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Le marché des cosmétiques connaît depuis plusieurs années un fort développement de petites marques, souvent portées par des entrepreneurs indépendants : savons solides, baumes naturels, crèmes artisanales ou huiles végétales revendiquant de multiples bienfaits sur les réseaux sociaux.
Une enquête récente de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) montre que la réglementation encadrant ces produits reste largement méconnue par la majorité des nouveaux acteurs du secteur, et relève de nombreuses non conformités. Les résultats de ces contrôles sont inédits, le danger pour les consommateurs bien réel !
Déroulé de l'article :
Nous avons déjà eu l'occasion de relayer les constats de la DGCCRF suite à certaines de leurs investigations, souvent d'ailleurs avec des taux de non conformité hallucinants : 80% dans le domaine du coaching sportif, 66% pour les vendeurs de voitures (neuves et occasions), 60% chez les influenceurs, 50% des plateformes pour faire des devis et trouver des artisans (travaux), etc...
Mais là on passe encore un nouveau palier, car autant habituellement la DGCCRF cible les entreprises qui sont suspectes ce qui peut expliquer des pourcentages assez élevés, autant là ce n'est pas le cas. Hors, les résultats sont encore bien pires avec pour la première fois, certaines entreprises qui ont même refusé de coopérer avec les autorités !
La répression des fraudes a enquêté sur les nouvelles marques de cosmétiques, qui poussent comme des champignons en vous promettant des recettes miracles, vendues à grands coups de marketing et l'aide des influenceurs sur les réseaux sociaux. Hors les résultats de l'enquête sont catastrophiques, du jamais vu.
L'enquête de la DGCCRF a porté sur 147 établissements, principalement de petites entreprises récemment entrées sur le marché des cosmétiques. Les agents ont examiné plus de 200 produits, en s’intéressant en particulier à la présence et à la qualité de leur Dossier d’Information Produit (DIP).
Ce dossier, obligatoire avant toute mise sur le marché, rassemble l’ensemble des informations permettant de garantir la sécurité du cosmétique : composition précise, conditions de fabrication, évaluation des risques pour la santé et éléments permettant de justifier les allégations mises en avant sur l’étiquetage ou la communication commerciale.
Les résultats de l’enquête mettent en évidence des manquements fréquents et parfois graves. Seulement 18% des opérateurs contrôlés disposaient d’un dossier complet ou quasiment complet, tandis qu’une proportion équivalente ne détenait aucun DIP, alors même que leurs produits étaient déjà commercialisés.
Dans la majorité des cas, les dossiers existaient mais étaient incomplets, pas à jour ou établis après la mise en vente. Le document central d’évaluation de la sécurité du produit faisait souvent défaut ou ne respectait pas les exigences réglementaires. La DGCCRF a également relevé de nombreuses allégations insuffisamment justifiées.
Certaines promesses reposaient sur des sources non scientifiques ou des tests réalisés de manière informelle, parfois uniquement sur le fabricant ou son entourage. Des mentions telles que « peaux sensibles » ou « convient à toute la famille » apparaissaient sans preuve solide, voire en contradiction avec les précautions d’usage figurant dans les documents de sécurité.
Dans quelques situations plus préoccupantes, des produits ont été maintenus sur le marché malgré des avis défavorables émis par l’évaluateur chargé d’en analyser la sécurité. Les manquements sont nombreux et le professionnalisme rare, avec des pratiques jamais vues qui vont au delà d'une simple méconnaissance de la loi.
Face à ce constat alarmant, la DGCCRF a engagé différentes actions : 60 établissements ont fait l’objet d’injonctions ou bien de procès-verbaux en raison de manquements jugés sérieux, soit 59% des établissements contrôlés !
Pour les cas moins préoccupants, la DGCCRF a dressé 56 avertissements aux professionnels dont les pratiques semblaient relever davantage d’un défaut de connaissance que d’une volonté de tromper. L’administration souligne que, dans de nombreux cas, ces contrôles ont permis une régularisation rapide des pratiques.
Certaines entreprises ont néanmoins cessé leur activité, faute de pouvoir répondre aux exigences réglementaires. Encore pire, trois entreprises ayant littéralement refusé de coopéré avec la DGCCRF ont vu leurs canaux de vente bloqués pour empêcher la poursuite de la commercialisation de leurs produits.
Un constat sans appel :
👉 Soit un taux de non conformité global de 82% !
Outre le taux de non conformité particulièrement haut, le domaine des cosmétiques est sensible car ce sont des produits que l'on se tartine sur la peau ou les cheveux au quotidien. Les matières premières utilisées sont bien souvent dangereuses pour la santé (perturbateurs endocrinien, cancérogènes, etc...) mais aussi l'environnement et nécessitent de nombreux tests préalables.
L'absence du dossier d'information, obligatoire et pourtant absent ou non conforme dans plus de 70% des cas, reflète bien plus qu'une simple méconnaissance de la loi mais un manque criant de professionnalisme.
Que penser de l'état d'esprit assez inquiétant de ces nouvelles marques qui ne prennent même pas la peine de s'informer sur leurs obligations, surtout intéressées par la possibilité de faire des bénéfices rapidement au mépris des règles de sécurité, basant toute leur stratégie marketing sur les réseaux sociaux et les influenceurs.
🔎 Allégations non justifiées
Un opérateur affirmait qu’un produit était « régénérant », avec une justification basée sur une fiche Wikipédia.
Un autre présentait des produits sur la base de tests réalisés sur lui même et ses proches, sans données scientifiques.
⚠️ Rapport de sécurité (RSPC)
Le document central d’évaluation de la sécurité était absent ou incomplet dans près de la moitié des sociétés contrôlées.
Dans un cas, l’évaluateur indique que les données sont disponibles sur demande, alors qu’elles doivent figurer dans le DIP.
Une entreprise avait commercialisé des produits malgré un avis négatif du rapport de sécurité, sans même l'avoir lu.
📛 Usage inapproprié des allégations
Une entreprise indiquait des instructions qui allaient à l’encontre des recommandations de sécurité, comme « convient à toute la famille », alors que le rapport recommandait un usage réservé à l’adulte.
Une autre société revendiquait « convient aux peaux sensibles » sans aucun test justifiant cette mention.
Pour les consommateurs, l’enjeu principal reste la santé, est il besoin de rappeler que c'est ce que nous avons de plus précieux ? Un produit cosmétique mal évalué peut provoquer des irritations, des réactions allergiques ou des effets indésirables, en particulier chez les personnes ayant la peau sensible, les enfants ou les femmes enceintes.
Au-delà du risque sanitaire, des allégations non fondées peuvent aussi induire le consommateur en erreur sur l’efficacité réelle du produit. Sans appeler à la défiance généralisée, l’administration invite les consommateurs à adopter quelques réflexes simples.
La présence d’une liste d’ingrédients claire, d’un numéro de lot, d’une durée de conservation et les coordonnées d’un responsable établi dans l’Union européenne sont des indicateurs essentiels. Les promesses vagues ou excessives doivent inciter à la prudence, tout comme certaines mentions valorisantes non expliquées.
La DGCCRF indique que les contrôles sur les cosmétiques, et en particulier sur les Dossiers d'Information Produit, sont reconduits et renforcés. L’objectif affiché n’est pas de freiner l’innovation ou l’initiative entrepreneuriale, mais afin de garantir un niveau de protection élevé pour les consommateurs, quel que soit le canal de vente ou la taille de l’entreprise.
Le caractère "artisanal", "naturel" ou bien "fait maison" ne dispense jamais du respect des règles de sécurité. Pour le public, cette enquête rappelle une réalité souvent méconnue : derrière l’apparente simplicité d’un cosmétique se cache des matières premières dangereuses et une réglementation exigeante, pensée avant tout pour protéger la santé.
Quels risques pour les consommateurs ?
des réactions cutanées : irritations, allergies, etc..
des risques accrus pour les enfants, femmes enceintes et personnes à peau sensible.
une information trompeuse, laissant croire à des effets inexistants ou exagérés.
L'UFC Que Choisir a également repris les résultats de cette enquête dans un de ses articles, qui n'auront pas surpris l'association de défense des consommateurs qui documente des cosmétiques qui font le buzz sur les réseaux sociaux mais sont problématiques depuis plusieurs années.
Alors les réseaux sociaux et leurs influenceurs qui font la promotion de tout et n'importe quoi mais aussi trop souvent de ces cosmétiques, ne vont pas remonter dans notre estime vu que leur comportement ne change pas. Mais que penser aussi de celles et ceux qui boivent leurs paroles comme si ils étaient des dieux vivants ?
Le problème, comme toujours avec la DGCCRF, est que par contre aucune marque n'est citée donc il est impossible d'en savoir plus. Que choisir le fait et nous donne quelques pistes, en citant plusieurs marques : Eden, Niu, Pai, Polaar, Pur Eden, UV Bio, Zao et Seventy-One. Néanmoins les résultats de ces tests sur un seul produit ne suffit pas à incriminer toute leur gamme, d'autant que certains dates d'il y a plusieurs années.
Alors toutes nos excuses aux 18% de marques qui tentent de faire les choses bien, mais vu le taux de probabilité de tomber sur des cosmétiques non conformes nous ne pouvons que vous conseiller de toutes les éviter et de ne pas risquer votre santé pour un rouge à lèvres ou une crème solaire soit disant révolutionnaire !