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Comment choisir son café : bien lire les étiquettes

La Journée mondiale du Café est l'occasion de s'intéresser à ce produit que beaucoup d'entre nous consomment au quotidien, mais dont les emballages ne donnent pas toujours beaucoup d'informations. Arabica, Robusta ou mélange, origine et intensité : il peut être difficile de savoir ce que l'on achète réellement et de comparer les différents produits en rayon.

Alors, comment choisir un bon café sans se laisser guider uniquement par le marketing ? Certaines informations permettent de faire la différence, notamment la variété de café, son origine lorsqu'elle est indiquée ou les labels. Nous vous expliquons également ce qu'il faut savoir sur l'Arabica et le Robusta afin de mieux comprendre les différences entre les cafés et faire un choix plus éclairé au moment de vos achats.

 

La Journée mondiale du café, ça existe vraiment ou pas ?

Lorsque nous avons reçu un communiqué de presse évoquant la « Journée mondiale du Café » nous avons immédiatement pensé : encore une journée mondiale bidon organisée par un lobby pour faire la promotion des industriels qu'ils représentent.

Mais même si le communiqué de presse émane bien d'une marque de café qui tente d'en profiter pour se faire mousser (jeu de mot), c'est effectivement un vraie journée internationale reconnue par l'ONU et inscrite à l'agenda officiel.

Ce n'est d'ailleurs pas tellement la journée du café, mais surtout la journée de célébration de l'accord international sur le café de 1962 qui a permis de créer l'OIC : l'Organisation Internationale du Café. Son rôle est de promouvoir une expansion durable et le partage des profits, à travers différents traités et des plans quinquennaux.

Ce sont 75 pays qui se sont engagés à respecter ces engagements : 42 pays producteurs et 33 pays importateurs. Néanmoins, si vous mettez de côté tous les pays européens (Angleterre et Suisse inclus), il n'y a guerre que le Japon, la Tunisie et la Russie qui ont signé ces accords (l'histoire ne dit pas si ils les respectent).

Même si nous ne pouvons que saluer cette alliance visant à protéger les pays émergents face à la puissance des états riches, les états n'achètent pas de café et n'en fixent pas le prix non plus. Même si le cours du Robusta est fixé à la bourse de Londres, celui de l'Arabica est lui fixé à la bourse de New-York, les USA n'ayant pas rejoint l'OIC.

D'un côté de l'Atlantique comme de l'autre, les boursicoteurs profitent de la moindre crise pour faire du trading et empocher la mise. Les géants de l'industrie agroalimentaire étant internationaux, personne ne sait vraiment par qui il est acheté ni comment le café arrive dans les rayons de nos supermarchés.

Café : un parcours opaque du producteur jusqu'à nos tasses © Pexels

Café : un parcours opaque du producteur jusqu'à nos tasses © Pexels

Café : peu de mentions obligatoires, beaucoup de marketing

Pour le café de tous les jours, nous n'avons au mieux que l'emplacement de l'usine de transformation qui torréfie et transforme les grains, au pire juste l'adresse d'un service clients. En effet, la loi ne prévoit quasiment aucune mention légale obligatoire sur les paquets de café.

Juste une dénomination (café moulu, café en grains, café décaféiné), le poids et la DDM (date de durée minimale de conservation) ainsi qu'un numéro de lot pour la traçabilité. Ce dernier ne renseigne pas le consommateur sur sa nature ni son origine, c'est un code illisible pour nous.

En effet, le type de café n'est pas obligatoire (robusta, arabica, mélange), ni non plus le pays d'origine des grains de café. On trouve ces informations sur certains cafés plus onéreux, utilisés comme arguments marketing par les marques, mais elles n'ont aucune obligation de le renseigner si ça ne les arrange pas.

La seule obligation concerne les mélanges, si une variété ou une origine est mentionnée sur l'emballage : comme par exemple « contient du café cultivé dans tel pays, ou de telle variété ». Dans ce cas, le fabricant a l'obligation de préciser le pourcentage exact contenu dans le produit fini.

La liste des ingrédients n'est pas obligatoire non plus si le café est vendu pur, on va trouver "100% café" parfois. Elle le devient par contre si des arômes (vanille, noisette, etc...), du sucre ou de la chicorée sont ajoutés et que le café n'est pas pur, même chose d'ailleurs pour le tableau nutritionnel.

La réglementation prévoit néanmoins que l'indication de l'origine doit être mentionnée si l'emballage indique une torréfaction et la transformation dans un pays spécifique (Italie, France, etc...) de nature à induire le consommateur en erreur.

Mais n'ayant pas précisé plus que ça la réglementation, ça se limite généralement à une indication « le café n'est pas cultivé en France » écrite en tous petits caractères au dos du paquet. Tout le reste n'est donc que du marketing, qui va jouer sur les « arômes », les « saveurs supposées » ou bien « l'intensité », sans le moindre élément permettant d'étayer ces allégations.

On trouve régulièrement des mentions comme « Pure Origine » sans la préciser, qui n'indique qu'un continent (Afrique, Amérique du sud). Même chose pour « sélection de grands crus », « qualité or ou premium » si il n'y a pas d'autres précisions, ou les mentions « torréfaction artisanale, lente ou à cœur » et ainsi de suite.

 

Arabica, Robusta et mélanges : quelles différences ?

100% Arabica : la finesse des arômes

Pour quel profil ?
Idéal pour les amateurs de cafés doux, subtils et parfumés, ou pour ceux qui aiment multiplier les tasses en journée sans subir les effets de la caféine.

En rayon au supermarché
C'est la mention reine des emballages, souvent synonyme de qualité premium, sa palette aromatique est complexe (notes fruitées, florales ou chocolatées). Côté budget, c'est l'option la plus coûteuse car sa culture en haute altitude est exigeante.

Le réflexe malin
Privilégiez-le pour les cafetières à filtre, à piston, ou pour des espressos légers. Si vous fuyez l'amertume, c'est le paquet qu'il vous faut.

Le Robusta : la puissance et le coup de fouet

Pour quel profil ?
Idéal pour les consommateurs pressés le matin qui cherchent un réveil énergique, ou bien pour les amateurs d'espressos très corsés à l'italienne.

En rayon au supermarché
Le Robusta pur se fait rare sous son vrai nom : on le retrouve massivement dans les cafés instantanés, les premiers prix et les dosettes d'entrée de gamme. C'est l'option la plus économique, mais il contient 2 à 3 fois plus de caféine que l'Arabica, offre une mousse épaisse mais développe un goût brut un peu amer.

Le réflexe malin
Attention aux emballages bas de gamme : ils cachent du café 100% Robusta de qualité industrielle, souvent accompagné d'un marketing jouant sur les arômes ou l'intensité, ventant un mélange subtil (mais un mélange de robustas d'origine inconnue).

Assemblage : le compromis qualité/prix

Pour quel profil ?
Idéal pour le quotidien familial, c'est le choix de l'équilibre pour obtenir un espresso classique : à la fois aromatique, vigoureux et nappé d'une belle mousse.

En rayon au supermarché
C'est le type de café le plus répandu ! Les marques mélangent subtilement les deux variétés (par exemple 80% Arabica pour les arômes et 20% Robusta pour l'intensité et la mousse). Cette méthode permet aux industriels de proposer un café plus équilibré à un prix intermédiaire.

Le réflexe malin
Regardez le dos du paquet pour vérifier les proportions. Un bon "blend italien" avec 10% à 20% de café Robusta souligne votre espresso sans agresser votre palais.

Comment comparer les paquets et choisir un bon café ?

Puisque les fabricants n'ont littéralement aucune obligation de renseigner quoi que ce soit, c'est un peu la foire d'empoigne à qui aura l'emballage le plus vendeur (et le plus trompeur). Comment alors s'y retrouver au rayon des cafés, comment choisir ses grains ou un café moulu ?

Si ils n'ont que très peu d'obligation légales, les fabricants qui vantent une origine ou une variété ont néanmoins l'obligation de respecter ce qu'ils indiquent. Si un paquet indique « 100% café de Colombie », le contenu doit effectivement être composé de café colombien uniquement.

Mais on retrouve beaucoup de mélanges en rayons, qui justement ont pour but de brouiller les pistes et de proposer de larges gammes de cafés, avec un tarif qui monte en flèche plus le marketing devient présent. Mieux vaut faire attention aux promesses qui n'engagent que ceux qui y croient : l'Arabica est plus onéreux, mais encore faut il s'assurer que le paquet en contient !

Au rayon des cafés plus encore que d'autres, les labels jouent un rôle primordial pour différencier les paquets de café. Alors les vrais labels bien entendu, pas ceux pondus par les industriels qui montent leurs propres filières et en fixent les règles (Nespresso, Starbucks et compagnie).

Il existe des labels de commerce équitable relativement fiables comme le label Fairtrade / Max Havelaar ainsi que le label Fair for Life de la World Fair Trade Organisation (WTFO) et dans une moindre mesure car bien moins exigeant, le label Rainforest Alliance.

Le café, comme l'ensemble de l'alimentation peut aussi obtenir le label européen AB / Eurofeuille qui apporte de vraies garanties sur l'utilisation des pesticides. Le mieux serait donc de trouver un café ayant au moins deux labels : un café Bio et équitable.

Bien entendu et même si c'est surtout du marketing, autant privilégier du café torréfié et conditionné en France plutôt qu'un autre qui n'indique que l'adresse d'un service client. Ce sont autant d'emplois préservés sur notre territoire, d'autant que de toute façon le café cultivé en France métropolitaine n'existe pas.

Comme pour le chocolat, il existe néanmoins une petite filière de culture du café outre-mer : en Guadeloupe, en Martinique, à la Réunion ainsi qu'en Polynésie française. Elle produit principalement des variétés de Robusta, commercialisées sous forme de cafés "grand crus", ils sont assez onéreux.

Critère en rayon 100% Arabica Mélange (Blend) Robusta / Premier Prix
Profil gustatif Doux, aromatique et fruité Équilibré et classique Très corsé, amer et brut
Taux de caféine Faible à modéré Moyen Élevé (effet "coup de fouet")
Idéal pour... Café filtre, piston, fin de journée Café du quotidien, broyeur Expresso Grand bol du matin, café au lait
Budget en magasins Prix élevé (€€€) Tarif intermédiaire (€€) Plus économique (€)
  • Comment sont décaféinés les grains de café ?

Si vous êtes amateurs de café décaféiné, il est tout de même intéressant de savoir comment on enlève la caféine. Car il existe deux méthodes naturelles (à l'eau claire ou au dioxyde de carbone), ainsi qu'une méthode utilisant des solvants chimiques, plus rapide et bien moins onéreuse.

C'est aussi la plus courante, elle concernerait 95% du café selon les chiffres consultés (mais qui sont difficilement vérifiables). Bien entendu, les fabricants n'ont aucune obligation de l'indiquer non plus, seul le label Bio interdit l'usage de cette méthode et certifie donc une décaféination naturelle.

Vous pouvez sinon rechercher sur l'emballage les mentions d'une décaféination à l'eau pure, Pure Water, dioxyde de carbone ou CO². Les mentions « décaféiné à l'allure naturelle » ou bien « décaféiné à l'acétate d'éthyle » indiquent par contre au contraire la méthode aux solvants, tout en essayant d'indiquer le contraire (marketing quand tu nous tiens).

Précisons que la décaféination intervient toujours sur le grain de café vert, avant sa torréfaction, raison pour laquelle on trouve du café en grains décaféiné. Voilà, vous savez tout ou presque sur le café, il ne reste plus qu'à trier les indications utiles sur les paquets. Mais comme souvent, ce sont les informations manquantes qui sont les plus révélatrices de la qualité réelle d'un paquet de café.

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