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Actualités : le mur des arnaques Foodwatch fête sa première année

L'association de défense des consommateurs spécialisée dans l'alimentation FoodWatch annonçait l'an dernier à la même période son nouveau dispositif : le mur des arnaques. Il permet aux français de partager le marketing abusif qu'ils croisent au quotidien dans les rayons de nos supermarchés, quand ils vont faire leurs courses.

Un affichage public sur le principe du « name & shame », qui permet de pointer du doigt les marques qui utilisent des techniques de communication visant à tromper les consommateurs. Alors pour fêter ce premier anniversaire, nous vous révélons quelles sont les 3 arnaques les plus récurrentes dont il faut se méfier !

Déroulé de l'article :

 

Mur des arnaques FoodWatch : une année d'arnaques révélées

L'été dernier, l'association de défense des consommateurs FoodWatch, française et reconnue par l'état pour répondre à ceux qui aiment mettre en doute leur intégrité, lançait son mur des arnaques. Une page internet sur laquelle les consommateurs peuvent dénoncer les arnaques dont ils sont victimes ou qu'ils repèrent dans les rayons de nos supermarchés.

Nous l'avons déjà évoqué à plusieurs reprises mais comme le dispositif fête sa première année d'existence et son succès, avec des dizaines et des dizaines de contributions depuis son lancement c'est l'occasion de dénoncer les arnaques les plus récurrentes de l'industrie agroalimentaire à travers de nouveaux exemples.

Car si les industriels ne manquent pas d'imagination pour nous vendre tout et n'importe quoi le plus cher possible, il y a malgré tout trois types d'arnaques qui semblent ressortir de cette première année de signalements faits par les citoyens.

Des pratiques détestables qui relèvent indéniablement du marketing abusif et de la tromperie envers les consommateurs, mais qui précisons le aussi, sont pour la plupart parfaitement légales et autorisées par la réglementation française.

Ces pratiques sont connues et documentées depuis longtemps mais rien ne change. Ce qui nous énerve au plus haut point, mais n'est pas étonnant à la lumière de l'affaire Nestlé Waters qui confirme (si besoin l'était), que nos gouvernants sont à la solde des lobbys et se fichent pas mal des consommateurs.

Il faut dire aussi que je suis moi même un ancien chef de cuisine reconverti et spécialisé dans la consommation, l'alimentation est une thématique qui me touche donc tout particulièrement.

Mais ce n'est pas le sujet, alors mieux que des mots prenons des exemples des 3 arnaques les plus fréquentes dénoncées par les consommateurs sur le mur des arnaques FoodWatch. Celles auxquelles vous devriez tout particulièrement faire attention quand vous allez faire vos courses hebdomadaires.

C'est désormais bien documenté mais loin d'être du passé pour autant, les arnaques aux formats familiaux, XXL et autres lots censés permettre aux consommateurs de faire des économies cachent bien souvent de réelles arnaques. Les exemples révélés par le mur FoodWatch sont d'ailleurs sans appel, puisque bien souvent on vante un produit offert alors qu'il n'en est rien.

Ce sont des lots de 3 baguettes + 1 gratuite qui est vendu au même prix que les 4 baguettes vendues à l'unité, une arnaque qui a été repérée dans un magasin Carrefour. Même si dans ce cas l'enseigne peut plaider la simple erreur d'affichage, leur récurrence et le fait qu'elles soient toujours à notre désavantage laisse peu de doutes sur les intentions des industriels et des distributeurs !

Même constat avec l'offre sur l'huile Isio4, qui arbore une belle étiquette 2 litres + 1 litre offert sur ses bouteilles de 3 litres donc. Sauf que là encore le prix ne correspond pas à l'annonce, étant donné que la bouteille de 1 litre de cette même référence d'huile est affichée au prix de 1,97€.

Si vous avez un litre offert sur une bouteille de 3 litres, son prix devrait logiquement être de 3,94€. Il est pourtant affiché à 5,91€ soit le même prix que 3 bouteilles de 1 litre achetées à l'unité, c'est là aussi une belle arnaque à la fausse promotion car en réalité c'est : 3 litres achetés, 0 litres offerts. Des arnaques de ce type pullulent au quotidien dans les allées du secteur "promotions" de tous les supermarchés de France.

Mais des arnaques qui sont tout à fait légales, puisque le gouvernement refuse obstinément de réglementer ce qui est pourtant très clairement du domaine de la tromperie envers les consommateurs et devrait être répréhensible (sauf si votre lobby est assez puissant semble t'il).

Car même si c'est une pratique courante et n'a pas de rapport direct, Isio4 est une huile de la marque Lesieur qui appartient au groupe Avril. Le groupe industriel a été fondé et est toujours en partie dirigé par Arnaud Rousseau, aussi président du syndicat agricole FNSEA. Comme toujours en matière de tarifs il n'y a qu'un juge de paix, c'est de comparer les prix au litre ou au kilo.

les arnaques au prix sur les formats familiaux et XXL © FoodWatch

les arnaques au prix sur les formats familiaux et XXL © FoodWatch

Le second type d'arnaque consiste à vous vendre du rêve, sauf qu'entre l'affichage et les ingrédients il y a souvent des décalages hallucinants. Ce sont tous ces ingrédients alléchants qui sont mis en avant sur les paquets mais que l'on peine à retrouver dans la liste d'ingrédients.

FoodWatch prend comme exemple la tartinade Atelier Blini qui affiche en gros sur son pot qu'elle est composée de betteraves et de chèvre frais. Le problème, c'est que l'ingrédient principal n'est ni la betterave ni le chèvre, mais les pois chiches qui composent à eux seuls 44% de la recette.

Certes les betteraves sont bien là également à hauteur de 37%, mais le chèvre lui ne représente que 2% des ingrédients. C'est donc une tartinade aux pois chiches et à la betterave, mais le chèvre étant plus vendeur c'est lui que la marque choisi de mettre en avant pour vendre plus (et plus cher).

Même constat pour les Bonbons Suisses aux Plantes Ricola Fleur de sureau, le problème est que là encore tout ce qui est mis en avant par le packaging ne représente qu'une infime partie de l'infâme recette qui révèle nous citons l'article de FoodWatch : « un concentré d'édulcorants, d'arômes et de colorants ».

C'est toujours la même histoire avec les pots de dessert végétal Alpro nature aux amandes, il n'y a qu'une minuscule mention de l'ingrédient principal qui est le soja à 94,8% (même si on imagine que les acheteurs le savent quand même) alors que l'ingrédient mis en avant en gras avec un joli visuel ce sont les amandes, il n'y en a pourtant que 1,5% dans la recette.

Précisons qu'en plus Alpro est une marque du groupe Danone, qui a depuis retiré le Nutri-Score de leur emballage car la nouvelle réglementation ne leur permettait plus de faire croire à un produit bon pour la santé.

Bien entendu on retrouve dans cette catégorie tous les ingrédients onéreux pour lesquels vous devriez prendre l'habitude d'être particulièrement vigilant(e) : le chocolat, la vanille, les truffes, les morilles, les fruits secs, certaines viandes et poissons, certains fruits de mer ou fromages, etc...

Nous l'avons vu il y a quelques semaines, l'affichage Origin'Info censé mieux nous informer était juste un contre feu allumé par le gouvernement pour faire croire que la problématique était prise en compte, puis une fois le battage médiatique assuré il a été abandonné en rase campagne.

les arnaques de l'affichage aux produits onéreux © FoodWatch

les arnaques de l'affichage aux produits onéreux © FoodWatch

Enfin on retrouve ce qui est pour nous sans doute l'arnaque la plus débile qui existe mais perdure pourtant, celle des emballages surdimensionnés qui ont de nombreux inconvénients et une seule utilité : tromper les consommateurs !

FoodWatch reprend comme exemple emblématique de cette arnaque le pot de rillettes Super U grand format dont le fond est bombé, sa taille laisse penser à une grande quantité de rillettes mais sa forme concave cachée au fond du pot invisible en rayon ne permet pas de le remplir pleinement (et en plus n'est pas pratique pour le consommateur).

Une vraie arnaque car non seulement elle ne vise qu'à faire croire qu'il y a plus de produit dans le paquet que ce n'est réellement le cas, mais en plus c'est un gâchis d'emballages inutile qui pollue pour rien, si ce n'est une bien mauvaise raison.

C'est d'autant plus flagrant dans cet exemple puisque chaque acheteur se rend bien compte en tartinant ses rillettes que le fond du pot est bombé et vide pour faire plus grand que ce qu'il ne contient réellement.

Ce n'est d'ailleurs pas le pire, en mars nous avions déjà mis en lumière d'autres arnaques à l'emballage mises en ligne sur le mur FoodWatch les mois précédents. Notamment une boite d'escargots en chocolat Lanvin (qui comme par hasard appartient au groupe Nestlé), ou encore les « petits moelleux Savane » de la marque Brossard.

Ce sont au final autant de milliers de tonnes d'emballages qui sont fabriqués et facturés aux consommateurs (des plastiques, de l'aluminium, du carton, etc...). Mais le pire c'est qu'en plus vous devez payer une seconde fois pour que votre commune s'occupe de les ramasser et les trier afin qu'ils soient recyclés, enfouis ou incinérés. Une pollution inutile, un gâchis incompréhensible !

les arnaques aux emballages pleins de vide © FoodWatch

les arnaques aux emballages pleins de vide © FoodWatch

Voilà pour ces quelques exemples, mais n'oublions pas la shrinkflation qui elle non plus, malgré les annonces du gouvernement l'an dernier, n'a pas disparue. Dans ce domaine les bacs de glaces Carte d'Or de l'été dernier conservent de loin la palme de la marque qui prend vraiment les consommateurs pour des cons.

Suite à une réduction de la quantité de glace dans ses bacs, le format passant de 1 litre à 750 ml alors que le prix de vente lui n'a pas fondu mais même augmenté au passage, ils avaient tout de même osé afficher sur leur bac et le couvercle « nouveau format, gain de place dans votre congélateur ».

Ou comment essayer de faire passer une grosse augmentation de prix injustifiable comme un avantage pour les consommateurs. Bravo au service marketing du groupe Unilever, nous espérons qu'ils sont grassement rémunérés pour atteindre un tel niveau de cynisme, de condescendance et une attitude aussi méprisable envers leurs clients.

Alors tout ça n'a rien de nouveau, c'est d'ailleurs le cas de la plupart des arnaques. Mais si elles sont toujours aussi courantes c'est qu'elles doivent bien fonctionner et être très rentables, il est donc important de continuer à les dénoncer même si officiellement les entreprises sont autorisées à nous arnaquer en toute légalité.

Peut-être qu'un jour les consommateurs qui préfèrent regarder les publicités à la télé plutôt que de lire et s'informer finiront par comprendre qu'ils sont des pigeons, car leur méconnaissance leur coûte cher (et à nous tous collectivement aussi), en tombant par hasard sur un de ces articles.

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