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Alimentation : la directive européenne "Breakfast"

La directive européenne « EU 2024/1438 » entrera en vigueur en France à partir du mois de juin 2026, elle concerne 4 familles de produits habituellement consommés lors du petit-dejeuner : le miel, les jus de fruits, les confitures ainsi que le lait déshydraté.

Nous nous sommes penchés sur ce document de 29 pages, assez indigeste il faut dire, afin de vous expliquer ce que ça pourrait changer pour nous, les consommateurs. Il est important de comprendre ces impacts au quotidien, pour garantir une alimentation plus saine à votre famille et à vos enfants.

Déroulé de l'article :

 

Une directive européenne pour votre petit déjeuner

La directive qui porte le numéro EU 2024/1438 a été votée en 2024 et s'appliquera en France à partir du 1er juin 2026. Elle a été surnommée « breakfast » ou « petit-déjeuner » en français car elle concerne des produits associés à ce repas : le miel, les jus de fruits (et nectars) mais aussi les confitures et le lait déshydraté.

Elle est importante car ce sont des produits souvent consommés par nos enfants, à défaut de volonté politique pour réglementer la publicité ciblant les plus jeunes, c'est un premier petit pas en avant vers une meilleure information des consommateurs.

Le texte lui-même est long et dense, avec 29 pages d’articles de loi qui se suivent et se ressemblent. La promesse est d'avoir plus de clarté sur l’origine des produits, des étiquettes plus lisibles et des catégories mieux définies pour les aliments du petit-déjeuner. Voyons plus en détail ce que dit cette réglementation.

  • Miel : plus de transparence sur l’origine

L’un des changements les plus visibles concerne le miel. Jusqu’à présent, de nombreux pots vendus en supermarché portaient des mentions vagues comme « mélange de miels originaires ou non originaires de l’UE », sans autre précision. Cette information, bien que légale, ne permettait pas de savoir réellement d’où venait le produit.

La nouvelle directive impose désormais davantage de transparence. Les pays d’origine doivent être clairement indiqués et dans le cas des mélanges, ils doivent apparaître par ordre décroissant selon leur part dans le produit. Les États membres, dont la France, sont également encouragés à exiger l’indication des pourcentages par pays.

Pour les consommateurs, cela signifie que vous pourrez plus facilement choisir votre miel, notamment si vous préférez soutenir les producteurs français ou européens. Les étiquettes seront plus lisibles et moins ambiguës, facilitant des achats plus responsables (à condition de retourner le pot) même si le frenchwashing a encore de beaux jours devant lui.

  • Jus de fruits : plus de clarté sur le taux de sucre

Pour les jus de fruits, la directive introduit officiellement une nouvelle catégorie : les jus de fruits à teneur réduite en sucres. L’idée est de permettre une réduction des sucres naturellement présents dans les fruits via des procédés encadrés. Ces boissons existent déjà, mais leur statut était flou et pouvait prêter à confusion, la réduction en sucre doit être d'au moins 30%.

Désormais, les fabricants qui proposent un jus avec moins de sucres naturels devront respecter des règles précises et l’indiquer clairement sur l’étiquette. La directive clarifie aussi les règles de dénomination : un produit appelé « jus de fruits » devra répondre à une définition stricte (interdiction d'ajouter des sucres ou édulcorants) et ne pourra plus être confondu avec un nectar ou bien une boisson à base de fruits.

La portée des mentions marketing trompeuses devrait être ainsi limitée, ce qui permet de choisir plus facilement une boisson, que vous surveilliez votre consommation de sucre ou que vous souhaitiez simplement mieux comprendre ce que vous achetez. En termes simples donc vous aurez donc trois dénominations : les jus de fruits classiques, les jus de fruits à teneur réduite en sucre et les nectars ou autres boissons fruitées (moins réglementés).

  • Confitures : des fruits au cœur du produit ?

Cette directive apporte également des ajustements aux règles des confitures, gelées et marmelades. Certaines définitions ont été précisées afin de garantir que les produits vendus sous ces appellations correspondent réellement à leur composition. Pour le consommateur, cela réduit le risque de se retrouver avec un produit très sucré mais pauvre en fruits vendu comme une confiture haut de gamme.

La nouvelle norme est établie à 45% de fruits pour les confitures et à 50% pour les "confitures extra". Elle remplace la directive de 2001 qui n'imposait respectivement que 35% de fruits pour une confiture classique, contre 45% pour une confiture extra.

Le texte précise que l'origine des fruits pourrait devenir obligatoire d'ici 3 ans, sous réserve de faisabilité, ce qui serait une bonne idée. Car une confiture sans aucun ingrédient cultivé en France peut indiquer qu'elle est fabriquée en France, du moment qu'elle est cuite et mise en pots sur place. Dans ce cas, les fabricants cachent l'origine des ingrédients, dans la plus grande opacité.

  • Laits déshydratés : clarification et harmonisation

Les changements concernant les laits sont plus techniques, mais ils servent le même objectif : plus de clarté et d’harmonisation. La directive s’intéresse principalement aux laits conservés, comme les laits concentrés, les laits évaporés et les laits en poudre. Ces produits sont déjà réglementés depuis longtemps, mais certaines définitions et exigences étaient devenues obsolètes ou variaient d’un pays à l’autre.

Le nouveau texte précise les dénominations, les compositions et les méthodes de fabrication autorisées. L’objectif est de garantir que des produits similaires soient commercialisés sous les mêmes appellations dans tous les États membres.

Pour les consommateurs français, cela signifie que l’on peut être sûr que derrière un nom donné se cache un produit conforme à des standards communs, même si les changements seront surtout visibles sur les étiquettes plutôt que dans le goût ou l’apparence des produits.

👉 consulter la directive européenne

un bon petit-déjeuner pour bien démarrer sa journée  © Pexels

un bon petit-déjeuner pour bien démarrer sa journée © Pexels

Qu'est-ce que ça change pour nous, les consommateurs ?

À travers cette directive, l’Union Européenne vise (timidement) à lutter contre les pratiques trompeuses, en particulier sur l’origine des produits et leur composition. Elle permet par contre d’appliquer des règles communes dans tous les états membres de l'union, afin de faciliter le fonctionnement du marché intérieur.

Pour ce qui est du miel, l'UE s'aligne sur la réglementation française qui impose déjà que son origine soit indiquée (mais pour les miels mis en pot en France uniquement), la directive l'applique à tous les miels mis en pot en Europe et impose également plus de transparence sur la mention "origine UE / non UE".

La nouvelle classification sur les jus de fruits est une bonne chose, simplifiant leur dénomination : jus de fruit (sucres présent dans les fruits uniquement), jus de fruits à teneur réduite en sucre et les autres (nectars et autres boissons) qui peuvent contenir des sucres ou édulcorants ajoutés (et sont donc à éviter).

Pour les confitures, la vrai amélioration aurait été d'imposer que les fabricants indiquent l'origine des fruits, mais ce n'est pas le choix fait par la commission européenne. Elle a néanmoins l'avantage de rehausser le taux minimal de fruits dans les confitures, qui avaient été fixés en 2001 à des taux vraiment très très bas ne permettant pas d'assurer un qualité minimale.

Comme toujours, c'est un petit pas en avant qu'il faut saluer tout en regrettant que le texte n'aille pas assez loin pour garantir aux consommateurs une information transparente. Le texte apporte quelques précisions utiles, mais n'empêche pas les multiples autres pratiques trompeuses ni le marketing mensonger, n'impose rien en matière de publicités ciblant les enfants.

Les nouvelles obligations entreront progressivement en vigueur à partir du printemps 2026, notamment lors du renouvellement des emballages et des étiquettes. Une évolution modeste, mais qui va dans le bon sens.

S'informer pour mieux consommer au quotidien

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