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Conso : les règles de l'étiquetage des produits alimentaires

Vous le savez si vous nous lisez régulièrement le fondateur de ce blog est un ancien chef de cuisine et logiquement donc tout ce qui touche à l'alimentation est un des sujets que l'on aime traiter, nous avons déjà écrit plusieurs articles sur les différents aspects des étiquettes du secteur alimentaire sauf un qui restait à explorer : celui des mentions obligatoires.

En effet nous avons déjà évoqué les labels de qualité, comment lire une étiquette ou encore les nouveaux affichages nutritionnels mais qu'en est il de ce qui est obligatoire ou pas selon les lois françaises ? C'est ce que nous allons voir dans cet article pour compléter ce sujet qui nous tient à coeur.

 

TOUT SAVOIR SUR LES RÈGLES D'AFFICHAGE DANS L'ALIMENTATION

La première chose à écrire c'est qu'il y a deux catégories pour les denrées alimentaires, les pré-emballés et les non emballés qui n'ont pas les mêmes obligations à respecter puisque pour la première catégorie ce sont 11 points qui sont à respecter contre 4 pour les autres.

Cette seconde catégorie comprend tous les aliments qui sont emballés par le client lui même en rayon (fruits et légumes, self-service, etc...) et ce qui est emballé à la demande par des employés du magasin (boucherie et charcuterie, poissons, fromages, etc...).

Tout le reste compose donc la première catégorie et comprend tout ce qui est déjà emballé quel que soit sa nature du moment que c'est un produit alimentaire, mais commençons par les aliments non emballés qui sont moins contraints à des obligations.

Pour ceux ci une affichette placée à proximité du produit suffit et doit mentionner 3 ou 4 informations :

  • la dénomination de vente (nom du produit)

  • le présence d'éventuels allergènes (si nécessaire)

  • l'état physique du produit (''décongelé'' par exemple)

  • Pour les viandes bovines les lieux de naissance, d'élevage et d'abattage

Petite précision pour la dernière obligation la triple mention peut-être remplacée par une seule sous la dénomination « origine » si les trois lieux sont situés dans le même pays, on retrouvera donc un affichage simplifié précisant « origine France » par exemple.

Assez simple donc mais ça se complexifie pour tous les aliments bruts ou transformés vendus pré-emballés puisque pour ceux là ce ne sont pas 4 mais 11 obligations qui sont en vigueur, nous allons d'abord les lister puis expliquer ceux qui peuvent porter à confusion.

 

Les mentions obligatoires des aliments pré-emballés :

  • la dénomination de vente

  • l'origine du produit

  • la liste des ingrédients et des éventuels allergènes

  • la quantité de certains ingrédients

  • la quantité nette du produit

  • la DLC ou DLUO

  • le titre alcoométrique volumique acquis

  • l'identification de l’opérateur sous le nom duquel la denrée est commercialisée

  • le numéro du lot de fabrication

  • le mode d'emploi (si nécessaire)

  • la déclaration nutritionnelle

Voila pour la liste dans laquelle on retrouve donc les mêmes que pour les produits présentés sans emballage mais avec plusieurs autres obligations, dont certaines ne concernent d'ailleurs qu'une partie des produits comme la viande ou les boissons alcoolisées qui ont des règles spécifiques, nous allons donc détailler toutes ces obligations en seconde partie de cet article.

conseils-alimentation


QUELLES SONT LES SUBTILITÉS DE CES OBLIGATIONS ?

La dénomination de vente est donc le nom du produit afin notamment d'éviter de fausses appellations si les produits ne correspondent pas aux cahiers des charges de recettes protégés, vous trouverez plus d'informations sur les labels et appellations protégées ici.

Pour l'origine du produit c'est plus complexe car il y a deux branches à cet arbre, celle de la viande comme expliqué ci-dessus avec les trois lieux principaux pour la traçabilité des viandes bovines mais aussi deux lieux pour les viandes caprines, ovines et porcines qui doivent mentionner le lieu d'élevage et le lieu d'abattage.

Pour les autres produits la règle n'est pas obligatoire sauf si l'étiquetage peut être trompeur, l'exemple pris habituellement est celui d'un sachet d'herbes de Provence avec un drapeau bleu-blanc-rouge dessus alors que son contenu ne provient pas de France , dans ce cas il est obligatoire de mentionner sur le paquet leur origine.

Bon il nous semble que ce serait plus efficace d'interdire le drapeau tricolore sur des produits qui ne proviennent pas de France mais apparemment là encore les lobbys ont oeuvré et gagné, du coup une simple mention en petits caractères placée dans un endroit pas trop visible du paquet suffit.

La liste des ingrédients elle doit répondre à deux règles précises : ils doivent être cités dans l'ordre de leur quantité décroissante en poids y compris les additifs et mettre en évidence les éventuels allergènes, donc le premier produit de la liste est celui qui est en quantité la plus importante et ainsi de suite alors que les allergènes eux sont en gras.

À ces deux obligations s'en ajoutent une troisième, à part mais que l'on retrouve dans cette même liste de produits, c'est la quantité des ingrédients mis en avant dans le nom du produit ou sur l'emballage.

Là aussi donc c'est un compromis fait entre information donnée au consommateur et lobbys qui travaillent au corps les politiques pour que les lois ne soient pas trop contraignantes puisque à part certains cas spécifiques il n'y a pas de minimum obligatoire.

Qui n'a jamais acheté un produit indiqué avec un ingrédient qui lui faisait envie (truffes, figues, etc...) pour se rendre compte après qu'en fait il y a dans le produit moins de 1% de l'ingrédient "principal" mis en avant sur l'emballage ?

Continuons avec une obligation claire cette fois qui est la quantité nette s'exprimant soit en volume pour les liquides (litres) soit en masse pour les solides (kilos), pour les produits conditionnés dans un liquide (fruits au sirop, mozzarella, etc...) l'étiquette doit également indiquer le poids net égoutté.

Ensuite un des points cruciaux avec la date limite d'utilisation qui peut elle aussi prendre deux formes : la DLC (Date Limite de Consommation) pour les produits qu'il ne faut pas consommer après la date indiquée et la DMM (Date de Durabilité Minimale) anciennement DLUO pour date d'utilisation optimale.

La DLC est appliquée principalement aux produits frais qui sont soumis à un changement rapide de leur état (moisissures, pourrissement, etc...) et la DMM est elle appliquée aux produits que l'on peut consommer après la date indiquée sans risque pour la santé même si ses qualités gustatives ne sont plus garanties (pâtes, riz, céréales, etc...) sur lesquels il est généralement indiqué « à consommer de préférence avant le ».

Ensuite sous un nom très long et compliqué se cache le taux d'alcool contenu dans le produit fini pour les bouteilles de boissons alcoolisées bien entendu mais aussi les plats, sauces ou desserts pouvant contenir un alcool pour lesquelles le taux contenu doit être également indiqué.

Idem pour l'identification de l’opérateur avec une dénomination à n'en plus finir puisque certains n'emballent pas eux même leur production et confient cette tâche à un tiers, dans ce cas le prestataire doit être identifiable par un code EMBxxx (exemple : EMB A07555).

Autre obligation avec le numéro de lot qui est obligatoire sur tous les produits alimentaires dans un soucis de traçabilité afin de pouvoir définir en cas de problème où, quand et par qui le produit a été fabriqué mais aussi si besoin pouvoir retirer de la vente l'ensemble du lot concerné.

Nous arrivons à la fin de la liste mais il nous reste deux mentions à voir, le mode d'emploi qui comme son nom l'indique vous informe sur les spécifications de conservation du produit (par exemple si il doit être conservé au sec ou à une température précise) et d'utilisation (par exemple les préparations pour dessert ou la purée en flocons).

Dernier affichage obligatoire et plus complexe avec la déclaration nutritionnelle, c'est le petit tableau qui indique les informations nutritionnelles avec l'apport calorique et le grammage des différentes catégories d'ingrédients pour 100 grammes de produit.

C'est assez complexe mais nous avons trouvé un petit tableau qui explique bien les différentes lignes de ce tableau et les obligations, à voir ci-dessous avec les liens vers des articles informatifs.

etiquettes-alimentaires
crédit image : www.economie.gouv.fr

Les liens utiles :

 

NOTRE AVIS ET CONCLUSION :

Avant de dénoncer ce qui nous chiffonne commençons par saluer une réglementation française très complète et une des plus contraignantes du monde ce qui est à mettre au crédit de notre système de protection alimentaire.

Mais on voit ici comme dans beaucoup de domaines que les obligations les plus récentes sont aussi les moins contraignantes puisque les lobbys ont acquis un tel pouvoir qu'ils peuvent désormais tordre nos politiques et leur faire amender les textes de lois quasiment comme ils veulent.

C'est le cas comme nous l'avons expliqué dans le détail ci-dessus pour l'origine des produits puisque l'on voit que la loi n'interdit pas des mentions trompeuses comme un drapeau français sur l'emballage alors que le produit n'est pas d'origine française et pour lesquels il suffit d'indiquer au dos en petits caractères sa vraie origine pour être dans la légalité.

Il en est de même pour les dénominations des produits et les éléments visuels qu'utilisent les grandes marques pour vendre alors que l'ingrédient indiqué en gros sur l'emballage n'est en fait présent qu'en quantité infime dans le produit vendu.

Par exemple on peut vous vendre des « gâteaux à la figue » avec de belles photos de figues sur l'emballage alors qu'il n'y a que 1% de figue dans les gâteaux, du moment que l'on indique dans la liste des ingrédients qu'il y en a 1% on est dans les clous.

Ces deux obligations qui sont parmi les plus récentes sont donc beaucoup moins contraignantes que les anciennes qui elles étaient fermes et sans concessions, preuve si besoin en est que nos politiques ont changés au fil des décennies ou tout au moins que leur courage en a pris un sacré coup.

Ce sont dans l'ensemble des avancées mais qui sont trop souvent issues de scandales alimentaires et désormais quasiment toujours allégées à la demande des lobbys qui font en sorte que les nouvelles obligations soient le moins contraignantes possibles.

Résultat on voit dans nos rayons des drapeaux français qui pullulent pour vendre alors que moins de la moitié de ces produits sont vraiment issus de nos territoires ou encore des mentions Made in France alors que la majorité des ingrédients est importée du monde entier et que seule la transformation est faite chez nous.

Sans parler donc des affichages trompeurs de produits dont on met en avant la truffe, les morilles ou la vanille alors que l'ingrédient sur lequel la marque communique est en fait en présence anecdotique dans le produit dont le goût vient souvent d'arômes ajoutés.

Il reste donc et encore plus qu'avant important de prendre le temps de bien lire les étiquettes car si les obligations se renforcent elles laissent de plus en plus de place à la tromperie de la communication publicitaire ce qui au final n'est pas mieux et même pire pour nous autres consommateurs.

etiquettes-alimentation
crédit image : www.foodwatch.org

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