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Upcycling : l'artiste qui transforme des tongs en œuvres d'art

De temps en temps nous aimons bien vous présenter des artistes étonnants, d'autant plus quand ils arrivent à transformer peu de choses en œuvres magistrales. C'est le cas des artistes qui travaillent le papier, mais aussi dans le domaine de l'upcycling.

Justement nous allons vous présenter le travail particulièrement original de Konboye Ebipade Eugene, qui transforme des tongs usagées en fresques épiques tout simplement en utilisant la technique de la mosaïque. Vous allez voir qu'avec quelques tongs, un peu d'imagination et beaucoup de talent, le résultat est bluffant.

 

Konboye Ebipade Eugene : des mosaïques artistiques, faites avec des tongs

Il y a quelques semaines nous avons vu un reportage très intéressant sur les déchets de la mode qui terminent leur vie en Afrique, au Ghana avec la colline de la honte mais on en retrouve un peu partout et même jusqu'au Chili en Amérique du sud.

Le hasard faisant quelque part bien les choses, en écrivant récemment un article sur l'upcycling dans le but d'inciter nos lecteurs et lectrices à s'intéresser à ces techniques qui permettent de transformer des matériaux destinés à la destruction en objets utiles ou décoratifs, nous sommes tombés sur le travail de Konboye Ebipade Eugene.

Cet artiste nigérian fait le lien entre ces deux constats : nous utilisons bien trop de vêtements et ils ne sont pas assez recyclés, se retrouvant à polluer l'environnement en Afrique loin de nos yeux, et nous ne réutilisons pas assez les produits et emballages dans notre vie de tous les jours alors que c'est à la portée de tous.

Pour nous une tong qui commence à être usée part à la poubelle, et elles vont parfois se retrouver en Afrique comme le reste de nos vêtements. Heureusement certaines d'entre elles terminent leur vie dans les mains de Konboye Ebipade Eugene, et sont transformées en œuvres d'art.

L'artiste arpente donc un autre spot de déchets de la mode à ciel ouvert au Nigéria pour y récupérer des tongs, il les rapporte à son atelier puis les découpe en morceaux. Ces derniers sont utilisés pour créer des portraits en utilisant la technique de la mosaïque, le résultat est littéralement bluffant et à découvrir ci-dessous.

crédit images : Konboye Ebipade Eugene (cliquer pour agrangir)
crédit images : Konboye Ebipade Eugene (cliquer pour agrangir)crédit images : Konboye Ebipade Eugene (cliquer pour agrangir)
crédit images : Konboye Ebipade Eugene (cliquer pour agrangir)crédit images : Konboye Ebipade Eugene (cliquer pour agrangir)crédit images : Konboye Ebipade Eugene (cliquer pour agrangir)
crédit images : Konboye Ebipade Eugene (cliquer pour agrangir)crédit images : Konboye Ebipade Eugene (cliquer pour agrangir)

crédit images : Konboye Ebipade Eugene (cliquer pour agrangir)

Le talent n'a pas de prix, mais celui de notre « mode » de consommation est élevé

Il existe d'autres belles initiatives de ce type bien entendu, comme par exemple les défilés de mode de l'ONG environnementale GreenFingers à base de vêtements de seconde main upcyclés à Laos toujours au Nigéria, mais nous pourrions aussi aller regarder ailleurs en Afrique encore une fois.

Mais tout cela ne doit pas nous amuser et nous faire fermer les yeux, car ce sont clairement nos sociétés occidentales et modes de consommation qui dévastent l'environnement en Afrique et un peu partout ailleurs dans le monde. De l'extraction des matières premières aux décharges à ciel ouvert, nous sommes les premiers responsables de ces situations dramatiques.

Pour en revenir à notre artiste nigérian expliquons pourquoi il a choisi de travailler avec des tongs plutôt qu'avec une autre matière première, puisque ce n'est malheureusement pas le choix de déchets qui manque. Tout simplement car c'est un des déchets les plus polluants qui se retrouvent à l'air libre, au milieu des déchets vestimentaires.

En effet, les tongs sont en grande majorité fabriquées en caoutchouc, une matière qui peut-être naturelle ou synthétique mais qui n'est pas recyclable et met une centaine d'années pour se dégrader naturellement. D'autant plus traité en tongs, c'est à dire plus ou moins le même procédé que pour les pneus de voitures, pour résumer vous n'aimeriez pas en avoir qui traînent dans votre jardin.

D'un point de vu plus artistique, les tongs ont également l'avantage d'apporter aux sublimes œuvres créées par Konboye Ebipade Eugene toute une palette de textures et de reliefs sur lesquels peut jouer l'artiste. Bref, nous vous laissons regarder son travail, chacun(e) est libre d'aimer ou non puisque l'art est subjectif.

crédit vidéo : TRT (média francophone d'origine turque)

Comme on ne peut pas compter sur les entreprises qui ne pensent que rentabilité et profits, ni tellement sur nos politiques qui sont plus à l'écoute des lobbys que des citoyens, ce sont les consommateurs qui peuvent faire changer les choses.

Si nous arrêtons d'acheter de la fast fashion et que l'on privilégie les marques éthiques et la seconde main, les marques de la mode jetable disparaîtront et il y aura moins de déchets polluants dans la nature.

Si nous faisons réparer nos appareils électroniques et si l'on privilégie la high-tech reconditionnée, nous réduirons sensiblement les dévastations pour extraire des matières premières aux quatre coins du monde, etc...

Autrement dit, si nous arrêtions de croire au marketing des marques et entreprises qui essaient par tous les moyens possibles de vous pousser à acheter plus que de raison tout en faisant croire qu'elles sont écoresponsables alors qu'elles ne pensent en vérité qu'aux dividendes qu'elles vont pouvoir verser à leurs actionnaires, notre société se porterait beaucoup mieux.

Si les consommateurs changent massivement de comportement, les marques n'auront pas d'autres alternatives que de suivre le mouvement. Celles qui ne le feraient pas seraient amenées à disparaître et ce serait tant mieux, alors on change ?

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