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Nous venons de consulter un appel d'offre qui cherche à identifier une nouvelle technologie capable de repérer les cartouches de gaz et batteries lithium à leur arrivée en centre de tri. Le but étant d'écarter ces produits dangereux avant qu'ils ne soient incinérés et n'explosent, engendrant un danger pour les ouvriers mais aussi des dégâts qu'il faut réparer.
Il est vrai que le problème est en pleine expansion et le sujet prend de l'ampleur, mais est-ce le plus urgent à faire ? Nous proposons à nos ministères de commencer déjà par une campagne d'information, qui serait bien plus efficace vu l'urgence de la situation.
Nous sommes tombés un peu par hasard, en lisant une newsletter, sur un appel d'offre du réseau RECORD (recherche coopérative en environnement et économie circulaire) qui tente de trouver des solutions pour un meilleur recyclage des cartouches de gaz et batteries lithium.
En effet, si vous lisez les actualités vous avez dû tomber ces dernières semaines sur au moins un article relayant une explosion dans un centre de tri ou de traitement des déchets, qui se multiplient à cause de cartouches de gaz ou batteries jetées à la poubelle.
Sinon, en voici un exemple (article de France Bleu) qui évoque une centaine d'explosions de bonbonnes de protoxyde d'azote chaque mois, dans un seul centre d'incinération à Rouen. Hors il y a des dizaines de centres de tri et d'incinération en France, d'autres types de cartouches de gaz sans parler des batteries, pour vous donner une meilleure idée de l'ampleur du phénomène.
L'appel d'offre de RECORD cherche une entité capable d'identifier les solutions existantes ou en cours de développement qui permettraient aux centres de tri d'identifier ces produits pour les écarter avant qu'ils ne soient incinérés.
Précisons que le réseau RECORD est issu d'un partenariat public-privé regroupant deux ministères (ceux de l'économie et de la transition énergétique), l'ADEME ainsi que plusieurs grandes entreprises du CAC40 : EDF, Engie, Veolia, Total Energies, etc...
L'appel à projet est nommé « comment sortir les batteries et les cartouches de gaz des flux de déchets » , mais ont ils prévu de jouer sur d'autres cordes pour éviter ces explosions ? Dangereuses elles ont aussi un coût non négligeable pour nous, les contribuables, puisqu'elles engendrent des dégâts qu'il faut faire réparer.
Il nous semble donc que le plus important et urgent serait d'éviter que les particuliers jettent ces produits dangereux dans leurs poubelles (vertes ou jaunes). Donc de mieux informer sur leur collecte pour éviter autant que possible qu'ils ne se retrouvent dans nos poubelles, en attendant de trouver des solutions de tri à l'aide d'une technologie non identifiée.
Il est plus simple d'informer le grand public que de chercher une technologie de pointe, par une campagne publicitaire par exemple comme nos ministères en font régulièrement pour tout et n'importe quoi, afin de renseigner ceux qui ne savent pas quoi en faire où ils doivent les rapporter.
Ça ne réglera pas le problème dans son ensemble certes, mais permettrait déjà sans doute de réduire le nombre d'explosions. Car le temps que RECORD reçoive son rapport, identifie et mette en place une technologie capable de les écarter dans tous les centre de tri (si elle existe), il va se passer de nombreuses années.
D'autant que ces produits dangereux ont déjà leurs réseaux de récupération et il n'est donc pas nécessaire de faire produire des rapports très onéreux à des cabinets de conseils pour les identifier. Ni d'attendre une éventuelle solution magique pour agir dès maintenant, afin de réduire le nombre de ces explosions.
Nous vous avions d'ailleurs présenté il y a quelques mois le site « que faire de mes objets » de l'ADEME (qui fait partie de RECORD) qui vous renseigne sur ces aspects. Il y a même une page sur leur site qui est dédiée au recyclage des cartouches de gaz, qu'il faut tout simplement rapporter au point de distribution.
Autrement dit, quand les cartouches de gaz sont vides il suffit de les rapporter là où vous les avez achetées, pas très compliqué ! Néanmoins, le législateur a interdit la vente des cartouches de protoxyde d'azote aux particuliers (qui sont la première source d'explosions), ils ne peuvent donc pas demander à ceux qui en utilisent de les rapporter en point de vente.
Est-ce que ça va empêcher les jeunes qui les utilisent à mauvais escient de le faire ? Sans doute en partie, puisqu'il sera plus difficile de s'en procurer (mais pas impossible). Mais toutes celles et ceux qui ont investi dans un siphon pour la cuisine et la pâtisserie eux se retrouvent avec des appareils inutilisables.
Pour tout ce qui est piles et batteries usagées, il y a un site dédié « je recycle mes piles » qui appartient à Ecosystem (qui fait aussi partie du réseau RECORD) et explique comment s'en débarrasser avec même une carte interactive qui recense tous les points de collecte à proximité.
Au final donc, dépenser de l'argent pour faire réaliser un rapport dans le but d'identifier des solutions à une société privée est sans doute utile, mais ne peut pas être une solution à court terme. Informer et éduquer devrait être le premier réflexe et d'autant plus quand il y a urgence, espérons donc que cet aspect est ou sera rapidement aussi pris en compte par nos dirigeants !
Le réseau RECORD fort de deux ministères, de l'ADEME et plusieurs multinationales qui s'en mettent plein les fouilles sur le dos des consommateurs (et dépensent une fortune en marketing), doivent bien être en mesure de financer et lancer une campagne d'information de grande ampleur dans les semaines à venir.
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