des astuces et conseils pour vous aider à mieux consommer au quotidien !

Actus : décryptage des derniers buzz de l'été, pas si étonnants que ça !

Si certains semblent s'étonner des actualités parfois cocasses qui se sont enchaînées en ce mois d'août 2025, comme par exemple une bande organisée de méduses délinquantes qui s'attaquent à une centrale nucléaire, elles n'ont pourtant rien de surprenantes pour celles et ceux qui prennent la peine de s'informer.

Car que ce soit cette histoire de méduses, le rappel de plusieurs dizaines de références de fromages ou bien encore la découverte de décharges sauvages autour des usines de Nestlé Waters, toutes ces actualités qui ont fait le buzz la semaine dernière étaient soit déjà connues, soient prévisibles. Et nous pouvons le prouver, puisque nous les avions toutes évoquées, avant même que ces événements ne se produisent !

Déroulé de l'article :

 

Des actualités font le buzz, mais sont pourtant prévisibles

Des décharges sauvages qui font le buzz partout, mais que nous avions évoquées il y a 6 mois. Des méduses qui s'attaquent à une centrale nucléaire française, une première en France mais qui n'a rien d'étonnant avec de nombreux précédents à travers le monde. Un énième scandale sanitaire imputable à l'indstrie agroalimentaire fait au moins 2 morts, un désastre qui se répète à l'infini mais n'est pourtant pas une fatalité.

Ce qui nous étonne ici, c'est finalement que les médias s'étonnent et traitent ces sujets comme des événements imprévisibles, voir parfois amusants même. Alors qu'ils sont en fait prévisibles et les symptômes de maux connus, mais pour lesquels nous ne faisons pas grand chose et sont inévitablement appelés à se répéter et/ou s'intensifier.

En effet, nous allons voir que ces trois actualités qui ont peut-être semblé sortir de nul part en plein mois d'août, nous les avions déjà toutes évoquées ou prévues à travers nos articles écrits depuis le début de l'année.

Nous ne sommes pourtant pas visionnaires, juste informés et c'est justement tout l'intérêt si l'on veut comprendre et anticiper ce types d'événements qui n'ont en fait rien de surprenant, et sont souvent liés à nos habitudes de consommation.

Alors prenons les trois informations de cette fin d'été qui ont fait le buzz et les choux gras des médias mainstream, pour expliquer pourquoi ils étaient prévisibles et ne nous ont pas surpris. Mais aussi comment ils pourraient être évités, si l'on ne fermait pas les yeux sur la réalité de notre environnement.

 

Les décharges sauvages de Nestlé Waters, c'était il y a 6 mois

Nous avons dédié un article aux décharges sauvages de Nestlé Waters il ya quelques jours, voyant l'énorme buzz médiatique des révélations sur cet autre scandale touchant la multinationale Suisse. Des centaines d'articles ont été publiés en à peine deux jours pour révéler cette affaire, dont nous n'avions pas connaissance ?

Pourtant, mis à part une nouvelle analyse, suite logique de la procédure judiciaire en cours, la presse a repris exactement les mêmes informations que nous avions évoquées 6 mois plus tôt, dans un article publié au mois de février 2025. Car en vérité cette affaire est connue depuis le début de l'année, mais n'avait pas fait les gros titres de la presse nationale à ce moment là.

L'information avait été évoquée par la presse régionale et nous avions pensé important d'informer le public sur cet autre scandale entourant les pratiques (présumées) de la multinationale Suisse, suite au scandale des filtrations illégales passées sous silence par l'état français. Si le premier a été largement repris dans les médias, ça n'avait pas été le cas du second, jusqu'il y a quelques jours.

L'exemple des décharges sauvages illustre bien comment les grands médias se copient les uns les autres et l'effet boule de neige qui fait qu'une actualité peut être relayée à outrance auprès du grand public, ou au contraire va passer complètement à travers le filtre à buzz de la presse mainstream.

La question que nous nous posons ici est de savoir si l'information est intéressante et nous apprend quelque chose, est-ce que d'une façon ou d'une autre elle nous permet de mieux consommer et nous incite à modifier nos (mauvaises) habitudes ? En évitant des marques qui se comportent mal, oui ça permet de mieux consommer.

De nos jours les gros médias se demandent surtout si ça va faire du clic, car plus il y a de visites et plus il y a de revenus publicitaires qui rentrent dans les caisses. Ce sont deux façons de voir l'actualité, et sans doute la raison pour laquelle nous avons souvent un coup d'avance sur d'autres.

Car il se trouve que nous avions justement évoqué aussi les attaques de méduses sur des centrales nucléaires tout juste un mois avant que ça ne se produise en France, vous ne nous croyez pas ? Lisez la suite de notre article.

un nouveau scandale Nestlé Waters, avec 6 mois de retard (capture d'écran)

un nouveau scandale Nestlé Waters, avec 6 mois de retard (capture d'écran)

Des méduses qui bloquent une centrale nucléaire, c'est inédit ?

Quelques jours plus tard, même constat avec des médias qui s'emballent pour relayer une information étonnante et sensationnelle, du jamais vu : des méduses attaquent la centrale nucléaire de Gravelines et bloquent les réacteurs, on a envie de dire pour utiliser un anglicisme "What the f..." !

Un événement insolite qui n'a de premier abord pas grand chose à voir avec la consommation, et aurait donc dû nous étonner, même nous qui nous tenons informés, mais en fait non. Comme le hasard n'existe pas, un mois avant cette attaque de méduses sur la centrale de Gravelines, nous évoquions le rapport officiel sur l'état de l'environnement en France.

Dans le volet diversité nous prenions justement l'exemple de précédentes attaques de méduses sur des centrales nucléaires qui se produisaient à travers le monde. Le phénomène qui a amusé la France était pourtant prévisible et découle de la surpêche et autres activités maritimes humaines.

Il se trouve que ça arrive assez régulièrement depuis au moins 2011, puisque le même phénomène a été pour la première fois (du moins à notre connaissance) observé sur une centrale au japon. Mais aussi plus proche de chez nous en Suède deux ans plus tard, en 2013 et se répète aux quatres coins du globe depuis, même si nous n'en entendons jamais parler.

Nous pourrions aussi prendre l'exemple de l'échec des négociations mondiales sur la pollution plastique, et tant d'autres. Il faut bien comprendre que les activités humaines entraînent des conséquences en chaîne et que tout est lié, il est donc dommage de ne s'y intéresser que sous le prisme d'actualités fantaisistes.

Si le constat est édifiant et sans appel, ça n'a pourtant pas empêché nos députés et sénateurs de voter il y a quelques semaines la loi Duplomb qui envisageait de réintroduire des pesticides tueurs d'abeilles, les fameux néonicotinoïde tant décriés accompagnés de plusieurs autres reculs navrants.

Des méduses attaquent des centrales électriques, depuis 2011 (capture d'écran)

Des méduses attaquent des centrales électriques, depuis 2011 (capture d'écran)

Des fromages contaminés, des rappels de produits inexistants

Enfin, c'est sans doute la loi des séries, les médias se sont dans la foulée emparés du cas des fromages contaminés à la listériose (ou listéria). Comme par exemple évoqué dans cet article de Franceinfo, il a l'avantage de reproduire la chronologie de cette affaire qui débute en juin.

En effet, si le nombre hallucinant de rappels de fromages a poussé les médias à se saisir de l'information, la même fromagerie avait déjà connu le même problème (dans une moindre mesure) au mois de juin et avait été alertée par les autorités fin juillet. Ce qui n'a pas empêché la commercialisation de fromages, rappelés en masse par la suite.

Mais le vrai scandale, c'est surtout celui des rappels de produits et in fine, de comment l'état (ne) protège (pas) les consommateurs de ces disfonctionnements. C'est également un des combats que nous menons depuis de longues années, sans succès puisque nos gouvernants s'en fichent royalement.

Des dizaines de cas avérés, déjà au moins deux morts, voilà qui nous rappelle l'affaire des pizzas Buitoni en 2022 : mêmes causes, mêmes conséquences. La CLCV avait également relevé un cas similaire avec des morbiers contaminés en 2024, l'histoire se répète à l'infini et ça n'étonne que ceux qui ne veulent pas s'en souvenir.

Il y a des raisons qui expliquent ces scandales sanitaires à répétition, en premier lieu la politique française qui fait une confiance aveugle aux auto-contrôles des industriels, qui ont pourtant prouvé leurs limites. Une législation trop permissive, des contrôles trop limités, aucunes sanctions pour les récidivistes, c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres.

Le second problème, car des cas de contamination sont malheureusement inévitables, c'est bien celui des rappels de produits et de l'information aux consommateurs, les industriels et les distributeurs privilégiant leur chiffre d'affaire à notre santé face à des alertes de contaminations.

En effet, il suffit de regarder les rappels de produits sur les fromages opérés à la mi-août, concernant des lots vendus pour certains depuis le mois de juin. Alors certes, un fromage peut se conserver quelques semaines pour l'affiner, mais comme trop souvent le rappel intervient une fois les aliments vendus et consommés.

les rappels de produits sont quotidiens, mais arrivent souvent trop tard (capture d'écran)

les rappels de produits sont quotidiens, mais arrivent souvent trop tard (capture d'écran)

Comme ça les industriels minimisent leurs pertes et les remboursements, bien que dans ce cas d'ailleurs ce n'était même pas une option proposée. Les autorités conseillaient de directement détruire les fromages incriminés, au lieu de les ramener en magasin pour se faire rembourser.

Pour ceux qui ont la chance de ne pas les avoir déjà consommés, une perte d'argent sans trop de conséquences. Pour ceux qui ont eu des symptômes et sont tombés malades, des franchises à payer de leur poche pour les consultations et encore d'autres sur les boites de médicaments prescrites pour se soigner.

Ce sont toujours les mêmes qui perdent, et toujours pas une priorité d'informer les consommateurs en France. Nous militons donc depuis des années pour que, comme en Belgique ou en Angleterre par exemple, les consommateurs qui le souhaitent puissent être alertés par voie électronique quand un produit qu'ils ont acheté fait l'objet d'un rappel.

Comme rappelé dans notre dernier article sur les rappels de produits écrit, là encore il n'y a pas de hasard, au début du mois de juin soit environ deux semaines avant le début de ce nouveau scandale des fromages contaminés à la listériose.

Comme quoi, toutes ces actualités qui emballent les médias mainstream et semblent inédites, sont prévisibles. Mais le plus triste au final, c'est que nous ne prenons collectivement aucunes mesures pour faire en sorte d'en limiter les dégâts. Au contraire, nous faisons bien souvent l'inverse que ce que le bon sens nous impose.

Lire les actualités et s'informer, ça change la vie

Retour à l'accueil
Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article