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Le doute plane toujours sur l'avenir des ZFE (zones à faibles émissions), car si les députés ont voté leur suppression en début d'été, la nouvelle réglementation n'a pas encore été définitivement adoptée. Elle doit continuer de suivre le long processus législatif à la rentrée, hors nos élus sont en vacances pour ce qui concerne leur mandat national en tous cas.
De très longues vacances d'été et nous ne saurons ce qu'il adviendra des ZFE que début octobre, au mieux. Il nous semble pourtant impératif de supprimer cette loi, ou à minima de la modifier. Nous vous expliquons pourquoi à travers notre expérience et grâce aux chiffres d'un rapport officiel du ministère de la transition écologique, qui sont sans appel.
Déroulé de l'article :
Débutons par dire que nous ne sommes pas pour la pollution ni des défenseurs acharnés de la bagnole, bien au contraire. Il nous semble d'ailleurs évident qu'il faut trouver des solutions pour réduire la pollution dans les grandes agglomérations.
Mais il est tout aussi certain que ce n'est pas par la mise en place de ZFE qui interdisent à une grande partie de la population de s'approcher des villes, la plus pauvre comme par hasard, que le problème doit et pourra être réglé.
En effet, les Zones à Faibles Emissions ne concernent pas juste les centre-ville, ce sont d'immenses zones qui ceinturent toutes les grandes agglomérations, comprenant les périphériques qui permettent de les contourner, les autoroutes et autres infrastructures routières qui permettent de se déplacer sans passer de village en village.
J'y ai moi même été confronté en passant à proximité de la Métropole de Rouen, ville traversée par la Seine qui y serpente avec de rares ponts pour la traverser. Au volant de mon véhicule Crit'Air 3, je me suis aperçu que je passais dans une zone ZFE au hasard d'un panneau. J'ai continué ma route ne sachant pas bien comment la contourner, au risque de recevoir une contravention de 68€.
Il se trouve que pour contourner cette ZFE j'aurais dû faire un détour d'environ 10 kilomètres, en passant de villages en villages perdant 35 minutes par rapport à la route empruntée. Même chose au retour, soit un allongement du trajet de 20 kilomètres (ce qui n'est pas gênant en soit) mais aussi 1h10 de conduite supplémentaire (ce qui l'est déjà plus).
Si je dois à nouveau repasser dans ce coin, je choisirai d'emprunter la ZFE (comme les riches), pour ne pas déranger les milliers d'habitants des villages que je devrai traverser autrement ne pouvant pas emprunter la nationale à 4 voies, qui a été initialement construite justement pour ça (et avec mes impôts aussi).
Mais encore ça ce n'est rien, imaginez devoir contourner Paris pour vous rendre dans le nord de la France (ou dans le sud si vous descendez), la ZFE du Grand Paris est gigantesque. Le périphérique en fait partie, toutes les autoroutes qui s'y embranchent aussi bien entendu.
Nous avons regardé sur une carte pour mieux comprendre ce que ça implique, simulant un voyage vers Amiens ou Lille comme nous habitons entre Orléans et Tours, pile en dessous de Paris qui est dans ce cas un passage obligatoire.
En passant par la ZFE, la traversée de Paris prend environ 50 minutes pour une distance de 45 kilomètres (selon Google Maps en tous cas). Pour contourner la gigantesque ZFE il faut près de 3 heures et parcourir quelques 82 kilomètres.
Là sur un aller-retour c'est carrément 4 heures de conduite et 80 kilomètres supplémentaires que je devrais ajouter et la pollution qui va avec, hors ZFE certes mais pollution quand même. Nous avons regardé sur le calculateur de l'ADEME, ça représente 17,4 kg de CO² rejetés dans l'atmosphère de plus qu'en passant par la ZFE.
Sans oublier le surcoût en carburant, qui va facilement représenter une dizaine d'euros au bas mot. Alors chez Total Energies ils s'en frottent sans doute les mains, mais pour les autres par contre c'est la double peine !
Autant dans le premier cas l'effort à faire n'est pas surhumain, autant là si prendre le périphérique m'évite un détour de 2 heures à l'aller puis au retour, je ferai le choix de passer en plein dans leur ZFE interdite aux pauvres sans aucun remords !
C'est toute l'hypocrisie de ce dispositif, discriminant au possible car je suis loin d'être le seul concerné et pas le plus à plaindre. En effet, un rapport du ministère de la transition écologique paru en juillet 2025 a comptabilisé combien de foyers étaient concernés.
Les Zones à Faibles Émissions interdisent purement et simplement à près de 30% des français de se servir de leur véhicule : 28,4% des véhicules dans la ZFE du Grand Paris qui couvre des milliers d'hectares à elle seule, c'est 26,8% des véhicules dans la ZFE de la Métropole de Lyon.
À l'échelle nationale, comme dans mon cas car même si nous habitons à la campagne il nous arrive de prendre la voiture pour nous déplacer sur le territoire, c'est un peu plus encore. Dans quelle dictature pourrait on envisager d'interdire à 30% de la population d'utiliser son véhicule sous peine de lourdes amendes ?
C'est juste hallucinant, surtout quand on voit le prix des véhicules classés Crit'Air 1 ou 2. Car bien entendu plus les ménages sont pauvres, plus la proportion de véhicules classés Crit'Air 3 est importante.
Quand les classes aisées détiennent encore environ 18% de véhicules interdits dans les ZFE alors qu'ils ont pourtant les moyens de les remplacer, les classes populaires elles en détiennent en moyenne à 40%. Vous savez, ce sont les premiers de cordée comme nous les appelions lors de la pandémie de COVID, ceux qui se lèvent tôt et que l'on ne voit pas mais sans qui le pays est à l'arrêt.
Les ZFE, c'est imposer par la force que 4 foyers de la classe populaire sur 10 aient l'interdiction de circuler dans d'immenses zones autour des grandes villes, interdit de s'approcher à moins de 30 kilomètres de la capitale et des principales métropoles ou vous aurez la police sur le dos !
Alors certes, il existe des dérogations pour certains cas, mais quand même. Oui aux mesures de justice sociale pour améliorer le quotidien de tous et aider les ménages modestes à s'équiper, oui aux bonnes idées pour réduire la pollution dans les grandes villes.
Non à l'injustice et à une nouvelle forme de ségrégation, même si le terme n'est sans doute pas adapté puisqu'elle n'est pas raciale dans ce cas (mais toute aussi moche). Car entre l'avion qui pollue encore plus et le train qui est plus cher et plus lent, quelle autre solution propose t'on ?
Si les députés ont voté avant la longue, vraiment très longue trêve parlementaire, les sénateurs ne se sont pas encore prononcés et le texte devrait arriver à la chambre haute à partir du 30 septembre. S'en suivra sans doute une commission mixte paritaire puis un vote dans les deux assemblées, avant que la nouvelle loi ne soit potentiellement promulguée et appliquée.
Espérons que cette infâme aberration soit enfin définitivement enterrée et réfléchissons à des solutions qui incluent tout le monde et proposent des solutions alternatives pratiques, plutôt que d'exclure les classes populaires pour régler les problèmes.