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Comme chaque début d'année nous faisons le point sur les chiffres du e-commerce de l'année précédente, cette série comprend trois articles dédiés avec deux classements et un débriefing des chiffres et statistiques.

Cet article est donc le décryptage pour les consommateurs du bilan 2019 de la vente en ligne : comment se porte elle, quels sont les secteurs qui progressent, etc... Nous allons vous donner les réponses à toutes ces questions.

Vous trouverez le palmarès des Favor’i e-commerce de la FEVAD 2020 ici et le troisième article de la série qui est le classement des sites de vente en ligne les plus visités arrivera dans quelques semaines puisqu'il n'a pas encore été publié, mais ça ne devrait plus tarder.

Comment se porte le e-commerce ?

La première question est de savoir comment se porte le e-commerce dans sa globalité avant de détailler un peu les différents secteurs de ce dernier avec les "indices", comme l'an dernier le nombre de e-commerçants recensés est en hausse.

En 2019 l'offre continue de progresser avec plus de 190.000 sites de e-commerce en France, soit une belle augmentation de 15%. Mais ce chiffre est à relativiser puisque plus de 50% de ces boutiques en ligne réalisent moins de 100 transaction mensuelles, ce qui fait une moyenne de 3 à 4 ventes par jour.

Si beaucoup ont du mal à percer cela n'a pas empêché le e-commerce de passer en 2019 la barre des 100 milliards d'euros de chiffre d'affaire soit 11.6% d'augmentation, 103.4 milliards exactement comprenant à la fois la vente de produits (55%) et la vente de services (45%).

La seule statistique qui est à la baisse est celle du panier moyen qui lui passe en dessous de 60€, son plus bas niveau depuis que sont mesurés ces indicateurs par la fevad. Mais si le panier moyen est au plus bas le nombre de transactions est lui en nette hausse avec +15.7% sur un an et atteint les 1.7 milliards de ventes réalisées.

Voilà pour les chiffres principaux de l'année 2019, si l'on regarde plus loin sur les 10 dernières années les ventes en ligne ont connu une expansion sans pareil puisqu'elles ont été multipliées par 10. Mais elles ne représentent encore qu'environ 10% des ventes totales puisque les magasins "terrestres" génèrent encore 90% de ces dernières.

Enfin les projections de la fevad indiquent que l'expansion du commerce en ligne va continuer en 2020 et ils anticipent des chiffres toujours à la hausse qui devraient passer une autre barre, celle des 2 milliards de transactions pour un chiffre d'affaire global attendu d'environ 115 milliards d'euros.

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crédit image : pixabay - Mediamodifier

 

Le détail pour les différents indices :

Maintenant rentrons un peu plus dans le détail puisqu'il y a plusieurs indices qui compartimentent les enseignes et les habitudes d'achats, le principal est l'indice iCE 100 qui permet de mesurer la croissance des sites leaders de la vente en ligne.

Enfin le panel iCE 100 regroupe désormais 135 sites (contre 100 avant donc) avec toujours les 100 plus gros sites de vente en ligne de produits grand public en B2C (de professionnel à consommateur), mais aussi les 15 plus gros sites de e-tourisme et les 10 plus gros sites de vente en B2B (de professionnel à professionnel).

L'explication étant faite l'indice iCE 100 affiche un taux de croissance de 5.5% pour l'année 2019 par rapport à 2018, chose étonnante elle a ralentie sur le dernier trimestre à seulement 3.2% malgré un contexte favorable entre le Black Friday et les manifestations de gilets jaunes ayant perturbé certaines enseignes de centre-villes.

Ensuite l'indice iPM concerne lui les places de marché du panel iCE 100 (market-place en anglais) et donc principalement les sites vitrines comme par exemple eBay ou Rakuten mais pas que puisque de nos jours la quasi totalité des grands sites de e-commerce ont une place de marché.

Il comprend également certains autres e-commerces spécialisés dans le bricolage et autres catégories de produits ou services qui se sont positionnés sur un secteur plus réduit, sans parler des sites de ventes privées qui sont également des places de marchés.

Pour rappel la place de marché c'est l'ouverture d'un site à des vendeurs tiers, professionnels et/ou particuliers qui peuvent ouvrir leur propre boutique sur le site de vente en ligne et y proposer leurs produits, tout le monde doit connaître le principe désormais.

L'indice iPM est lui aussi en forte progression sur l'année 2019 avec +14% et il représente 33% du nombre de transactions de l'indice iCE 100 soit une augmentation de 3% par rapport à 2018. Près d'un tiers des ventes réalisées par les gros sites de vente en ligne sont donc faites par des vendeurs tiers, ce qui représente environ 560 millions de transactions.

Enfin l'indice iCM est propre aux transactions sur mobiles (smartphones et tablettes) et regroupe les ventes des sites mobiles et des applications smartphone, il continue sa forte progression avec un taux de croissance de 18% et atteint 39% du chiffre d'affaire du Panel iCE 100.

Une tendance qui se confirme donc et indique que les terminaux mobiles sont de plus en plus utilisés pour faire des achats en ligne au détriment des ordinateurs, les projections montrent que la majorité des ventes en e-commerce seront faites depuis les smartphones (et tablettes) d'ici 2022 ou 2023.

source : bilan 2019 du e-commerce en France (fevad)

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crédit image : pixabay - justynafaliszek

 

Décryptage et conclusion :

Pour finir essayons d'aller plus loin et de tirer les conclusions qui découlent de ces chiffres et statistiques globales et annuelles, sans surprise le e-commerce dans son ensemble continue de progresser avec un taux de croissance supérieur à 10% comme les années précédentes.

Ce qui s'explique en partie par une offre toujours plus importante avec plus de 190.000 sites de vente en ligne proposant toujours une plus large gamme de produits et de services, l'autre indication que l'on peut en tirer est qu'il y a plus de nouvelles boutiques en ligne créés que de e-commerces qui stoppent leur activité puisque leur nombre a progressé de 15%.

Mais le commerce de détail traditionnel a encore de beaux jours devant lui puisque la vente en ligne ne représente que 10% du total des achats faits par les français, 90% revenant toujours aux commerces physiques. D'autant plus qu'une grande partie de ces 10% du e-commerce est réalisé par des enseignes terrestres via leurs sites internet.

Il faut donc relativiser les propos souvent alarmistes de ceux qui crient au loup et accusent le e-commerce de tuer le commerce traditionnel, Amazon d'être un serial killer de commerces de centre-villes parce que ce sont les leaders du secteur, etc... (même si tout n'est pas rose).

Ce qui nous alarme un peu plus c'est la progression de la part revenant aux vendeurs tiers des places de marché qui gagnent du terrain car on y trouve de tout, des artisans et des start-ups françaises innovantes de grand intérêt certes, mais aussi tout un tas de vendeurs asiatiques de produits très bas de gamme voir parfois de contrefaçons.

En effet ce chiffre coïncide avec l'explosion d'un nouveau type de commerce qui se nomme le "dropshipping", il consiste à vendre des produits que le vendeur n'a pas en stock. Le client passe commande sur le site vitrine du dropshipper qui transmet cette dernière à un grossiste qui envoie le produit au consommateur directement.

Sans parler d'une pratique trop répandue que nous dénonçons depuis plusieurs années qui consiste à augmenter artificiellement le prix de base du produit pour faire croire à une réduction énorme de 40 voir 60% alors que le produit est en fait vendu à son tarif normal.

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crédit image : publicdomainpictures - mohamed mahmoud hassan

Pratique courante sur la grande majorité des places de marché et dont se servent allègrement les vendeurs peu scrupuleux pour augmenter leurs ventes et leur chiffre d'affaire au détriment des consommateurs qui pensent bénéficier d'une belle promotion alors qu'ils reçoivent au mieux un produit de qualité correspondante au prix payé.

Dernière tendance qui se confirme d'année en année avec la progression fulgurante des ventes sur les mobiles, il ne fait plus aucun doutes que les smartphones deviendront prochainement les premiers terminaux de vente en ligne devant les ordinateurs.

Une tendance à rapprocher avec la baisse du panier moyen puisque les petits achats que l'on appelle achats "coup de coeur" (nommé "achat impulsif" dans le milieu professionnel) se font de plus en plus depuis un smartphone alors que les gros achats nécessitant de comparer l'offre et les prix restent plus simples à effectuer sur un ordinateur.

Personnellement nous n'achetons pas ou très peu sur les terminaux mobiles mais comme nous travaillons devant un ordinateur toute la journée ce n'est pas vraiment étonnant, néanmoins comme nous aimons comparer et vérifier avant d'acheter notre préférence ira toujours à l'ordinateur.

On peut d'ailleurs également rapprocher les déceptions de plus en plus courantes à l'augmentation des achats sur mobile car quand on fait des achats coups de coeur sans se renseigner depuis un smartphone il y a plus de chances d'être déçu au déballage que quand on réfléchi un achat et que l'on prend 5 minutes pour comparer l'offre sur un ordinateur.

Mais la révolution des smartphones est en route et rien ne semble pouvoir l'arrêter, pas même les ordinateurs portables pourtant eux aussi de plus en plus mobiles. Il faudra d'ailleurs certainement prochainement pouvoir dans les statistiques prendre cet élément en compte pour définir ce que sont les notebooks et autres ultrabooks.

Comme rien n'empêchera Amazon, Cdiscount et les autres géants de la vente en ligne de continuer à progresser malgré des tentatives (souvent hors sol) de nos politiques pour leur mettre des bâtons dans les roues, car au final ce ne sont pas eux qui décident mais les consommateurs.

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crédit image : pixabay - QuinceMedia

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Tag(s) : #Consommation, #ecommerce

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