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Actus : les décharges sauvages de Nestlé Waters font le buzz

Ces derniers jours, la machine médiatique s'est emballée et semble avoir eu accès en exclusivité à une nouvelle actualité brûlante, c'est l'histoire des décharges sauvages de Nestlé Waters dont vous avez dû entendre parler à moins d'être partis en vacances dans une zone blanche.

Le problème, c'est que les médias laissent penser que c'est tout beau tout chaud, alors que nous avions révélé cette seconde affaire Nestlé Waters il y a plus de 6 mois, reprenant d'ailleurs le travail de la presse quotidienne régionale. Ou comment réchauffer une vieille information pour faire le buzz, alors décryptons les dessous de ce nouveau scandale.

 

Les décharges sauvages de Nestlé Waters, une actualité déterrée

Nous avons été étonnés de voir la machine médiatique s'emballer en fin de semaine dernière, semblant découvrir la pollution aux microplastiques découlant (c'est le cas de le dire) des décharges sauvages pour lesquelles Nestlé Waters devra répondre devant la justice, le procès qui était initialement prévu en mai devrait se tenir au mois de novembre.

Les articles ont fleuris aux quatre coins du web, chaque site d'actualités y allant de bon cœur, ébahis d'apprendre cette histoire de décharges sauvages. Nous avions pourtant écrit un article que vous pouvez consulter ici à ce sujet en date du 05 février 2025, il y a donc 6 mois déjà.

Ce sont exactement les mêmes informations qui ressortent aujourd'hui et font les choux gras de la presse nationale. Mais nous ne faisons pas partie du cercle des médias mainstream qui cherchent le buzz et les clics, autrement dit pour la plupart d'entre eux à faire un maximum d'affichages publicitaires pour rentrer du cash dans les caisses.

En effet, l'annonce mis à part quelques articles dans la presse quotidienne régionale et le notre, était passée au travers du filtre des rois du buzz médiatique. Jusqu'à ce que Médiapart révèle en fin de semaine que ces décharges sauvages pourraient être à l'origine d'une pollution aux microplastiques des eaux Hépar et Contrex.

Une accusation qui reste à confirmer bien entendu et comme dans les autres dossiers en cours d'instruction, Nestlé Waters est présumé innocent. Mais l'information est fiable puisqu'elle émane cette fois du magistrat en charge de l'affaire, qui a fait effectuer une analyse des sols alentours.

Il est vrai que cette analyse est récente et c'est elle qui fait l'actualité, mais en début d'année les poursuites évoquaient déjà des "particules de microplastiques" à des concentrations "rendant toute vie aquatique impossible et ayant des effets nuisibles sur la santé, la flore et la faune par leur toxicité". Les médias mainstream ne s'en étaient pourtant pas saisis à l'époque.

C'est donc la confirmation des craintes exprimées par le tribunal il y a 6 mois et la suite logique de l'enquête. Hors les résultats sont effrayants, avec un taux de particules de micro-plastiques allant de 51.000 pour Hépar à 1.300.000 fois plus élevées pour Contrex que la normale dans l'environnement régional.

Ce qui n'empêche pas pour autant la multinationale, contactée par Médiapart d'affirmer « qu’aucune pollution n’est avérée aux termes des analyses environnementales partagées avec les autorités. Toutes nos eaux peuvent être bues en toute sécurité ».

quand les médias s'emballent sur une actualité réchauffée (capture d'écran)

quand les médias s'emballent sur une actualité réchauffée (capture d'écran)

Ce qui n'a finalement rien de bien étonnant là non plus, les décharges sauvages engendrent de la pollution, c'est juste d'une logique implacable. Si tu pollue ton propre environnement et la ressource naturelle qui te permet de vivre, il ne faut pas s'étonner qu'elle devienne impropre à la consommation.

Il est tout de même question dans cette histoire de quatre sites de décharges sauvages autour des sites de production d'eau, pour un volume total cumulé de 126 piscines olympiques ! Un mélange de bouteilles en verre ou en plastique et d'autres déchets, le tout en plein cœur du massif des Vosges.

On peut néanmoins se demander à quoi ils pensent chez Nestlé Waters, d'un côté ils prennent le risque de polluer la ressource qu'ils exploitent avec des décharges sauvages pour économiser quelques euros, de l'autre ils sont obligés d'appliquer des procédés de traitement illégaux : c'est un peu l'histoire du serpent qui se mord la queue.

Ça en serait presque drôle, si les dindons de la farce n'étaient pas les consommateurs, si l'état français n'avait pas tenté de cacher le scandale des filtrations illégales se rendant complice de la multinationale, si ces mêmes politiciens n'étaient pas encore de nos jours aux manettes du pays, si Nestlé Waters n'avait pas failli réussir à se faire blanchir par la justice avec l'histoire de la CJIP, etc...

Alors au moins, même si les médias mainstream ne le font pas pour les bonnes raisons, ce nouveau rebondissement médiatique de grande ampleur aura peut-être au moins l'intérêt de faire en sorte que Nestlé Waters ne puisse pas s'en sortir en signant un petit chèque. Car maintenant, tout le monde est au courant de cette autre procédure judiciaire (avec 6 mois de retard).

Une analyse chiffrée illustre que les proportions sont incommensurables s’agissant de l’introduction de microplastiques dans les sols vosgiens par Nestlé aux lieux des décharges, sur les terres et les eaux situées en aval.

propos du magistrat recueillis par Médiapart

Néanmoins, n'ayons pas trop d'inquiétudes pour la multinationale Suisse car il y a une dizaine de jours je lisais une autre news qui expliquait que Perrier était toujours de loin le numéro 1 des ventes d'eaux en bouteilles aux terrasses des cafés.

Le travail de lobotomie a déjà été fait depuis des dizaines d'années et le marketing est particulièrement efficace, vous pourrez bien expliquer aux gens tout ce que vous voudrez, ils continueront à boire leur marque d'eau préférée comme si de rien n'était.

Même si dans ce cas ce n'est pas la marque Perrier qui est incriminée mais les marques Contrex et Hépar, il semble évident même si Nestlé Waters est présumé innocent que la confiance envers la multinationale Suisse est rompue et qu'il devrait donc logiquement s'imposer aux consommateurs d'appliquer eux même le principe de précaution.

Les actualités, au service des consommateurs (pourboire non compris)

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