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Made in France : les batteries VoltR remanufacturées

Face à l’explosion des usages liés aux batteries lithium, une question s’impose de plus en plus : que faire de ces millions de batteries arrivant en fin de vie ? Plutôt que de les recycler, une jeune entreprise française propose une alternative innovante qui permet de prolonger leur durée de vie grâce au réemploi.

Cette initiative porte le nom de VoltR et nous vous présentons cette jeune pousse française qui oeuvre pour faire de la transition énergétique une réalité plus qu'une promesse. Même si tout n'est pas aussi beau qu'on aimerait vous le faire croire, ce que nous ne manquerons pas de souligner, ça n'en reste pas moins un projet qui mérite d'être connu et soutenu !

Déroulé de l'article :

 

VoltR s'impose comme une alternative fiable en un temps record

Fondée en 2022, VoltR fait partie d'une nouvelle génération de startups industrielles engagées dans l’économie circulaire. L’origine de ce projet résulte d'un constat simple : une batterie considérée comme usagée conserve souvent jusqu’à 80% de sa capacité. Autrement dit, elle reste parfaitement utilisable pour de nombreux usages, à condition d’être correctement triée et réemployée.

L’idée fondatrice de VoltR naît d’une observation concrète, l’un des créateurs découvre qu’un stagiaire réutilise des cellules issues de batteries d’ordinateurs portables pour alimenter une trottinette électrique. Ce geste met en lumière un potentiel majeur : pourquoi détruire ces batteries pour en extraire des matières premières (recyclage), alors qu’elles fonctionnent encore (réemploi) ?

C’est sur cette base que VoltR construit son modèle de remanufacture des batteries lithium. Contrairement au recyclage, qui consiste à broyer les batteries pour récupérer des métaux, l’entreprise mise sur la réutilisation des cellules encore fonctionnelles. Une approche qui permet de réduire l’empreinte environnementale, tout en limitant la dépendance aux ressources naturelles.

La startup passe rapidement de l’expérimentation à l’industrialisation et dès 2023 VoltR installe une première ligne de production à Angers. L’enjeu est de taille : transformer un concept prometteur en produits commercialisables. VoltR développe des outils technologiques avancés qui permettent d'analyser les cellules basée sur des algorithmes et l’intelligence artificielle.

Ce savoir-faire permet de diagnostiquer précisément l’état de santé de chaque cellule, puis de les trier selon leurs performances. Les cellules encore viables sont ensuite réassemblés pour créer de nouvelles batteries, adaptées à des usages spécifiques tel que l'outillage ou les vélo. Ce processus, à la fois technique et rigoureux, constitue le cœur de l’innovation de VoltR.

Sur le plan commercial, la jeune pousse accélère rapidement. Elle séduit des acteurs majeurs de la distribution et de l’industrie, comme Leroy Merlin ou Somfy, et réalise une première levée de fonds pour soutenir son développement. L’objectif d'industrialiser la production pour répondre à une demande croissante de solutions énergétiques plus durables, leurs premières batteries sont commercialisées en fin d'année 2025.

les batteries VoltR sont assemblées en France avec des cellules lithium réemployées © VoltRles batteries VoltR sont assemblées en France avec des cellules lithium réemployées © VoltR

les batteries VoltR sont assemblées en France avec des cellules lithium réemployées © VoltR

La gamme de batteries Voltr déjà commercialisées

VoltR commercialise déjà plusieurs types de batteries, l’entreprise propose des batteries pour outillage électroportatif qui sont compatibles avec les grandes marques, ainsi que des batteries pour vélos électriques et équipements électroniques. Elle conçoit également des solutions sur mesure pour des applications industrielles, allant jusqu’au stockage d’énergie stationnaire.

L'entreprise tricolore commercialise déjà trois modèles de batteries 18 Volts, compatibles avec les outils électroportatifs Bosch pour le premier et compatible Makita pour le second, tous les deux sont proposés au tarif de 49,90€. VoltR propose également une batterie compatible avec les outils Ryobi un peu plus onéreuse, vendue 59,90€.

Il s'agit néanmoins de modèles similaires, ça consiste à fabriquer des boîtiers compatibles avec ces marques d'outils et d'y intégrer des cellules Lithium-Ion de seconde main. Autrement dit, on récupère d'anciennes batteries, on tri les cellules pour conserver celles qui fonctionnent et on les ré-assemble.

La bonne nouvelle, c'est que nous avons remarqué que les batteries Voltr sont 20% à 30% moins chères que les batteries de ces marques. L'autre, c'est qu'elles sont assemblées en France et évitent la production de nouvelles cellules (extraction de matières premières, fabrication des cellules). Notez bien que nous utilisons "assemblé" et non pas "fabriqué", nous y reviendrons plus tard.

Il est par contre difficile de savoir si leur durée de vie sera similaire à des batteries dont les cellules sont neuves, il faudrait plus de recul et faire des tests indépendants pour le confirmer. Il semble que certaines cellules soient dans ce cas précis issues de produits non vendus. Néanmoins, même si la batterie dure 30% moins longtemps comme elle est 30% moins chère ça ne coûte pas plus cher et conserve des avantages (batteries sauvées, création d'emplois en France).

Pour ce qui est de la performance, c'est à dire de l'énergie nécessaire pour faire fonctionner l'appareil, il ne semble pas y avoir de risques à signaler de ce point de vue. Les batteries VoltR répondent aux normes en vigueur assurant leur fiabilité : IEC (standards européens) et UN38.3 (certification pour leur transport).

Derrière ces produits, un processus de fabrication en plusieurs étapes garantit la qualité et la sécurité. Les batteries usagées sont d’abord collectées, puis démontées avec soin. Les cellules sont analysées, triées et sélectionnées avant d’être intégrées dans de nouveaux assemblages. Chaque batterie est testée et certifiée afin d'assurer leurs performances.

Ce modèle présente donc plusieurs avantages : sur le plan environnemental, il permet de réduire significativement les déchets et l’extraction de matières premières. Sur le plan économique, il offre une alternative compétitive aux batteries neuves. Enfin et c'est important aussi, il permet de relocaliser une partie des emplois = salaires et cotisations pour financer notre modèle social.

les batteries VoltR pour outils électroportatifs sont déjà commercialisées © Leroy Merlin

les batteries VoltR pour outils électroportatifs sont déjà commercialisées © Leroy Merlin

Une initiative à soutenir, un marketing à repenser

C'est dans tous les cas une bonne idée, même si ça reste des produits en plastique et pas très durables d'origine, qui ne sont pas réellement fabriqués en France. Même si la législation autorise VoltR à baser sa communication sur des batteries Made in France, elles n'en ont pas grand chose finalement.

Les cellules réemployées ont sans doute été initialement fabriquées en Chine, les coques de batterie et l'électronique sont neufs et eux aussi importés d'Asie. Reste donc en France la conception, le tri et l'assemblage. C'est déjà pas mal et l'idée n'est pas d'accabler Voltr bien au contraire, juste de faire preuve d'honnêteté et de transparence.

Car ça met aussi et surtout en lumière les difficultés qu'ont les entreprises françaises à faire produire ce type de pièces sur notre territoire. Il n'existe souvent personne en capacité de le faire et quand c'est faisable, ça revient beaucoup plus cher que de les faire importer. Un constat que nous avons déjà eu l'occasion de faire avec des inventions du Concours Lépine par ailleurs.

Alors certes, on peut regretter que comme souvent la communication commerciale (marketing) en fasse des tonnes avec des termes grandiloquents « fabriqué en France », « éco-conception », etc... Pour laisser penser à un produit bénéfique pour la planète, il est moins impactant que les autres et la meilleure solution à l'heure actuelle – ce qui est à saluer – mais enfin ce n'est pas ça qui va sauver le monde non plus.

On peut par exemple lire sur leur site : « Choisir des batteries fabriquées en France permet de réduire les coûts de transport et de mieux maîtriser son sourcing. » C'est assez trompeur car au final, tout vient de Chine et est transporté jusqu'en France pour que les pièces y soient assemblées. Sourcing : Made in China, nombre de kilomètres parcourus similaire au neuf (mais moins de poids il est vrai, donc moins cher à transporter).

Là encore nous sommes 100% en soutient de ces batteries et saluons le courage de Voltr pour avoir réussi à monter, et surtout à commercialiser des batteries plus durables que le neuf en un temps record. Mais par contre le marketing lourdeau qui promet monts et merveilles, on s'en passerait bien et dessert à notre avis leur beau projet.

Car innover dans le domaine du réemploi et du recyclage n'est pas facile (nous en sommes bien conscient), mais quel dommage de ne pas le faire aussi sur le plan de la communication, plutôt que de tirer de vieilles ficelles éculées qui ne trompent personne. Notre conseil : innovez aussi sur la façon de présenter vos produits, de manière honnête et transparente, vous avez tout à y gagner !

À l’heure où la transition énergétique s’accélère, la question du stockage et de la gestion des batteries devient centrale. En misant sur la seconde vie en amont du recyclage, VoltR propose une solution concrète, à la fois innovante et pragmatique. Une manière de concilier rentabilité et durabilité, c'est bien suffisant et il n'est pas nécessaire d'essayer de s'érriger en sauveurs de la planète.

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