des astuces et conseils pour vous aider à mieux consommer au quotidien !
Les anglicismes ont le vent en poupe. Véhiculés par les grandes sociétés américaines et repris par nos élites, ils s’installent petit à petit dans notre quotidien. Tous ne sont pas inutiles, mais de plus en plus de termes anglophones s’imposent alors même que leurs équivalents français sont aussi courts, plus précis et faciles à comprendre.
Nous n'allons pas régler le problème en quelques jours, mais il est peut-être temps d’y réfléchir — non pardon de « brainstormer » — cette tendance du franglais utilisé à outrance, alors même que le français reste l’une des langues les plus parlées à travers le monde dont nous devrions être fiers.
Déroulé de l'article :
Les anglicismes et autres expressions anglophones pullulent depuis quelques années dans la langue française courante, ils sont parfois plus simples à utiliser que les expressions françaises ou n'ont pas d'équivalent. Mais de nos jours c'est également devenu une manière pour certains de se distinguer, de faire croire que l'on maîtrise un langage soutenu alors qu'il n'en est rien.
Pour nous il y a une règle simple pour définir si un anglicisme est utile ou pas : quand un anglicisme est beaucoup plus court que l'expression en français, il peut être utile. Mais inversement et logiquement quand l'anglicisme est plus long que le terme dans la langue de Molière, il n'a aucun intérêt et l'utiliser est signe d'une ambition de renvoyer une image erronée de soi.
✅ Un anglicisme peut être pertinent lorsqu’il est plus court et plus clair que son équivalent français
❌ Si l’anglicisme est plus long ou moins parlant, son usage relève souvent d’un effet de style artificiel
Ce n’est pas un hasard si les médias, politiques, patrons d’entreprises et milieux de la finance sont plus prompts à les employer au quotidien que le grand public. Le problème, c’est que ce sont justement nos sources d’information et de décision qui affaiblissent la langue française en normalisant cette pratique.
Des anglicismes nous en utilisons pleins nous mêmes, notamment dans le domaine de la high-tech (hautes technologies) dominée par les sociétés américaines. Certains autres nous semblent utiles car ils sont bien plus courts et concis que l'expression ou le terme en français, comme « cloud » au lieu de « stockage sur un serveur » par exemple.
Le but n'est pas ici de mener la bataille des défenseurs de la langue française, déjà perdue depuis longtemps à notre avis. Mais il ne faudrait pas non plus virer dans un franglais permanent avec des expressions du quotidien anglicisées, alors que ces traductions ne sont souvent pas plus efficaces que leurs équivalents en français.
best-seller → meilleures ventes
briefing / meeting → réunion
challenge → défi
checker → vérifier (et check-list → pense-bête)
consulting → conseils
en live → en direct
escape game → jeu d’évasion
fake news → infox
ghoster → ignorer
network → réseau
online → en ligne
open → ouvert
ranking → classement
remake → adaptation
task force → groupe de travail
teamwork → travail d'équipe
vintage → rétro
Nous pourrions continuer ainsi longtemps mais le but n'est pas de faire une liste, juste d'essayer de convaincre quelques lecteurs qu'il n'est pas utile de vouloir tout angliciser pour faire genre. La langue française est une des plus répandues dans le monde, soyons en fiers et utilisons là comme il se doit.
La question peut sembler anecdotique, mais elle touche pourtant à des enjeux politiques et culturels majeurs. Les langues sont un outil de soft power : elles participent au rayonnement d’un pays à l’international et à son influence.
Il est donc dommage de voir nos élites les utiliser de plus en plus au quotidien, pour se donner l'air intelligents ou branchés, ils ne font que renforcer la domination culturelle des États-Unis au détriment du rayonnement de notre pays et de notre culture.
Ce n'est pas mieux du côté des start-up (ou plutôt des « jeunes entreprises innovantes ») françaises, toujours plus nombreuses à adopter un nom anglophone, alors même qu’elles revendiquent une fabrication ou une identité française.
On peut comprendre que le but soit d'être identifié à l'international, pour y vendre plus facilement ses produits ou services. Il n'y a qu'à regarder le nom des licornes, ces fameuses start-up de la « French Tech 120 » : BackMarket, Flying Whales, PayFit, Spendesk, Weezevent ou encore Zeplug. Comment faire rayonner l'écosystème français si tout le monde pense qu'elles sont américaines ?
Le pire au final est que ces entreprises font ça pour se donner une image internationale et haut de gamme alors que dans le luxe, la gastronomie et bien d'autres domaines encore, les marques françaises sont recherchées dans le monde entier précisément parce qu’elles représente le "savoir vivre à la française".
Nos dirigeants et responsables politiques ne donnent pas le bon exemple non plus puisque c'est Emmanuel Macron qui a lui-même popularisé l’expression « start-up nation ». Les ministres, conseillers et hauts fonctionnaires multiplient les anglicismes dans leurs discours : « benchmark », « task force », « pitch », « scaling », etc...
Ce n’est pas surprenant dans un pays où l’influence des lobbys (cabinets d’influence), du consulting (cabinets de conseils) et des think tanks (groupes de réflexion) s’accroît avec une porosité permanente entre les instances publiques et le secteur privé, ce qui s'appelle d'ailleurs le pantouflage (un mot bien français).
Il ne s’agit pour autant pas de bannir tout anglicisme : certains sont pratiques, d’autres inévitables. Mais il nous semble urgent de faire preuve de discernement et d’éviter de céder à la facilité ou à la mode pour de mauvaises raisons, car nous affaiblissons notre culture et renforçons la domination des USA.
Il faut distinguer deux catégories d'anglicismes :
Les termes techniques et universels (cloud, start-up, deepfake, etc...) qui n’ont pas d’équivalent efficace
Les anglicismes purement stylistiques, qui alourdissent la langue sans valeur ajoutée et l'affaiblissent
La langue française reste l’une des plus parlées et influentes dans le monde. La préférer aux anglicismes inutiles, c’est préserver notre culture, notre identité et notre rayonnement à l'international. Alors si vous êtes patriotes, ne cédez pas à la mode pour vous donner un air qui ne vous correspond pas.
NDLR : première parution en 2022, mis à jour en 2025