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Quand nous avons commencé cette analyse, nous sommes tombés sur un tableau Excel assez banal : une famille, deux salaires moyens, et plus de 80 € d’abonnements mensuels. Plateformes vidéo, musique, cloud, jeux, outils professionnels, etc… Ligne après ligne, l’abonnement se transforme en budget à part entière.
Alors chacun bricole, certains se désabonnent. D’autres utilisent le compte d’un cousin, voire des solutions franchement douteuses trouvées sur Telegram. Et puis il existe une troisième voie qui a émergé en France : le coabonnement, et notamment Sharesub, une plateforme qui promet un partage d’abonnement légal, encadré et assumé.
La question que nous nous sommes posée est simple : est-ce vraiment légal, et où se situe la frontière avec les offres “trop belles pour être vraies” ?
Dans les interviews qui ont été menées, un motif revient systématiquement :
“Un abonnement, ça va. Dix, bonjour les dégâts.”
Les services numériques se sont empilés sans qu’on s’en rende compte :
une ou deux plateformes de streaming vidéo,
un service de musique,
du cloud pour les photos,
parfois un VPN,
des outils pro type Adobe, Office ou Notion,
sans parler de la presse en ligne.
Résultat : les foyers se retrouvent avec un budget digital qui frôle ou dépasse la centaine d’euros. Et tout le monde n’a pas envie – ni les moyens – de payer plein pot pour des offres pensées, à la base, pour être partagées entre plusieurs personnes. C’est justement dans ce contexte que le coabonnement a émergé comme pratique structurée.
Sharesub est née en France en 2020 avec une idée simple : si un abonnement prévoit plusieurs utilisateurs (formule “Famille”, “Duo”, “Multi-écrans”…), pourquoi ne pas permettre aux gens de se regrouper pour le payer ensemble, d'une manière simple et qui soit sécurisée ? Comme pour de l'achat groupé.
Concrètement, la plateforme joue le rôle d’intermédiaire, comme Blablacar pour le covoiturage :
un organisateur, ou propriétaire, qui a des places libres les propose sur Sharesub,
des co-abonnés viennent occuper ces places et remboursent leur part chaque mois,
la plateforme gère les paiements, les renouvellements et la relation entre les membres.
On reste donc dans un schéma clair : l’abonnement est réel, payé au tarif normal, et vous partagez simplement la facture. Sharesub insiste sur le fait qu’il s’agit d’un service de remboursement et de mise en relation, pas de revente de comptes.
Pour comprendre la légalité du partage d’abonnement, il faut sortir des slogans marketing et plonger dans deux choses :
Les contrats de service (les fameuses CGU),
Le droit d’auteur et la notion de “représentation de l’œuvre”.
Juridiquement, il n’existe pas en France de loi spécifique qui interdirait, en bloc, le partage d’abonnements. Tout se joue donc dans les conditions d’utilisation de chaque service : certains autorisent explicitement les offres famille, d’autres tolèrent un usage dans le même foyer, mais sans toutefois que cette notion soit bien définie, ni que l'on comprenne pourquoi des places payées seraient restreintes ?
Le coabonnement se distingue du simple “partage de mot de passe” :
dans le coabonnement, l’offre prévoit dès le départ plusieurs profils / sièges / utilisateurs ;
dans le partage sauvage, on diffuse les identifiants d’un compte individuel à des tiers, sans sécurité.
Interrogés, la position de Sharesub est assez ferme :
La plateforme ne crée pas d’abonnements et ne les vend pas.
elle s’appuie sur des offres multi-utilisateurs existantes, donc des offres de groupes crées par les producteurs de contenus
et revendique un modèle "simple, légal et sécurisé" pour mutualiser ces coûts sur une base de paiements limités à du remboursement.
En résumé, la légalité du partage ne dépend pas seulement de la plateforme, mais de l’offre d’origine et du respect de ses règles. Sharesub se positionne comme un tiers de confiance pour vous aider à rester du bon côté de cette frontière, en posant aussi des garde-fous aux organisateurs et abonnés.
Pour creuser, nous vous invitons à consulter une interview radio entre Jean-Brice de Cazenove, fondateur de Sharesub, avec le journaliste économique de Radio classique Stéphane Pedrazzi.
C’est typiquement le genre de contenu qu’on attend d’un acteur qui assume son modèle : venir le défendre, publiquement, face à un interlocuteur qui connaît ses dossiers.
En parallèle, nous avons aussi regardé ce qui se passe du côté des offres “pas cher” qu’on croise dans certains comparatifs ou sur des articles qui proposent des liens affiliés. En fouillant, on tombe sur plusieurs plateformes qui ne se contentent pas d’organiser un coabonnement classique.
Certaines revendent elles-même des identifiants de comptes étrangers, créés dans des pays où les tarifs sont plus bas, ou bien utilisent systématiquement des VPN pour acheter les abonnements dans ces zones.
Les problèmes sont multiples :
un abonnement qui ne respecte pas la zone de commercialisation prévue par la plateforme,
des CGU violées, car l'interdiction de revente d'accès n'est pas contestable,
un fournisseur qui peut, du jour au lendemain, fermer le compte sans forme de procès.
Parfois, des sites qui vont jusqu'à demander vos mots de passe personnels d'email ou de compte google (danger !)
"Premier compte spotify 12 mois désactivé au bout de 2 mois. Ensuite il faut faire des requetes, un chat bot qui est inutilisable. (...) Cela fait 1 semaine et toujours rien, alors que c'est sensé être sous 48h max."
On est ici sur un niveau de risque élevé pour l'utilisateur, et on préconisera toujours de consulter qui sont les responsables des sites ? Quelles sont leur prises de paroles publiques ? Quelle expérience ou parcours ont-il eu sur linkedin ? Dans le cas de Gamsgo, aucune information fiable n'est publique. Sans compter que le site ne permet que d'acheter et pas de proposer ses places.
Pour mesurer l’impact, nous avons refait un calcul simple sur la base d’offres classiques multi-utilisateurs :
Une plateforme vidéo premium “4 écrans”
Une offre musique “Famille” jusqu’à 6 personnes
Un VPN multi-appareils
Un cloud / suite bureautique pour plusieurs utilisateurs
Pris séparément, chaque abonnement pèse dans le budget. Mutualisés via du co-abonnement, on peut souvent réussir à diviser la facture par deux, voir trois selon les cas.
Ce que partagent plusieurs témoignages d’utilisateurs :
certains ramènent leur budget d’abos de 70–80 €/mois à 25–30 €,
d’autres utilisent le coabonnement non pas pour payer moins, mais pour avoir plus de services à budget constant.
C’est un point intéressant : le coabonnement ne sert pas seulement à “payer moins cher”, il sert aussi à mieux répartir les dépenses numériques dans le foyer.
Le deuxième volet de l'analyse porte sur la sécurité et l’expérience utilisateur. Quelques points concrets ont été cités par le service client que nous avons interrogés :
Vérification de partage : la plateforme met en avant le caractère légal du partage de certains abonnements et fournit des guides pour savoir avec qui l’on peut partager.
Paiements automatisés : chaque co-abonné est débité mensuellement de sa part, ce qui évite les virements manuels entre inconnus.
Gestion des groupes : on peut rejoindre, quitter, ou remplacer des places au sein d’un même abonnement.
Outils de confiance : notes, vérification de facture, parfois vérification d’identité (pour les organisateurs, qui recoivent des fonds)
Un détail qui frappe dans les retours d’expérience : beaucoup comparent Sharesub à une sorte de "covoiturage d’abonnements". Le propriétaire garde le volant (le compte), les passagers participent aux frais, et la plateforme s'assure que tout se passe bien.
Là où, historiquement, le partage d’abonnement se faisait de manière très informelle entre proches, le coabonnement structuré ajoute trois couches :
un cadre de paiement clair,
des outils de modération,
une traçabilité en cas de problème.
Pour résumer une check-list rapide de bonnes pratiques :
Laisser Sharesub filtrer les abonnements partageables
La plateforme fait déjà une partie du travail en orientant vers des offres conçues pour plusieurs utilisateurs. On évite ainsi, en grande partie, le partage sauvage d’un compte individuel.
Regarder les avis et la structure du groupe
Avant de rejoindre un coabonnement, jeter un œil aux score (médailles), à l’ancienneté du propriétaire d’abonnement, aux commentaires. Ça paraît basique, mais ça filtre.
Respecter le nombre de profils / appareils
Un abonnement 4 écrans n’en supportera pas 8. Si on surcharge, les coabonnés vont se plaindre et l'organisateur pourra voir son compte suspendu.
Accepter une part de risque… mais maîtrisée
Aucun système n’est parfait : un propriétaire peut arrêter son abonnement, une plateforme changer ses CGU. Mais ce risque existe également dans un partage “entre potes”. L’intérêt de Sharesub, c’est que le flux financier et la gestion du groupe sont centralisés, donc plus faciles à suivre.
À la fin de cette enquête, nous voyons Sharesub comme un révélateur de quelque chose de plus large :
les services numériques ont été pensés pour être récurrents,
mais le pouvoir d’achat, lui, ne suit pas forcément,
Le coabonnement légal apparaît comme une réponse pragmatique :
il fait baisser la facture,
il reste dans les clous des offres multi-utilisateurs,
il structure une pratique qui existait déjà de manière informelle
On peut débattre de l’avenir de ce modèle, des réactions possibles des grandes plateformes, des ajustements réglementaires qui restent à venir. Mais une chose est sûre : pour l’instant, il offre une alternative claire.
Entre les deux, Sharesub assume une position : celle d’un partage d’abonnement légal, made in France, qui cherche à concilier contraintes économiques des utilisateurs et respect des règles.
À chacun, ensuite, de décider comment il veut consommer le numérique. Notre boulot, ici, c’était de vérifier qu’il y avait bien autre chose que des promesses marketing derrière ce mot un peu technique : coabonnement.