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Actus : les protéines, nouvel eldorado du marketing

Il y a un terme qui ne passe pas inaperçu dans les rayons de nos supermarchés, les aliments « protéinés » se déclinent à toutes les sauces ces derniers mois : des pâtes, des laitages, des céréales, des boissons, des barres chocolatées, etc... Mais sont ils aussi bons pour la santé que leurs emballages semblent l'affirmer ?

L'association de défense des consommateurs Foodwatch s'est penchée sur le sujet, et révèle l'envers du décor avec dix exemples de produits protéinés qui ne le sont pas car ils sont aussi des aliments ultra-transformés, parfois bourrés de sucres et d'additifs controversés. Alors faisons le point sur ces aliments protéinés, sont ils utiles ou au contraire superflus ?

 

Des produits protéinés, mais ultra-transformés et trop sucrés

Si les produits protéinés s'adressaient d'abord à un public particulier, les marques multiplient ces derniers mois les références d'aliments avec un ajout de ces fameuses protéines, y compris d'ailleurs les marques distributeurs. Un changement d'échelle qui touche quasiment tous les rayons, vous devez tous avoir vu au moins un de ces produits en faisant vos courses.

Des aliments qui vantent un apport en protéines élevé, nous verrons si il est nécessaire en seconde partie d'article. Mais avant voyons pourquoi Foodwatch tire la sonnette d'alarme, l'association de consommateurs a remarqué que les aliments présentés comme étant riches en protéines étaient bien souvent plus transformés que leurs équivalents traditionnels.

De plus, c'est une allégation de santé et le marketing joue sur cet aspect, alors que bon nombre de ces produits présentés comme "bons pour la santé" sont très sucrés : c'est le cas des barres de céréales Nature Valley Protein analysées qui contiennent 10 grammes de protéines certes, mais aussi plus de 20 grammes de sucres (sur 100 grammes de produit) et de l'huile de palme.

Même constat pour les céréales Lion Protein avec un taux de 15 grammes de protéines, pour 23 grammes de sucre. D'autres vont remplacer le sucre par des édulcorants controversés (additifs), ce qui n'est pas forcément mieux pour la santé.

Bien entendu, ce marketing sert aussi (et surtout) à proposer une gamme de produits dits « premium » qui sont vendus jusqu'à deux fois plus cher que les versions classiques. Mais qui sait à quoi correspond 10 ou 15 grammes de protéines sur 100 grammes de produit ?

Selon Foodwatch, les marques jouent avec ces produits protéinés sur l'effet de halo : attirer l'attention sur un bénéfice permet de détourner l'attention des autres aspects, de réduire la vision que l'on a d'un produit à ce seul indicateur : si c'est protéiné, c'est bon pour la santé.

Les produits protéinés sont d'ailleurs souvent présentés comme des aliments pour le sport, bons pour l'endurance ou la force, entre code couleur et silhouettes adaptées, certains ont même des partenariats publicitaires avec des sportifs professionnels. Si c'est bon pour les sportifs, c'est bon pour notre corps, ça aide à rester en bonne santé.

Ce qui est certain, c'est que consommer des aliments ultra-transformés ne l'est pas. Avons nous réellement besoin de cet apport supplémentaire en protéines, que disent les autorités de santé sur le sujet ? Nous avons regardé, et comme nous nous en doutions, ce n'est pas le cas pour la majorité de la population.

Les 10 aliments vantant leur quantité de protéines analysés par © Foodwatch

Les 10 aliments vantant leur quantité de protéines analysés par © Foodwatch

Que disent les autorités sur les aliments protéinés, sont ils utiles ?

Entre marketing et avantages supposés pour la santé, même si les quelques produits analysés par Foodwatch ne semblent pas être très avantageux sur la balance bénéfices/risques, quelles sont les recommandations de manière plus générale pour définir l'utilité des autres, ceux qui ne l'ont pas été ?

Avons nous un réel déficit en protéines qui nécessiterait d'acheter des produits protéinés plus onéreux que leurs homologues en version classique ? Comment définir à quoi correspond la mention sur le paquet ? Il n'y a pas de réglementation officielle, mais des recommandations ont été émises.

Selon les recommandations de l'ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire) qui a signé un bon gros pavé de 461 pages sur les protéines dans l'alimentation, un aliment peut revendiquer être « source de protéines » si 10% de l'énergie calorifique totale est constituée de protéines (avec un minimum de 5,5 grammes de protéines sur 100 grammes de produit fini).

Il ne peut indiquer la mention « riche en protéines » que si les protéines représentent au moins 20% de l'apport énergétique et que le produit contient 11 grammes de protéines aux 100 grammes. Le nombre de grammes n'est pas une indication suffisante à elle seule selon l'agence de la sécurité sanitaire, elle est pourtant mise en avant sur la plupart des aliments !

Mais le principal enseignement de cette étude est qu'un adulte ingère en moyenne 18% de protéines via son alimentation, donc déjà plus ou moins autant que la majorité des produits qui se revendiquent être des riches en protéines.

De plus, selon le rapport de l'ANSES : « La quasi-totalité des adultes français de 19 ans et plus ont une consommation protéique satisfaisante, c’est-à-dire supérieure à leur besoin individuel et inférieure à la valeur de 2,2 g.kg-1.j-1 définissant des apports élevés. ».

Alors est-ce que payer plus cher des produits alimentaires pour gagner 2% ou 3% de protéines est utile ? La réponse est non bien entendu, mis à part certaines catégories de la population qui ont besoin d'un apport plus important en protéines peut-être, mais mieux vaut définir ça avec son docteur ou un nutritionniste, plutôt qu'à grands coups de publicités.

⭐ L'avis de Tests et Bons Plans :
Nous pouvons donc douter de l'intérêt de proposer des céréales ou des pâtes "enrichies" en protéines. Si en plus vous abandonnez des produits peu transformés pour choisir des produits ultra-transformés, comme ceux qui ont été analysés par Foodwatch, c'est même à notre avis une très mauvaise idée.

Pour en tirer un quelconque bénéfice, et encore c'est discutable, il faudrait cuisiner un plat de pâtes protéinées pour la personne qui en aurait éventuellement besoin dans la famille, et cuire des pâtes classiques pour les autres.  Il faudrait donc prendre plus de temps et y consacrer plus d'argent, pour des bénéfices qui peuvent s'acquérir autrement, tout simplement en suivant un régime adapté d'aliments non transformés.

C'est tout le problème des allégations de santé, mettre en avant un avantage supposé permet d'attirer notre attention, et par la même de la détourner d'autres aspects du produit pourtant tout aussi importants : transformation, taux de sucres, additifs, etc...

Comme pour bien d'autres indicateurs, c'est leur utilisation comme éléments marketing qui en est faite par les marques qui est problématique : car leur objectif n'est et ne sera jamais d'améliorer notre santé, mais uniquement leur rentabilité.

S'informer est nécessaire pour mieux consommer

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