à bloquer systématiquement les numéros et expéditeurs de SMS frauduleux. Une fois que vous figurez dans leurs bases de données, les sollicitations ont tendance à se multiplier. La CNIL explique, selon votre système d’exploitation (Android, iOS et autres), comment effectuer ces blocages efficacement.
Enfin, vous pouvez signaler les appels et SMS indésirables sur le site 33700.fr géré par l’AF2M, qui transmet les signalements aux opérateurs. Il ne faut pas oublier que ces pratiques ne se limitent pas uniquement aux appels téléphoniques : SMS surtaxés (SMS+), abonnements dissimulés (Internet+), tout est bon pour vous facturer en toute opacité.
Ces dispositifs d’information sont utiles, mais ils ont une limite évidente : ils sont gérés par des structures financées par les acteurs mêmes du secteur. Comme pour le démarchage téléphonique et l’inefficacité bien connue de Bloctel, on confie la régulation à ceux qui tirent profit de ces numéros surtaxés.
Les choses ne changent réellement que par la réglementation. Si les règles sur le démarchage téléphonique vont prochainement évoluer vers une interdiction progressive des appels non sollicités sans consentement, les numéros surtaxés restent encore très largement autorisés, tant que l’information est jugée "suffisante".
En attendant une véritable remise à plat du système, la meilleure protection reste donc l’information et la vigilance. C'est fatiguant, mais nous en arrivons finalement un peu toujours à la même conclusion.
NDLR : première parution en 2023, mis à jour en 2026