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Tech : Metavers dans l'impasse et pertes colossales

Ce n'est pas sans un certain plaisir que nous reprenons le clavier pour écrire sur le Metavers, 4 ans après notre dernier article sur le sujet pour dénoncer un projet utopique et dangereux. Car cette fois c'est pour acter la fin de cet univers virtuel, qui sous couvert de loisirs et de liberté était en réalité conçu pour enrichir ses créateurs et certaines marques, que nous écrivons.

Ils espéraient générer des centaines de milliards de dollars en nous faisant banquer pour du virtuel, ils en ont perdu autant avant de se rendre compte que ce n'est pas ce que les consommateurs voulaient pour demain. L'entreprise Meta de Mark Zuckerberg est le symbole de cet échec, mais c'est tout l'écosystème qui s'est écroulé, à moins qu'il ne ressurgisse là où on ne s'y attend pas.

 

2021 - 2026 : le Metavers est mort et enterré, tant mieux !

En 2021, un certain Mark Zuckerberg renommait son entreprise Meta et lançait le futur d'internet, le Metavers. Un univers virtuel en 3 dimensions dans lequel les internautes pourraient sans se déplacer se divertir, faire leur shopping, honorer leurs rendez-vous, se balader et flâner en toute liberté, rencontrer des gens.

La promesse était belle : assister à un concert comme si vous y étiez ou visiter un musée sans quitter votre canapé, rencontrer votre conseiller bancaire sans se déplacer en agence, assister à une réunion en utilisant un double virtuel, etc... Vous vous souvenez peut-être d'images de petits bonhommes sans jambes qui devaient nous servir de doubles numériques pour participer à des réunions virtuelles, qui nous avaient bien fait rigoler tant leur graphisme était de mauvaise qualité.

Mais le Metavers des géants du numérique c'était surtout comme nous le dénoncions, la promesse de générer plus de profits en vendant du vent, une machine à aspirer les données personnelles et à vous matraquer de publicités. Un espace créé non pas au service des utilisateurs, mais des marques. Une idée qui a emballé la sphère patronale, mais semble t-il moins les consommateurs.

Car outre Meta, c'est tout l'écosystème qui pensait générer de gros profits en nous vendant du virtuel qui s'est planté dans les grandes largeurs. Dans notre article de 2022, nous évoquions en effet l'enthousiasme des marchés qui estimaient le secteur à 500 milliards de dollars et devait même atteindre 800 milliards dès 2024.

Ils se sont trompés, ce sont finalement plutôt les pertes qu'auront engendrées cette utopie, la promesse de générer des bénéfices pharamineux en vendant du rêve, des doubles numériques sans autre utilité que l'apparat pour se la péter dans un monde parallèle qui n'existe pas.

Nous dénoncions cette tentative de transformer nos sociétés en une sorte de « Ready Player One » sans ses héros et ses aventures, alors nous ne vous cacherons pas que nous sommes soulagés d'apprendre que c'est un flop retentissant.

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Des pertes colossales, mais sans conséquences pour les géants

Bref, début 2026 Meta a mis fin à cette gabegie financière qui aura coûté plus de 80 milliards d'euros à l'entreprise. Il n'existe pas de chiffres, mais des milliers d'entreprises avaient investi dans le metavers et ont perdu leur mise, c'est le risque quand on prend les gens pour des cons.

Combien de start-ups ont fermées, quelles sont les pertes totales ? Nous ne le savons pas, c'est d'ailleurs plus triste pour les petites boites qui s'étaient montées que pour les géants du numérique, ou toutes ces marques de luxe qui espéraient vendre des doubles numériques hors de prix de leurs produits juste grâce à leur nom ronflant.

Mais rassurez vous, tous ces acteurs vont très bien. La fortune de Zuckerberg, estimée à 106 milliards de dollars en 2023, serait aujourd'hui de 230 milliards selon Forbes. Comme quoi, on peut perdre plus de 80 milliards de dollars et dans le même laps de temps, doubler sa fortune personnelle. Enfin dans le milieu des ultra-riches uniquement, ça ne marche pas comme ça pour nous autres, les moldus.

Bernard Arnault et ses marques de luxe se portent au mieux également, il serait selon Challenges redevenu l'homme le plus riche de France avec une fortune de 114 milliards. Comme quoi, il n'y a pas besoin de vendre des copies numériques de sacs à main ou de lunettes de soleil pour s'en mettre plein les poches.

Mais combien de salariés se sont retrouvés sur le carreau, combien d'installations seront laissées à l'abandon, quel aura été le bilan humain et environnemental de cette opération ? Nous ne le saurons jamais, ça n'intéresse ni les décideurs censés poser les limites, ni les médias qui pourraient investiguer pour mesurer l'ampleur du désastre.

Le Metavers s'est transformé en Metaflop, sans doute car il était mal intentionné © pixabay

Le Metavers s'est transformé en Metaflop, sans doute car il était mal intentionné © pixabay

Le Metavers peut il se réinventer au service de l'industrie ?

Si le Metavers en tant que « futur d'internet » tel que rêvé par Zuckerberg, dont l'entreprise renommée Meta restera l'emblème d'un écosystème malsain et de son échec, semble en effet toucher à sa fin, ce n'est peut-être pas pour autant la mort totale de la technologie qui en est la source.

En effet, si les consommateurs n'ont pas souhaité être harcelés de publicités à 360° et H24 dans le metavers marketing des magnas de la tech, les entreprises s'en sont saisies. Certaines, espérant générer des profits en suivant bêtement les chantres de la Silicon Valley pour vendre des copies numériques de leurs produits à des bourgeois avides de reconnaissance en ligne, doivent déchanter.

D'autres par contre l'ont transformé en outil de travail, nous ne sommes pas spécialistes bien entendu de ces technologies. Mais le Groupe Renault par exemple l'utilise semble t-il avec succès pour mieux visionner l'ensemble de sa chaîne logistique.

C'est en tous cas ce que présente le constructeur automobile sur sa page dédiée, cette vue d'ensemble leur permettrait d'anticiper les points de blocage, d'optimiser la logistique et in fine, de faire des économies. Tout ça reste à confirmer et n'est opérationnel que depuis 2 ans, il est donc trop tôt pour savoir si le Metavers industriel peut être viable.

Nous avons croisé plusieurs exemples de ce type lors de nos recherches, mais nous n'allons pas tous les mentionner. Car ce n'est pas de notre ressort et ces économies ne se font de toute façon pas au bénéfice des consommateurs, mais plutôt à celui de leurs riches actionnaires.

Mais ne vous inquiétez pas, tous ces milliardaires n'ont pas pour autant perdu leur folie des grandeurs, entre Space X et Blue Origin ils se sont pour le moment tournés vers l'espace. Est-ce que coloniser Mars ou vendre des voyages habités à leurs copains fortunés qui ne savent plus quoi faire de tout cet argent est un meilleur pari ?

L'avenir nous le dira, ils semblent en tous cas nous avoir exclus de leurs plans et ça nous va très bien !

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