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Le scandale des eaux de source filtrées illégalement mais vendues au prix fort pendant plusieurs décennies par Nestlé Waters et Sources Alma continue d'éclabousser un an après les choquantes révélations, la multinationale Suisse a pourtant failli s'en sortir sans le moindre problème en faisant un (tout petit) chèque.
Heureusement, des associations de consommateurs n'ont pas lâché et de nouvelles poursuites ont été engagées, mais ne font que (re)débuter. Le Sénat s'est également saisi de l'affaire pour faire la lumière sur les responsabilités politiques, car le gouvernement français a couvert la multinationale pour qu'elle puisse continuer à tromper les consommateurs en toute impunité.
Nous faisons le point sur cette sombre histoire, un véritable scandale d'état qui pourtant n'empêche pas les complices de continuer à diriger de grands ministères. Mais ce n'est pas tout, car de nouvelles poursuites ont été engagées contre Nestlé Waters France, qui se serait rendu coupable de nombreux dépôts sauvages de déchets autour de ses sites de production, ce qui est encore pire !
Il y a un an la cellule d'investigation de Radio France et Le Monde révélaient le scandale des eaux en bouteilles Alma et Nestlé, une affaire qui touche aux plus hautes sphères de l'état français puisque plusieurs ministres avaient été informés de traitement illégaux 3 ans plus tôt et ont tenté d'étouffer l'affaire.
Suite à une première plainte déposée par les associations de consommateurs, le tribunal d'Épinal avait blanchi Nestlé Waters en acceptant une CJIP (Convention Judiciaire d'Intérêt Public) évitant ainsi à la multinationale de devoir répondre de ses méfaits, en échange d'un « pourboire » de 2 millions d'euros comme expliqué dans notre dernier article sur ce sujet.
Heureusement, certaines associations de consommateurs ont refusé de prendre part à cette mascarade et ont contre attaqué, et notamment FoodWatch. Si le volet des forages illégaux et tromperies est clos grâce à la complaisance de la justice française, une nouvelle plainte a été déposée auprès du tribunal de Paris.
Selon l'association de consommateurs, un juge d'instruction vient d'être désigné et l'information judiciaire devrait bientôt débuter. Espérons que cette fois la justice ne tentera pas de mettre la poussière sous la tapis à nouveau, et rendra la justice au nom du peuple français (plutôt qu'au profit d'une multinationale).
De son côté, le Sénat a ouvert une mission d'information pour faire toute la lumière sur cette affaire, notamment le rôle des membres du gouvernement car plusieurs ministres auraient reçu les responsables de Nestlé Waters depuis 2021 et ont tentés d'étouffer le scandale à venir (c'est raté).
La même procédure a d'ailleurs été bloquée à l'Assemblée Nationale par ceux que l'on désigne aujourd'hui sous le terme de "socle commun", il faut dire que plusieurs ministres du gouvernement Borne sont impliqués mais ne sont pour le moment pas inquiétés.
Selon un précédent article de Médiapart du 21 janvier, un haut fonctionnaire de l’Etat aurait confié « Depuis le début de l’affaire, on a été mis au service de Nestlé » et « On a légalisé la fraude ».
Mais outre garder le silence, le gouvernement aurait en plus tenté de légaliser les pratiques illégales de Nestlé en demandant aux préfets concernés de rédiger des décrets pour les autoriser. Dans le seul but que la multinationale puisse continuer à vendre de l'eau non conforme, qui n'avait de « minérale » plus que le nom et bien entendu sans jamais en informer les consommateurs.
De nouveaux articles de journalistes d'investigations tentent de documenter cette complicité de l'état français, qui s'est clairement mis au service des intérêts économiques de la multinationale, alors que son rôle est de faire respecter la loi et de protéger les consommateurs.
Un article de Franceinfo qui reprend de nouvelles investigations menées par Radio France liste les pratiques de lobbying de Nestlé Waters, qui a fait pression sur le gouvernement, mais aussi des préfets et des autorités de contrôle. Un véritable scandale qui touche les plus hautes sphères de l'état français, incluant l'Elysée !
Pour récompenser Elisabeth Borne alors premier ministre à la tête du gouvernement, qui était sans doute (à minima) informée car les représentants de Nestlé Waters ont été reçus à Matignon en 2021 et a donc couvert la fraude pour préserver les intérêts économiques de la multinationale, elle a été nommée ministre de la santé par François Bayrou.
Pour récompenser Agnès Pannier-Runacher alors ministre de l'industrie et également impliquée dans l'affaire (c'est elle qui aurait d'abord reçu les représentants de Nestlé), elle a été nommée ministre de l'écologie par François Bayrou. Au moins comme ça, on sait pour qui roulent les gouvernants français !
Sont également cités Alexis Kohler (secrétaire de l'Elysée), Victor Blonde (conseiller de l'Elysée et de Matignon), Bruno Lemaire (ministre de l'économie), Aurélien Rousseau (directeur de cabinet du premier ministre) ainsi que Roland Lescure (ministre chargé de l'industrie et de l'énergie).
Un autre procès qui se déroulera au mois de mai 2025 au tribunal de Nancy est passé inaperçu dans les médias nationaux, ceux qui diffusent les publicités des eaux Nestlé à longueur de journées, on peut comprendre qu'ils n'aient pas envie de l'évoquer.
Les faits reprochés à Nestlé Waters sont pourtant gravissimes, même si rappelons tout de suite que la société est pour le moment présumée innocente. Cette autre affaire est d'ailleurs récente puisque la justice reproche à la multinationale d'avoir déversé l'équivalent de 99 piscines olympiques de déchets dans une décharge sauvage.
Un mélange de « bouteilles d'eau, de verre et de polymères (NDLR : plastiques) » déversé dans la nature entre 2021 et 2024 à Contrexeville, mais aussi 27.000 mètres cubes dans une autre décharge sauvage à Saint-Ouen-Lès-Parey selon France 3.
La justice soupçonne Nestlé Waters de pratiquer ces décharges sauvages de déchets depuis plusieurs années et dans au moins 4 lieux différents, représentant un total équivalent à pas loin de 200 piscines olympiques de déchets.
De telles quantités de déchets ont bien entendu un impact néfaste sur l'environnement, la faune et la flore mais aussi la qualité des eaux de surface et souterraines (celles qui sont ensuite filtrées car non conformes). Elle devra donc s'expliquer devant le tribunal, en espérant qu'elle n'échappera pas encore une fois aux poursuites en signant un chèque.
Nestlé est aussi poursuivie pour avoir, autour de ces décharges, "laissé s'écouler dans les eaux superficielles et souterraines" des "particules de microplastiques" à des concentrations "rendant toute vie aquatique impossible et ayant des effets nuisibles sur la santé, la flore et la faune par leur toxicité".
Malgré tous ces scandales, Nestlé Waters continue son business comme si de rien était et des millions de consommateurs aliénés par la publicité s'acharnent à acheter au prix fort de l'eau en bouteille qui n'a plus rien de "minérale naturelle ", persuadés qu'elle est meilleure pour leur santé que l'eau du robinet.
Hors c'est tout de même finalement ça le plus inquiétant dans cette histoire, de voir nos concitoyens vouer de telles admirations à des marques qu'ils leur resteront fidèles quoi qu'elles puissent faire. Et il en est malheureusement de même pour réélire celles et ceux qui préfèrent copiner avec les multinationales, plutôt que de nous en protéger.
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