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Conso : le label Zéro Résidu de Pesticides (ZRP)

Le label Zéro Résidu de Pesticides (ZRP) est présent sur certains fruits, légumes et autres produits alimentaires vendus en France. Porté par le Collectif Nouveaux Champs, il promet des produits sans résidus de pesticides dans les rayons de nos supermarchés.

Mais comment fonctionne ce label et que garantit il réellement, comment les producteurs sont-ils contrôlés et quelles différences y-a t'il avec les labels officiels comme la Haute Valeur Environnementale ou l'Agriculture Biologique ? Est-ce un label de confiance, peut on s'y fier pour faire nos achats de fruits et légumes ?

 

Qu'est-ce que le label Zéro Résidu de Pesticides ?

Lancé en 2018, le label ZRP est une démarche volontaire qui vise à réduire la présence de résidus de pesticides dans les aliments. Il repose sur un cahier des charges associant des pratiques agricoles adaptées, une surveillance des cultures et des analyses en laboratoire.

Son objectif est d'obtenir des produits dont les résidus des substances actives recherchées restent sous la limite de quantification (LQ) du laboratoire. Cette limite correspond à la plus faible concentration qu'il est possible de mesurer de manière suffisamment fiable.

Zéro résidu ne signifie donc pas absence absolue de toute trace de pesticide. Une substance peut être présente en quantité trop faible pour être quantifiée. De plus, les analyses portent sur une liste de substances définie en fonction des cultures et des risques identifiés : elles ne recherchent pas nécessairement toutes les molécules existantes.

Le label ne signifie pas non plus qu'aucun pesticide n'a été utilisé pendant la culture. Certaines substances restent autorisées dans le cadre du programme, selon les règles propres à chaque filière. Les producteurs doivent adapter leurs pratiques pour limiter les résidus, notamment grâce à la prévention des maladies et des ravageurs ou à des méthodes alternatives de protection des cultures.

Comment les produits labellisés sont-ils contrôlés ?

La démarche ZRP repose sur trois éléments complémentaires : un cahier des charges à respecter, des analyses en laboratoire et des audits externes. La démarche ne consiste donc pas simplement à attendre la récolte pour analyser les aliments.

Elle vise à prévenir les résidus de pesticides dès la production, puis à vérifier que les mesures mises en place ont permis d'atteindre le résultat attendu. Ces listes sont établies par filière et peuvent évoluer avec la réglementation, les connaissances scientifiques et les risques identifiés.

Un cahier des charges agricole : les producteurs doivent suivre des règles de production et de surveillance adaptées à leur culture, notamment concernant les substances autorisées ou interdites. Le cahier des charges distingue notamment trois catégories de substances actives :

  • La liste verte regroupe des substances considérées comme compatibles avec la démarche, notamment certaines solutions de biocontrôle.

  • La liste grise concerne des substances dont l'utilisation et la surveillance sont encadrées. Lorsqu'elles sont pertinentes pour la culture, les analyses doivent permettre de vérifier l'absence de résidus quantifiables.

  • La liste noire comprend des substances interdites dans le cadre de la démarche. Leur utilisation sur une parcelle engagée peut entraîner son exclusion du programme, selon les règles prévues par le cahier des charges.

Des analyses en laboratoire : les produits font l'objet de recherches de résidus selon des plans de contrôle adaptés aux risques. Les analyses sont réalisées par des laboratoires indépendants accrédités par le COFRAC (comité français d'accréditation) ou disposant d'une accréditation équivalente reconnue.

Des audits externes : un organisme indépendant vérifie le respect du référentiel, la traçabilité, les procédures et les documents de suivi. Le cahier des charges prévoit un audit annuel des structures commerciales, des stations de conditionnement et des unités de transformation concernées, ainsi que le contrôle d'un échantillon de producteurs.

La labellisation est accordée pour un an et doit être renouvelée. Si un produit présente un résidu quantifiable incompatible avec les exigences du programme, le lot concerné ne peut normalement pas être commercialisé sous le label, sous réserve des dispositions particulières prévues par le cahier des charges.

Attention toutefois, un produit qui ne respecte pas les exigences du ZRP n'est pas nécessairement dangereux et ne présente pas de risques à la consommation. Il peut rester conforme à la réglementation alimentaire, qui fixe des limites maximales de résidus (LMR) distinctes de la promesse plus exigeante du label.

Photo d'un linéaire promotionnel pour le label ZRP dans un supermarché © Collectif Nouveaux Champs

Photo d'un linéaire promotionnel pour le label ZRP dans un supermarché © Collectif Nouveaux Champs

ZRP, HVE, AB et autres démarches : quelles différences ?

La démarche Zéro Résidu de Pesticides s'inscrit dans un paysage de labels et d'initiatives agricoles qui poursuivent des objectifs différents. Pour bien comprendre ce qu'elle apporte, il faut la distinguer des certifications officielles, mais aussi d'autres dispositifs développés par le Collectif Nouveaux Champs.

La Haute Valeur Environnementale (label HVE) est une certification environnementale officielle qui évalue les performances sur l'ensemble d'une exploitation agricole, notamment en matière de biodiversité, de stratégie phytosanitaire, de fertilisation et de gestion de l'eau. Elle ne garantit pas l'absence de résidus de pesticides dans les aliments.

Le cahier des charges ZRP reprend des exigences du niveau 2 de la certification environnementale et prévoit le suivi d'indicateurs associés à la HVE, sans rendre automatique l'obtention de la certification HVE de niveau 3 (label).

L'Agriculture Biologique, identifiable grâce au logo européen Eurofeuille et au logo AB en France, certifie quant à elle un mode de production encadré par la réglementation européenne. Elle limite les intrants autorisés et interdit notamment les pesticides de synthèse qui ne sont pas admis par son cahier des charges. Elle n'exclut cependant pas tout recours à des produits phytosanitaires.

Le Zéro Résidu de Pesticides se distingue de ces deux démarches par sa promesse portant sur le résultat des analyses : les résidus des substances recherchées doivent rester sous la limite minimale de quantification. Un produit arborant le macaron ZRP n'est donc pas issu de l'agriculture biologique, et une exploitation HVE ne garantit pas des produits sans résidus de pesticides.

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Le label Biodiversité et la démarche « Tous Gagnants ! »

Le Collectif Nouveaux Champs développe également d'autres initiatives destinées à faire évoluer les pratiques agricoles, mais aussi les relations entre les acteurs de ces filières. Son autre label Biodiversité complète cette approche en mettant l'accent sur la préservation de la biodiversité dans les exploitations agricoles.

Il s'agit d'un objectif distinct de celui du ZRP : là où ce dernier porte principalement sur les résidus de pesticides dans les produits, la démarche Biodiversité s'intéresse aux enjeux liés à la vie et aux équilibres naturels dans les espaces agricoles. Ce sont donc des approches qui peuvent être complémentaires, sans apporter les mêmes garanties.

Avec sa nouvelle démarche « Tous Gagnants ! », le collectif s'attaque à un autre enjeu : l'équilibre économique des filières agricoles françaises. Elle repose sur des engagements commerciaux, une meilleure visibilité pour les producteurs et une répartition plus équilibrée de la valeur entre producteurs et distributeurs.

Après une première mise en œuvre avec Carrefour dans la filière tomate, le dispositif a franchi une nouvelle étape fin 2026 avec Coopérative U, première enseigne nationale à s'engager simultanément sur plusieurs filières. Quatre références françaises sont proposées dans le cadre de cette démarche : le Chasselas de Moissac, des prunes, des poires et des petites carottes.

Pour les consommateurs, « Tous Gagnants ! » met notamment en avant une origine française, un prix présenté comme juste et une démarche contrôlée indépendamment. L'objectif est de soutenir des filières plus durables en donnant davantage de visibilité aux producteurs et en encourageant des partenariats de long terme avec les distributeurs.

Sources et informations complémentaires

Vidéo de présentation du label Zéro Résidu de Pesticides - Collectif Nouveaux Champs

Quelles sont les limites du label ZRP, peut on lui faire confiance ?

Le label Zéro Résidu de Pesticides fournit une information utile au consommateurs, mais il faut comprendre très précisément ce qu'il couvre et ce qu'il ne couvre pas. Il ne faut pas le confondre avec d'autres labels, qui comme nous venons de le voir, ne sont pas interchangeables et n'apportent pas les mêmes garanties.

Première limite : le label ZRP ne garantit pas l'absence absolue de toute trace de pesticides. Les analyses reposent sur un certain nombre de substances recherchées et des limites de quantification définies. Une molécule présente à une concentration inférieure à la capacité de quantification du laboratoire peut ne pas être quantifiée.

Deuxième limite : il ne signifie pas que tous les pesticides et substances problématiques sont interdites. Le programme autorise certaines stratégies de protection des cultures, dans le respect de ses listes et de ses règles. En effet, les analyses de Que Choisir Ensemble portent sur 906 substances répertoriées (y compris en Bio, les CMR ou les PFAS), le cahier des charges ZRP ne prend en compte que 288 pesticides.

Troisième limite : il ne constitue pas une certification biologique. Il ne faut pas en déduire que les aliments ont été produits selon l'ensemble des règles de l'agriculture biologique. La réduction des pesticides et la prise en compte des risques environnementaux font partie de la démarche, mais le label ne signifie pas qu'aucun produit phytosanitaire n'a été utilisé ou que tous les impacts sur les sols, l'eau et la biodiversité sont éliminés.

Enfin, l'absence de résidus quantifiables ne doit pas être interprétée comme une garantie générale d'innocuité absolue. La sécurité alimentaire dépend de nombreux autres facteurs, la conformité portant sur les résidus de pesticides ne remplace pas l'évaluation sanitaire globale d'un aliment.

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Faut-il privilégier les produits qui arborent le label ZRP ?

Pour les consommateurs qui souhaitent limiter leur exposition aux pesticides, le label Zéro Résidu de Pesticides constitue à notre avis un repère intéressant. Alors que la plupart des labels et logos que nous décryptons sont peu convaincants, comme par exemple la démarche bien-être animal de LDC, celui-ci semble bien mieux conçu et apporter de réelles garanties aux consommateurs.

Il apporte une garantie plus précise qu'une simple affirmation commerciale, puisqu'il s'appuie sur un cahier des charges, des audits indépendants et des analyses en laboratoire. Il permet de valoriser des producteurs qui adaptent leurs pratiques agricoles pour réduire les résidus de pesticides présents dans leurs produits.

Si l'on en croit les associations de consommateurs, les fruits et légumes sont largement contaminés par des résidus de pesticides. Selon l'observatoire de Que Choisir Ensemble qui porte sur l'analyse d'au moins 30 produits de chaque sorte, c'est le cas de 100% des pêches et nectarines analysées, de 98% des cerises, de 97% des celeri-rave, de 96% des bananes, raisins et pamplemousses, de 94% des chou de Bruxelles, de 91% des endives, etc...

Nous pouvons donc estimer que ce label est utile, car il répond à une problématique bien présente, à condition de le choisir pour ce qu'il garantit réellement : des résidus non quantifiables parmi les substances recherchées, selon les règles du programme qui nous échappent un peu en tant que consommateurs : qui connait les centaines de pesticides et leur dangerosité ?

Notons notamment que le référentiel ZRE inclus des pesticides qui viennent d'être à nouveau autorisés (loi Duplomb) de la famille des néonicotinoïdes, comme l'acétamipride ou décriés comme le glyphosate. Mais il ne signifie ni l'absence de traitements dans tous les cas, ni agriculture biologique, ni absence de tout impact environnemental.

Pour faire ses achats, le plus utile est donc de comprendre la promesse associée à chaque signe de qualité. Le Bio, la HVE et le ZRP répondent à des objectifs distincts. Ils peuvent contribuer à orienter les choix des consommateurs, mais ils ne doivent pas être considérés comme équivalents.

S'informer est indispensable pour mieux consommer

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