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Actus : l'inflation sur les dépenses contraintes en 2026

Pour savoir si l'année 2026 sera favorable à la consommation, ou synonyme de nouvelle perte de pouvoir d'achat pour les ménages, il faut se pencher sur les hausses (ou baisses) de prix des différents postes de dépenses contraintes.

C'est ce que nous faisons dans cet article, avec toutes les évolutions de tarifs annoncées ou estimées pour l'année 2026 : santé, assurances, eau potable, tarifs bancaires, loyers, etc... À quoi faut t-il s'attendre et est-ce que les revalorisations permettront de compenser les nouvelles dépenses ? Essayons de répondre à cette épineuse question en analysant les chiffres fiables disponibles.

Déroulé de l'article :

 

Assurances auto et habitation : encore et toujours en forte hausse

Dans notre article précédent, nous avons fait le point sur les tarifs des énergies pour 2026, qui sont plus difficiles à analyser car fluctuants. C'était malgré de sérieuses craintes pour l'avenir, presque la bonne nouvelle si on se limite à l'inflation annuelle (mais qui restent en très forte augmentation sur 3 à 5 ans).

Dans cette seconde partie nous voyons le reste, à commencer par les assurances, il y a moins de surprises dans ce domaine puisque nous l'annonçons depuis au moins 5 ans, elles vont augmenter en continu chaque année jusqu'au moins en 2030 et sans doute au delà sur le même rythme.

Les assurances habitation multi-risques vont encore une fois être en forte hausse, en moyenne de +5% à +8% en 2026 si l'on en croit les sources citées par les grands médias (cabinets de conseils), mais dépendent de nombreux paramètres et notamment du lieu d'habitation.

La raison est simple : nous détruisons l'environnement, nous déréglons le climat et par conséquent il y a plus de catastrophes qui sont plus violentes et coûtent plus cher à rembourser, ce qui fait mécaniquement augmenter le tarif des assurances. Comme nous continuons de tout détruire, le coût continuera d'augmenter.

Du côté des assurances auto, l'augmentation sera moins marquée entre +4% et +6% en 2026, mais reste bien au delà de l'inflation et est continue année après année. Pour les assureurs, les raisons seraient un coût de la main d'œuvre qui augmente et celui des pièces détachées qui explose.

Il est vrai que nous l'avions déjà évoqué, le tarif des pièces auto semble délirant, changer les blocs de phares peut revenir à 10% du prix de la voiture neuve toute entière. Il est grand temps de se pencher sur ces tarifs pour mettre un coup d'arrêt au monopole des constructeurs, qui en profitent pour faire des marges indécentes (et claquent une fortune en publicités).

Car en 2025 les assurances auto avaient déjà augmentées en moyenne de 5% et les multirisques habitations de plus de 10%, nous sommes en effet comme évoqué sur une hausse prévue de longue date qui dure depuis plusieurs années et va continuer dans les années à venir sur ce même rythme effréné. C'est plus soutenable d'augmenter de 5 à 10% par an sur 10 ans que de doubler le tarif en une fois, mais le résultat final est le même pour notre pouvoir d'achat.

assurances auto et habitation : la hausse continue encore et encore, ce n'est que le début... © Pexels

assurances auto et habitation : la hausse continue encore et encore, ce n'est que le début... © Pexels

Mutuelles santé : quand la politique s'en mêle, les français trinquent

Du côté des mutuelles, sans surprise non plus puisque nous l'annonçons depuis plusieurs années, une nouvelle hausse des tarifs de +4,3% sur les contrats individuels et de +4,7% pour les mutuelles d'entreprises sont à prévoir selon les chiffres officiels de la Fédération Nationale de la mutualité française.

Une hausse continue et bien supérieure à l'inflation officielle, comme pour la très grande majorité des dépenses contraintes, mais moins importante malgré tout que les années précédentes. En effet, les mutuelles ont déjà augmentées en moyenne de 4,7% en 2023, de 8,1% en 2024 et de 6% en 2025.

Une hausse continue et prévue, qui va durer encore dans les années à venir et est la conséquence directe de deux événements : l'augmentation des coûts de santé d'un côté (vieillissement de la population, hausse du coût de certains traitements) et la baisse des remboursements de l'état de l'autre qui cherche à faire des économies sans distinctions.

Un coût qui grimpe en flèche car outre les mutuelles, les restes à charge qui avaient déjà été doublés en 2024 devaient à nouveau doubler en 2026 (soit 2€ par boite de médicaments et/ou par consultation). Le plafond de 50€ par an devait lui aussi doubler pour passer à 100€ par an, le gouvernement semble y avoir renoncé (pour l'instant).

La Cour des Comptes pointe la responsabilité de nos politiques qui continuent de diminuer les cotisations patronales payées par les entreprises, réduisant les recettes d'autant. Elle avance aussi des pistes pour faire des économies : investir dans la prévention, éviter les actes redondants, améliorer l'efficience ou encore lutter contre la fraude qui permettraient d'éviter 50 milliards d'euros de dépenses.

Sachant que le déficit est d'environ 20 milliards d'euros, ça mériterait tout de même réflexion plutôt que de toujours taper sur les malades, les médecins qui prescrivent des traitements ou les arrêts maladies des travailleurs sans pour autant ne jamais réussir à réduire cette dette.

santé : des choix politiques discutables, des malades qui renoncent à se faire soigner © Pexels

santé : des choix politiques discutables, des malades qui renoncent à se faire soigner © Pexels

L'eau potable, un doux rêve qui devient inaccessible

C'est exactement comme pour l'eau et un peu tout au final, les pollueurs sont sponsorisés avec notre argent, puisque sur le prix de l'eau potable ce sont là aussi les particuliers qui paient toujours plus cher pour la faire dépolluer alors que d'autres (agriculture intensive, industriels) ne participent que très peu (voir pas du tout).

Ils sont pourtant la principale source des pollutions (pesticides, produits phytosanitaires, PFAS, etc...) et de maladies chroniques, les bénéfices c'est pour eux et les dépenses pour réparer sont pour nous. Les politiques aiment lâcher des grands mots comme « principe de pollueur payeur » dans les médias qui les répètent à tue-tête sans vérifier, alors que la réalité est bien différente.

Le surcoût de la dépollution de l'eau potable est estimé à 1 milliard d'euros par an, un chiffre sous estimé selon l'UFC Que Choisir et amené à augmenter dans les années à venir, un surcoût conséquent qui est entièrement payé par les consommateurs.

Alors il est toujours difficile de se représenter 1.000.000.000€ pour nous autres qui gagnons moins de 2.000€ par mois. Ce n'est pas très compliqué, il suffit de diviser cette somme par le nombre d'habitants en France (68,6 millions) et ça nous donne donc un coût minimal de +14,58€ par personne et par an.

Alors ce n'est pas énorme en soit, mais à multiplier par le nombre de personnes qui composent votre foyer et juste le surcoût de la dépollution. Quand on sait que 20% de l'eau est perdue dans les canalisations vétustes qui ne sont plus aux normes avant d'arriver au robinet, etc... C'est sans doute un des gâchis les plus insupportables, car l'eau potable ce n'est pas en option pour satisfaire les bobos écolos des villes.

En moins de 15 ans, le prix de l'eau a déjà augmenté de 30% selon Franceinfo et il devrait encore augmenter d'au moins 20% et même jusqu'à 75% sur certains territoires d'ici à 2031 selon les estimations de l'UFC Que Choisir. Nous sommes, là encore, bien loin des chiffres officiels flatteurs de l'inflation.

l'opération de communication #lagouttedetrop lancée en 2025 © UFC Que Choisir

l'opération de communication #lagouttedetrop lancée en 2025 © UFC Que Choisir

Les autres hausses en vrac : banques, loyers, taxe foncière, etc...

Passons en revue les autres hausses pour lesquelles nous avons trouvé des chiffres fiables, à commencer par les tarifs bancaires qui sont en augmentation moyenne de 1,2% en 2026 (selon les banques).

Mais avec de grandes disparités et une forte hausse des frais de gestion à +4,2% en moyenne qui pèsent le plus sur les opérations classiques (abonnement mensuel). Une hausse globale qui reste malgré tout maîtrisée, puisqu'elle fait suite à une augmentation moyenne de 3% en 2025 et de 3,1% en 2024.

Concernant les loyers, l'indice de référence est mis à jour chaque trimestre. Selon les experts du domaine la hausse devrait être de +1% à 1,5% chaque trimestre durant 2026, soit une hausse moyenne d'environ 5% sur l'année. Une hausse un peu plus élevée que l'an dernier, après de fortes augmentations en 2024.

Pour ce qui est de la taxe foncière, le gouvernement a renoncé à taxer les éviers, les toilettes et autres « éléments de confort » pour le moment comme ils les avaient appelés, devant la levée de boucliers. Il ne fait néanmoins aucun doute qu'elle va augmenter bien au delà de l'inflation, mais la décision ne sera connue semble t-il qu'au printemps 2026. Affaire à suivre donc.

À noter également que les tarifs postaux augmentent à nouveau en moyenne de +7,4% en 2026 : la lettre verte passe ainsi de 1,39€ à 1,52€ et la moindre petite lettre recommandée vous coûtera désormais au minimum 6,11€ (contre 5,74€ en 2025). La hausse précédente était déjà de 6,8% au premier janvier 2025.

La fuite en avant continue puisque le service (public) n'est plus compétitif depuis longtemps, obligeant La Poste à vendre son âme au diable (cf leur partenariat avec Temu). Le vrai site du Service Public indique d'ailleurs que le budget postal moyen des ménages français était de 28€ en 2025, et anticipe une nouvelle baisse de 6% pour 2026.

La seule hausse de prix qui correspond à l'inflation officielle sera donc finalement, et c'est une surprise car habituellement l'état est particulièrement généreux avec les concessionnaires, le tarif des autoroutes qui augmentera en moyenne de +0,86% à partir du premier février 2026.

Il faut dire que le tarif des autoroutes avait littéralement flambé en 2023 avec une augmentation record de +4,75% suivie par une hausse de +3% en 2024. l'an dernier, en 2025, elle avait été de +0,92%. Sur 5 ans ça fait tout de même une augmentation moyenne d'environ 10%, mais n'est pas strictement une dépense contrainte. Car comme nous, vous pouvez faire le choix de ne pas prendre les autoroutes payantes pour vous déplacer (c'est plus long, mais bien plus économique).

les banques sont comme les casinos, ce sont toujours elles qui gagnent © Pexels

les banques sont comme les casinos, ce sont toujours elles qui gagnent © Pexels

Des dépenses qui augmentent, des recettes qui compensent ?

Hors prix des énergies fossiles qui va fluctuer en cours d'année, qui vont comme chaque été être révisés également au bon vouloir du gouvernement (rappelons nous que l'été dernier il a décidé d'augmenter la TVA à 20% sur les abonnements) les hausses sur les dépenses contraintes sont donc bien supérieures à l'inflation officielle.

De 5% à 8% pour les assurances, environ 4,5% pour les mutuelles, hausse du prix de l'eau potable, 5% sur les loyers, 4,2% sur les frais bancaires, etc... C'est la différence entre inflation qui intègre des achats plaisirs que bon nombre de français ne peuvent plus se permettre de faire, et dépenses contraintes qui pèsent sur le budget des ménages français.

Mais pour savoir si on gagne ou si on perd du pouvoir d'achat, il faut mettre en face les augmentations de salaires, revalorisations et taux d'épargne qui sont censés contrer les effets de l'inflation. La revalorisation du SMIC est de 1,8% et s'établit en 2026 à 1443,11€ net mensuel (SMIC horaire brut à 12,02€) selon les chiffres officiels du gouvernement.

Les pensions de retraite sont elles revalorisées de 0,9% seulement, tout comme les minimas sociaux. Une revalorisation basée sur l'inflation officielle qui selon l'INSEE a été de 0,9% en 2025, pour les raisons évoquées ci-dessus. Mais selon les grands médias c'est une bonne nouvelle, car le gouvernement voulait imposer une année blanche donc ne rien revaloriser du tout.

Le taux des livrets d'épargne seront, toujours grâce à cet excellent chiffre officiel de l'inflation, revus à la baisse au premier février. L'arbitrage vient d'être fait, ce sera une baisse du taux d'intérêt du livret A à 1,5% contre 1,7% en 2025 (et 2,4% en 2024). Pour le LEP (livret épargne populaire) réservé aux foyers les plus pauvres, le taux suit la même baisse passant à un taux d'intérêt de 2,5% au lieu de 2,7% en 2025 (et 4% en 2024).

Comme chaque année donc, si on fait le point uniquement sur les dépenses contraintes, qui comme leur nom l'indique ne sont pas facultatives, en écartant tout ce qui relève des achats ponctuels ou plaisir, le pouvoir d'achat officiel est à la hausse mais officieusement encore une fois en baisse !

Tests et Bons Plans pour Consommer Malin

Il manque quelques indicateurs, notamment l'alimentation et les produits de grande consommation qui sont actuellement en cours de négociations et seront annoncés début mars. Mais ne nous faisons pas d'illusions car selon Nielsen IQ l'inflation était de +2,6% en 2025 et devrait rester sur ces bases en 2026 après avoir flambée au cours des dernières années (comme les énergies).

Nous venons d'en faire la démonstration, car même si c'est un dur labeur de trouver tous ces chiffres qu'aucun média mainstream ne répertorie, la majorité des dépenses contraintes augmentent de 4% à 8% quand les revalorisations vont de 0,9% à 1,8%.

L'écart entre le discours officiel et la réalité est plus que significatif et nous en arrivons à la même conclusion chaque année, les consommateurs ne sont pas dupes et ce n'est pas un hasard si l'épargne a autant la côte (au grand dam des libéraux).

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