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Ça vous est peut-être déjà arrivé. Il est 10h un 1er mai, on a juste besoin d'œufs, de lait et de quelques légumes, et on découvre que le Carrefour du coin est fermé. Le Intermarché aussi, le Lidl également... Ce n'est pas un hasard, et ce n'est pas non plus un choix de leur part : c'est la loi qui rend leur ouverture quasiment impossible ce jour-là.
Le réflexe le plus malin, avant de sortir de chez soi, c'est de vérifier en amont ce qui est réellement accessible. Un site comme magasinsouverts.fr permet de retrouver les magasins ouverts le 1er mai près de chez soi, avec les horaires exceptionnels et une recherche par enseigne, ville ou département. Quand on sait que les commerces ouverts ce jour férié se comptent sur les doigts d'une main, ces quelques secondes de vérification évitent pas mal de trajets pour rien.
Beaucoup de gens l'ignorent, mais rien dans le Code de commerce n'interdit à un magasin d'ouvrir le 1er mai. Le problème vient donc du Code du travail : c'est le seul jour férié de l'année qui est, en principe, obligatoirement chômé pour les salariés, sauf dans certains établissements et services dont l'activité ne peut pas être interrompue. Les autres (8 mai, 14 juillet, 11 novembre...) ne sont pas soumis à cette même contrainte générale.
Concrètement, un employeur qui fait venir du personnel ce jour-là s'expose à une amende correspondant à une contravention de 4e classe, appliquée autant de fois qu'il y a de salariés employés à tort. Dans ces conditions, rares sont les grandes surfaces qui prennent le risque. Sans caissiers, sans manutentionnaires, sans équipe en rayon, difficile de faire tourner un supermarché.
En revanche, un commerçant indépendant qui tient sa boutique seul a parfaitement le droit d'accueillir des clients. C'est la raison pour laquelle on retrouve parfois ouvertes quelques épiceries de quartier, des supérettes indépendantes ou de petits commerces alimentaires tenus par leur gérant. Ce sont eux, les rescapés du 1er mai.
L'erreur classique, c'est de raisonner comme pour un dimanche. On se dit que si tel Franprix ou Monoprix ouvre le dimanche matin, il fera pareil le 1er mai. Sauf que non. Le dimanche, les enseignes ont le droit de faire venir leurs salariés. Le 1er mai, ce levier n'existe pas. Même un magasin qui ouvre 52 dimanches par an peut très bien rester fermé ce jour-là.
Et même au sein d'une enseigne, la situation varie d'un point de vente à l'autre. Un petit franchisé tenu par son propriétaire pourra éventuellement ouvrir quelques heures, là où un magasin plus grand du même réseau restera porte close. Il n'y a donc pas de règle uniforme, et c'est justement ce qui rend la vérification indispensable.
Plutôt que de compter sur une ouverture hypothétique, mieux vaut donc préparer le coup la veille. Faire le tour des essentiels : produits frais, fruits et légumes, de quoi tenir le week-end sans stress. Repérer aussi les marchés locaux, certaines communes les maintiennent même les jours fériés. Et garder en tête les stations-service équipées d'un rayon alimentaire : ce n'est jamais donné, mais ça dépanne.
Le 1er mai, on ne fait pas ses courses normalement. On s'adapte, ou on anticipe. Les deux marchent, mais la deuxième option est nettement moins stressante.