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C'est désormais devenu une (mauvaise) habitude, faire le point sur les augmentations du coût des dépenses contraintes en début d'année ne suffit plus, notamment pour tout ce qui concerne les énergies puisque le gouvernement décide de les augmenter (ou plus rarement de les abaisser) chaque été aussi.
Nous préférerions écrire des articles plus joyeux en pleine période estivale, mais c'est ainsi. Alors voyons les dernières annonces faites sur les hausses du prix des énergies à l'été 2026, qui ne dérogent pas à la règle encore cette année. Quel sera leur impact sur les dépenses contraintes et notre pouvoir d'achat, que doit on savoir pour prévoir son budget ?
Déroulé de l'article :
Sans surprise, ce sont une nouvelle fois des augmentations du tarif des énergies qui ont été décidées par notre gouvernement afin de nous garantir un été ''muy caliente'', entre deux incendies géants. À commencer par une hausse de +2,5% du tarif de l'électricité proposée par la CRE (Commission de Régulation des Energies) et bien entendu acceptée par nos dirigeants.
La hausse est entrée en vigueur au premier août 2026 et concerne donc tous les ménages, quelque soit leur contrat y compris ceux à prix bloqués, car ce sont uniquement des taxes qui augmentent et non pas le prix de la molécule. La hausse devrait être de 26€ TTC en moyenne sur leur facture annuelle.
Mais le tarif de l'électricité avait baissé de 2.56% en début d'année, comme évoqué dans notre article de janvier. Sur une année donc, ça s'équilibre. Mais il reste toujours bien plus cher qu'avant le début de la guerre en Ukraine et la flambée des prix qui s'en est suivie, car l'électricité (molécule) a augmenté de +18.1% entre janvier 2021 et janvier 2026.
Pour expliquer cette hausse, la CRE évoque une hausse du TURPE (réseau de transport et distribution de l'électricité) qui est payé par chaque utilisateur, mais aussi la hausse d'une autre taxe qui a pour joli petit sobriquet « brique capacitaire des TRVE ».
Ce terme incompréhensible pour le grand public, selon Que Choisir, permet de financer le mécanisme de capacité, c'est clair non ? En termes plus simples à comprendre, cette taxe que nous payons permet de rémunérer les producteurs d'électricité appelés en renfort lors des périodes de forte consommation.
L'association de défense des consommateurs nous apprend au passage que la hausse aurait pu être encore plus importante, mais reste contenue grâce à la légère baisse de l'accise sur l'électricité, qui passe de 30,85€ du mégawatt/heure à 30,62€. En résumé donc : taxe + taxe - taxe = +2,5% sur le tarif.
Mais tout ça ne saurait pas nous faire oublier l'augmentation de la TVA de 5,5% à 20% sur les abonnements qui est elle entrée en vigueur il y a tout juste un an. Il est difficile de s'y retrouver tant il existe de taxes sur les énergies, heureusement que ce n'est pas un bien de première nécessité utile pour s'éclairer ou se chauffer, vous imaginez sinon ?
👉 Source : Que Choisir Ensemble
Message de notre fournisseur nous informant de l'augmentation du prix de l'électricité (capture d'écran)
Passons au gaz, la CRE a proposé une hausse de 5,87% du tarif de la taxe ATRD7 (accès des tiers au réseau de distribution), bien entendu là aussi acceptée sans sourciller par le gouvernement. Cette taxe avait déjà augmenté de +6,1% en 2025 et de +27,5% en 2024. Une hausse qui atteint près de 40% en l'espace de trois ans, il n'y a pas à dire nos dirigeants s'inquiètent du pouvoir d'achat des ménages français.
Car le gouvernement avait décidé l'an dernier de faire passer la TVA de 5,5% à 20% sur les abonnements, comme pour l'électricité. Et ce ne sont que les taxes, auxquelles s'ajoutent le prix de la molécule, le prix du gaz a bondit de +7,4% au mois de juillet 2026, il est légèrement à la baisse pour le mois d'août : -1,7%.
Mais il est impossible pour le particulier de s'y retrouver avec un prix qui change tous les mois, l'inflation se calculant sur un an au minimum, que disent les chiffres ? Si l'on revient à l'été 2025, le prix du gaz a augmenté de +17,6% sur une année (source : CRE).
Toutes les composantes du prix du gaz, les taxes comme la molécule sont donc en forte hausse sur un an. Mieux vaut là encore ne pas remonter plus dans le temps, c'est à dire avant la guerre en Ukraine qui avait fait littéralement flamber le prix du gaz, car sinon vous allez pleurer.
Plus concrètement pour revenir au présent, la hausse annoncée de la taxe sur la distribution ATRD représenterait selon la CRE une hausse globale de 1,5% sur nos factures TTC, à laquelle il faut donc ajouter celle du gaz (molécule), qui varie désormais chaque mois depuis la fin du tarif réglementé.
Entrave à la libre concurrence selon les instances dirigeantes, le tarif réglementé avait aussi des avantages pour celles et ceux qui subissent la dure loi du prix de marché, raison pour laquelle les associations de consommateurs se sont battues (mais n'ont pas été entendues). Résultat : le nombre de foyers utilisant le gaz baisse, et ceux qui n'ont pas encore changé voient leur facture exploser.
👉 Source : Médiateur National de l'Energie
Il est devenu quasiment impossible d'évoquer l'évolution du prix des carburants, qui fait le yoyo et diffère d'un département à l'autre, d'une station à l'autre, et même d'un jour à l'autre. Notre monde est devenu tellement fou qu'un simple « tweet » peut se mesurer à la pompe le lendemain.
Pour le diesel, si je me base sur la station service la plus proche de mon domicile, j'ai fait le plein il y a quelques semaines à 1,90€ le litre de diesel, il était lors de mon dernier passage il y a quelques jours à 2,17€. Soit une hausse de 27 centimes au litre entre fin juin et fin juillet (13.50€ pour un plein de 50 litres).
La seule chose qui est certaine, c'est qu'il reste beaucoup plus cher qu'avant le début de la guerre en Ukraine. Et comme il n'avait pas beaucoup rebaissé avant la guerre en Iran, c'est la double peine pour les automobilistes, ceux qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture au quotidien (ce qui n'est pas mons cas).
Sans rapport, mais un timing qui interroge car c'est habituellement communiqué plus tard, La Poste vient déjà d'annoncer une hausse de ses tarifs de distribution de +6,93% en 2027 (courriers et colis). Néanmoins ce n'est pas une dépense contrainte, sauf dans certains cas et notamment avec les lettres recommandées que nous avions évoquées aussi, hors de prix mais incontournables.
Que dire de la nouvelle loi visant à soutenir un modèle agricole dévastateur, pour alimenter le cercle vicieux du productivisme et des exportations ? Si nos agriculteurs ne gagneront pas plus, le prix des fruits frais a lui augmenté de +54% entre 2015 et 2025 quand celui des légumes a pris +62%.
Selon l'observatoire du prix des fruits et légumes (Familles Rurales) le prix des fruits reste stable en 2026 (-0,2%) alors que le prix des légumes flambe de +10% sur une année ! Nous le constatons tous en magasins cet été, les légumes : aubergines, poivrons, tomates, haricot-vert, etc... Restent très onéreux même en pleine saison, hormis peut-être les courgettes qui restent accessibles (mais ça ne fait pas une ratatouille).
C'est aussi dans ce cas le fait de la succession de vagues de chaleur et de canicules depuis le printemps, donc un "facteur ponctuel" mais qui ne change pas la tendance de fond puisque l'observatoire permet de chiffrer la hausse à plus long terme, de +5,4% à +6,2% par an en moyenne.
Chaque trimestre, le gouvernement dresse le bilan et malgré les cures d'austérité à répétition, il faut faire de nouvelles coupes dans les dépenses. Il a décidé de doubler le plafond annuel des franchises médicales, passant le curseur de 100€ par an à 200€, autrement dit si vous êtes malades il faudra désormais en plus d'une bonne mutuelle, payer jusqu'à 200€ de franchises.
Nous avons peu goûté la communication de la ministre, qui a fait la tournée des médias pour marteler qu'il n'avait pas augmenté depuis 20 ans. Peut-être, mais personne n'a oublié qu'en 2024 les franchises et le reste à charge ont doublés : 1€ pour chaque boite de médicament, 2€ par acte médical, 4€ pour un transport médical (8€ l'aller/retour), etc...
D'autant que ce n'est pas tout et une fois de plus, une partie du coût des remboursements sera transféré aux mutuelles : 1,5 à 1,7 milliards d'euros selon Acuité qui donc augmenteront début 2027 (1,5 milliards = 22€ par français). Rappelons que les mutuelles ont déjà augmenté de 4,7% en 2023, de 8,1% en 2024 et de 6% en 2025, comme un air de déjà vu.
Pour compenser, grand seigneur, le gouvernement a consenti à augmenter le taux du livret A de 0,2% tout de même. Avec un taux qui passe de 1,5% à 1,7% autant dire que votre pouvoir d'achat sera préservé ! Si vous êtes (encore plus) pauvres par contre ne comptez pas sur votre LEP (livret épargne populaire) qui lui stagne à 2,5% de taux d'intérêt annuel et n'est pas relevé. Mais soyons justes, il n'avait pas baissé en janvier alors qu'il aurait pu.
Nous n'oublions pas que le SMIC a été revalorisé de +2,41% au mois de juin 2026, même si il reste au ras des pâquerettes à 12,31€ de l'heure. Enfin, la prime d'activité elle est revalorisée de +0,8%, c'est mieux que pour l'épargne mais reste bien en deçà du niveau d'inflation sur les dépenses contraintes.
👉 à lire : notre article sur les augmentations 2025
N'ayez aucune inquiétude, l'INSEE par son habituel tour de passe passe magique a calculé que les français avaient gagné +13% de pouvoir d'achat entre 2017 et 2024. Des chiffres contestables (et contestés), qui permettent surtout de cacher des inégalités qui se creusent sous le tapis.
Un indicateur remis en cause même par les parlementaires de droite d'ailleurs, qui comme nous s'interrogent sur leur construction (lire notre article). Qui dans la vraie vie se dit qu'il lui reste 13% de plus qu'avant une fois payé toutes ses factures ? Personne, puisque c'est une statistique sans intérêt (moyenne nationale).
Enfin non, pas personne puisque c'est le cas pour le dernier décile (les 10% les plus riches) dont les charges et dépenses contraintes ne représentent que 20% du budget, il leur reste donc largement de quoi consommer (80% de leurs revenus) à leur guise. Aux vues des chiffres du secteur du luxe, ils ne s'en privent pas.
Mais si l'on prend par contre le premier décile, c'est l'inverse puisque les dépenses contraintes représentent 77% du budget, il ne leur reste donc plus grand chose pour le reste à vivre (23% de leurs revenus, en 2024). Hors, ça se ressent sur les ventes de PGC (produits de grande consommation) ou le secteur des loisirs qui sont en baisse.
Un grand écart qui illustre bien le poids des dépenses contraintes, qui continuent d'augmenter bien plus rapidement que l'inflation et précipitent toujours plus de ménages dans la pauvreté. Soit plus de 15% de la population, environ 10.000.000 de français selon les derniers chiffres connus (en 2023) et en augmentation de +6,6% par rapport à 2022.
Une estimation elle aussi issue des travaux de l'INSEE, qui arrive donc à observer tout et son contraire d'un indicateur à l'autre. Le problème, c'est que ces chiffres sont réutilisés et manipulés par les politiques et le gouvernement pour appuyer leur idéologie et leurs propositions de lois, hors c'est bien ça qui est le plus dangereux !
Que penser aussi des grands médias mainstream et télévisés, qui les laissent dérouler leurs argumentaires biaisés quasiment sans contradiction, expliquent les hausses de tarifs par des arguments fournis par des cabinets de conseils aux entreprises et préfèrent passer leur temps à créer la polémique sur tout et n'importe quoi ?